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Désirs d'Avenir 76

Retraites : Sarkozy ne convainc ni les syndicats ni l'opposition

8 Septembre 2010 , Rédigé par Yvon GRAIC Publié dans #Retraite

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A gauche comme chez les syndicats, les déclarations de Nicolas Sarkozy, qui a proposé, mercredi 8 septembre devant le conseil des ministres, de modifier certains aspects du projet de réforme des retraites après la forte mobilisation de la veille, n'ont pas su convaincre.

 

Le porte-parole du PS Benoît Hamon a aussitôt jugé que la réforme des retraites était "celle du mensonge".

Les "maigres améliorations" présentées par le président de la République ne vont "pas changer grand chose", a-t-il déclaré lors d'un point de presse au siège du PS après la déclaration de Nicolas Sarkozy, qui a proposé des aménagements sur la pénibilité ou les carrières longues tout en restant inflexible sur l'âge légal de départ à 62 ans.

"Toutes ces mesures étaient d'ores et déjà préparées pour faire face à toute mobilisation (...). La mise en scène se poursuit et la négociation n'a pas lieu", a-t-il dénoncé, rappelant que le PS demande que "la réforme soit totalement remise à plat".

"Je trouve qu'il y a une certaine forme d'arrogance de la part du président de la République", a-t-il poursuivi. "Je pense qu'il fallait un autre message. On est toujours dans la même logique: j'écoute, mais je n'en tiens pas compte", a également déclaré le patron des députés PS Jean-Marc Ayrault. Ces premières annonces présidentielles "vont plutôt stimuler les organisations syndicales pour que le mouvement de protestation s'amplifie", a-t-il ajouté devant l'Association des journalistes parlementaires. "La réforme des retraites est une réforme de classe", a-t-il estimé.

Le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, a lui aussi jugé "totalement insuffisantes" les annonces de Nicolas Sarkozy.

Même insatisfaction du côté du Parti radical de gauche : "Le projet de loi sur les retraites doit être suspendu et profondément revu", a commenté son président, Jean-Michel Baylet.

 

"Nettement insuffisant"

Du côté des organisations syndicales, l'Unsa a estimé que les "quelques infléchissements" apportés par Nicolas Sarkozy restent "nettement insuffisants". "Si le président de la République et le gouvernement veulent vraiment que le conflit s'apaise, ils doivent faire des concessions sur les mesures qui sont au coeur du projet : les mesures d'âge".

Idem à la CFDT, qui, dans un communiqué, estime que les nouvelles mesures "ressemblent à du bricolage" et "ne règlent pas les problèmes de fond de la réforme". "De toute évidence, de nouvelles actions s'imposent", estime le syndicat, qui devait rencontrer les autres confédérations mercredi après-midi pour décider des suites à donner à la journée d'actions de mardi.

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"A ce jour, les légères améliorations présentées par le président de la République ne règlent pas les problèmes de fond de la réforme", déplore la CFDT, qui "refuse toujours de réduire la question de la pénibilité à celle de l'incapacité". Nicolas Sarkozy a notamment proposé d'élargir la prise en compte de la pénibilité dans les départs en retraite, en abaissant à 10% le taux d'incapacité permettant aux salariés effectuant un travail pénible de continuer à partir à la retraite à 60 ans, contre 20% dans le texte actuel. Mais même si "l'élargissement du nombre de bénéficiaires potentiels et le recours à une commission pluridisciplinaire constituent un premier pas", la CFDT considère que "les autres dispositifs proposés sont trop imprécis".

Le chef de l'Etat a également proposé "d'améliorer le dispositif carrières longues". Mais pour la CFDT, "la mise à l'écart des salariés qui ont commencé à travailler à 18 ans est inéquitable" et "les autres salariés concernés par les carrières longues vont toujours subir un durcissement de la mesure". Par ailleurs, le syndicat déplore que pour "les polypensionnés, le président de la République affiche un objectif, mais aucune modalité pour l'atteindre".

La Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME) s'est elle aussi inquiétée de ces mesures, mais pas pour les mêmes raisons : "L'équilibre global du texte ne semble pas fondamentalement remis en cause", s'est tout d'abord réjouie la CGPME dans un communiqué, rappelant que "pour préserver le système de retraite par répartition, le relèvement de l'âge d'ouverture des droits à la retraite de 60 à 62 ans" est "indispensable". Mais la Confédération s'est notamment inquiétée des propositions sur la pénibilité et les carrières longues qui "aboutiront à ce que près de 20% des départs annuels en retraite bénéficient d'un régime dérogatoire".

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(Nouvelobs.com)

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