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Désirs d'Avenir 76

Ali Kassen :“La crise de l’automobile a commencé bien avant 2008″

9 Février 2009 , Rédigé par Yvon GRAIC Publié dans #Economie

aliverticale-340.1233251470.jpghttp://www.lemonde.fr/medias/www/1.2.59/img/lgo/lemonde_abonne.gif  30 janvier 2009

Cette semaine s’est tenue à Rouen une réunion des différents acteurs de la filière de l’automobile à laquelle assistaient notamment Jean-Dominique Wagret pour Mov’eo, mais aussi Ali Kassen*, secrétaire général de la CFDT Métaux en Haute-Normandie. Je le retrouve quelques heures après la manifestation, son sifflet encore autour du cou.

L’enjeu de la réunion de mercredi : trouver une déclinaison régionale à la “Charte nationale de coopération pour le soutien et l’accompagnement des entreprises du secteur automobile et de leurs salariés” plus communément appelée charte de l’automobile. Elle a été signée en juillet 2008, deux mois avant le début de la crise financière. Les signataires avaient-ils anticipé la dégradation de la conjoncture ?

PRÈS DE 2000 EMPLOIS SUPPRIMÉS EN DEUX ANS

“C’est le contraire” estime Ali Kassen. “A la différence de ce qu’on nous raconte en ce moment sur cette crise dont les donneurs d’ordres ne se considérent pas responsables, nous estimons que la crise n’a pas commencé en 2008, mais en 2003, l’année où il y a eu les premières suppressions d’emplois. Il y a bientôt trois ans, l’UIMM a publié une étude prévoyant que la métallurgie perdrait 15 000 emplois par an dans les prochaines années, une bonne partie chez des équipementiers et des sous-traitants automobiles. Ces deux dernières années, nous avons perdu 12,7% des effectifs dans l’environnement automobile, soit déjà presque 2 000 personnes. Il s’agit bien d’une crise structurelle et non d’une crise conjoncturelle comme on essaie de nous le faire croire.” 

Il veut à tout prix éviter que des départs à la retraite anticipée servent de soupape aux entreprises en difficulté comme ce fut le cas au moment du démantèlement de la sidérurgie à la fin des années 70. “Ce serait un emplâtre sur une jambe de bois. Il faut préparer nos salariés à des reconversions vers des métiers d’avenir, leur permettre d’obtenir une validation des acquis de l’expérience, des contrats de qualification afin qu’ils obtiennent un diplôme validé par l’éducation nationale”.

TROUVER DES RÉPONSES POUR LE LONG TERME

Renault a des volumes impressionnants d’heures de formation jamais utilisées. L’adaptation aux nouvelles technologies, relève pourtant de leur compétence !” Ce qu’il souhaiterait, c’est la mise en place d’une GPEC, “gestion prévisionnelle de l’emploi et des compétences” au niveau territorial voire national. Elle permettrait de définir les métiers qui recrutent, les qualifications exigées. Dans cette perspective, c’est lui qui a demandé à rencontrer les acteurs du pôle de compétitivité Mov’eo et à les associer à la charte régionale, pour connaître les besoins futurs de l’industrie automobile.

Comme Eric Rouland, il croit beaucoup aux vertus de l’anticipation et essaye d’avancer sur ces questions depuis plusieurs années. “Mais il y a eu un manque de stratégie chez les constructeurs automobile, un manque de volonté de faire évoluer les choses. Maintenant il y a le feu partout et il faut jouer les pompiers. Vu l’urgence, on va s’activer pour répondre dès le premier trimestre aux difficultés des entreprises. Mais nous continuons de penser qu’il faut dans le même temps amorcer une dynamique qui voit à long terme”.

Aline Leclerc

*Ali Kassen est un membre actif de DA 76 !

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