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Désirs d'Avenir 76

PRIMAIRE. La leçon de civisme du PS

17 Septembre 2011 , Rédigé par Yvon GRAIC Publié dans #Actualité

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Le Parti socialiste a réussi hier soir un formidable exercice démocratique. Quiconque se préoccupe de la qualité du débat public ne peut que rendre hommage à la mission civique assumée hier par la gauche française.

Le débat qui a opposé ses six prétendants à l’investiture présidentielle fut en effet de haute tenue. Pas toujours très sexy, certes, parfois un peu soporifique, c’est vrai, mais au total, l’obstacle, ô combien périlleux, a été franchi avec aisance. Les dirigeants de la gauche ont d’abord montré un vrai sens de la responsabilité. Une grande communauté de vues, mais aussi quelques différences de fond, importantes, utiles, sur le nucléaire ou le rythme du désendettement, mais pas de coups bas ni de surenchères démagogiques.

En ces temps de mallettes d’argent sale, de confessions d’intermédiaires douteux, et autres valises de billets qui viennent salir l’esprit public, ces trois heures d’échanges éminemment politiques, c’est-à-dire consacrés aux moyens de servir et d’améliorer la vie des citoyens, nous ont offert une respiration démocratique bienvenue.

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Un vrai progrès démocratique

Leurs supporters n’auraient pas supporté qu’ils s’écharpent et la demi-douzaine d’élus présents sur le plateau de France 2 a bel et bien donné l’image d’un futur gouvernement tout à fait crédible. Les primaires s’avèrent donc un vrai progrès démocratique.

Il est d’ailleurs amusant de souligner la contradiction dans laquelle s’enferrent ceux qui en contestent le principe même. Ceux-là y voient la consécration d’une dangereuse démocratie d’opinion, d’essence médiatique et superficielle, qui signerait la mort du militantisme politique. Mais les mêmes expliquent qu’en France, le PS n’a jamais été un parti de masse, ce qui est vrai, et pas même un vrai parti de militants ! Cherchez l’erreur…

L’avant-garde éclairée des militants des partis demeure utile pour féconder le débat politique, mais ces pionniers ne sauraient suffire à l’heure du triomphe des moyens de communication modernes et des réseaux sociaux.

C’est le grand mérite de la primaire ouverte à l’ensemble des électeurs que de compléter cette œuvre d’émancipation en incitant les citoyens à s’impliquer un peu plus dans la conduite de leur destin commun. C’est en ce sens qu’il faut saluer la leçon de civisme du PS : elle a le mérite de contribuer à corriger les tares du césarisme plébiscitaire intrinsèque à la nature même la Ve République.

Le plus dur commencera le 17 octobre

Pour la gauche, il convient toutefois de mettre un bémol à ce concert de louanges. Il y a fort à parier que malgré d’inévitables anicroches, les primaires suivront leur cours constructif jusqu’au 16 octobre. C’est au lendemain du scrutin que le plus dur commencera pour l’heureux(se) élu(e). Lorsqu’il s’agira de rassembler derrière sa candidature l’ensemble des familles de la gauche et des egos blessés d’avoir été écartés.

Souvenons-nous qu’en 2006, même si elle avait dû surmonter bien des épreuves avant de remporter les primaires, c’est surtout au lendemain de sa désignation que Ségolène Royal s’est heurtée à une violente contestation de la part de ses faux camarades. La candidate y avait largement sa part de responsabilité. Mais les partisans des deux vaincus, Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius, n’ont jamais reconnu sa légitimité et se sont employés, avec un certain succès, à lui savonner la planche.

Pour le (ou la) candidat(e) socialiste, c’est le 17 octobre que la véritable épreuve débutera. Il lui faudra alors trouver la force de rassembler derrière son leadership l’ensemble de ses concurrents pour se lancer dans la vraie bataille, celle visant à déloger Nicolas Sarkozy de l’Elysée. Le spectacle d’hier soir a laissé entrevoir à la gauche française de grands espoirs d’y parvenir. Mais ce n’était qu’un tour de chauffe…

Renaud Dély - Le Nouvel Observateur

 

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