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Ségolène Royal et son association Désirs d’avenirs s’installent au 8 de la rue Saintonge dans le 3e. Ségolène Royal est  présidente de Désirs d’avenirs.

Désirs d’Avenir est une association créée pour réunir avec Ségolène Royal toutes celles et ceux qui souhaitent réfléchir ensemble à un projet de gauche pour la France, et agir ensemble pour le réaliser. L’association qui organise notamment des Universités populaires participatives, "est animée par des bénévoles qui donnent leur temps au service des autres, afin de mettre à la portée de chacun le meilleur de la connaissance", assure Mme Royal.

Plus d'information: www.desirsdavenir.org

 

______________________________________________________________________________

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  Le Blogs officiels de Ségolène ROYAL :  

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Samedi 25 février 2012 6 25 /02 /Fév /2012 13:40

Par Yvon GRAIC - Publié dans : Agriculture
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Samedi 25 février 2012 6 25 /02 /Fév /2012 12:13

AgoraVox le média citoyen

Médiapart devient un poids lourd dans la révélation des scandales qui entourent le président. Il y a bien sûr l’affaire Karachi, dont on va un peu parler, avec leur livre en plus de leurs révélations, mais il y a tout récemment une autre bombe, ce matin-même à propos de la possible évasion fiscale de Liliane Bettencourt aidée en cela par la femme d’Eric Woerth, sa gestionnaire de fortune, et des liaisons, selon Médiapart, avec l’ex ministre du budget, - il faut rappeler qu’il est aussi trésorier de l’UMP, j’y reviendrai - ainsi qu’une possible intervention élyséenne dans le procès intenté par la fille à sa mère.

 Pour bien nous rafraîchir la mémoire faisons une petite liste des quelques indélicatesses :
  • la nuit du Fouquet’s offerte par Desmarais
  • le Paloma (plusieurs centaines de milliers d’euros pour 4 jours) payé par Bolloré
  • Air Bolloré pour le voyage en Egypte
  • la villa à Wolfeboro offerte par des amis de Prada et Tiffany
  • le voyage mexicain dans une villa d’un banquier condamné aux USA pour blanchiment d’argent de la drogue
  • 5 Nissan 4X4 mis à disposition gracieuse pour la famille Sarkozy Bruni à Megève quand on licenciait 20 000 personnes
  • cocktail à New Tork qui a coûté 200 000 €
  • concert payé à Jaunni pour le 14 juillet, l’évadé fiscal et ami du couple présidentiel (1 et quelques millions d’euros)
  • le repas de l’UPM à 1 million d’euros et une douche
  • le salaire de Boutin
  • les 12 000 euros de cigares de Christian Blanc en un an payé par l’Etat, puis contrôle fiscal avec suspicion de dissimulation
  • les repas bi-tri hebdomadaires du chef de l’Etat au Bristol (menu à 200 €) alors qu’il y a un chef payé à l’année à l’Elysée
  • les invitations permanentes des élus UMP à des cocktails, repas, déjeuners, petits déjeuners dîners à l’Elysée par centaines d’invités et par dizaines d’invitations
  • le budget voyage de l’Elysée explosé
  • l’aménagement de Air Sarkozy One plusieurs centaines de millions d’euros
  • le fils Bachelot et son poste dans un organisme dépendant du ministère de sa mère
  • la fameuse affaire de l’Epad
  • le fils Pierre emmené, comme le fils Louis, dans des voyages officiels d’agrément comme le Maroc, le Mexique, l’ONU ou les jeux Olympiques, quand ils n’ont aucune charge de responsabilité politique ni industriel
  • la réservation de la suite junior pour Rama Yade (plus de 600 € la nuit) pour son voyage en Afrique du sud
  • l’affaire des préfets saqués (pour des sifflets et pour crime de lèse pelouse)
  • le coût astronomique des voyages sécurisés du Président de la République, coûts directs et indirects par paralysie des villes
  • les sondages et les rémunérations illégales et énormes des conseillers en « sondagistique » Giacometti et Buisson (enquête refusée par le parlement UMP)
  • déclaration new yorkaise concernant la culpabilité avant procès, procès qui a relaxé Villepin
  • l’affaire Tapie avec 45 millions d’euros d’indemnités
  • conseil donnés au Président de la République par un conseiller du ministère de la justice dans l’affaire Clearstream
  • Président attaquant en justice alors qu’il est protégé par son immunité ce qui crée une distorsion devant la justice et une inégalité certaine et préjudiciable
  • le voyage d’Estrosi en jet privé depuis New York payé par l’Etat, 
  • l’appartement de fonction de Fadela Amara illégalement mis à disposition de sa famille
  • Pérol nommé à la tête du regroupement des Caisses d’Epargne et des Banques populaires
  • Richard nommé à la tête d’Orange, Richard condamné pour fraude fiscale, qui a reversé au trésor public 660 000 € en septembre 2007, alors directeur de cabinet du ministère de l’économie (on croit rêver) dont 5 % pour mauvaise foi
  • Michèle Laroque, compagne d’un certain Baroin, ex Chiraquien reconverti, revient d’urgence se fiscaliser en France après une évasion de plusieurs années aux USA dans l’Etat du Nevada le moins fiscalisé,
  • rémunération illégale du Président de la République de septembre 2007 au 31 décembre 2007
  • les légions d’honneur distribuées comme des petits pains aux amis du pouvoir dont le Belge Frère et le Canadien Desmarais, les amis couturiers de Clara, les copains Clavier et Réno…
etc
 
Venons aux trois gros morceaux.
 
1- Tout d’abord l’affaire Clearstream. Instrumentalisation de la justice, justice qui passe étrangement à côté d’une certaine Michèle Alliot Marie, ministre de la défense à l’époque des faits, ministre proche de l’espion Rondot, ministre qui donc savait mais n’a même pas été interrogée, ministre étrangement impliquée dans d’autres affaires comme l’affaire Boulin où elle savait avant même que la justice ne rejette pour une troisième ou quatrième fois la demande de révision du procès, les courriers et enveloppes ayant judicieusement disparu en mars 2010. Etrange affaire Clearstream où le principal accusé et accusateur Imad Lahoud avait rencontré de très nombreuses fois un certain Pérol, très proche collaborateur de Nicolas Sarkozy, dont la femme était amie d’une certaine madame Woerth et avait travaillé avec ce même Woerth dans son cabinet (20 minutes) : Imad Lahoud aurait également, selon les policiers, organisé le 25 février 2004, quelques semaines avant l’envoi de listings falsifiés à la justice, une réception à laquelle participaitFrançois Pérol, Gilles Grapinet, conseiller de Jean-Pierre Raffarin à Matignon et le beau-frère de Dominique de Villepin, Michel Piloquet.
 
Plus loin, on apprend que le 5 mai 2005, c’est l’actuel ministre du Budget, Eric Woerth, qu’invite Imad Lahoud, dont l’épouse, Anne-Gabrielle Heilbronner, dirige alors le cabinet. De même, l’actuelle secrétaire d’Etat à l’Economie numérique, Nathalie Kosciusko-Morizet, a partagé à deux reprises avec son époux, à l’époque cadre chez EADS, la table d’Imad Lahoud.
 
Le rapport révèle enfin que le faussaire présumé a également déjeuné avec Bernard Casanova, alors proche de Bernard Squarcini, l’actuel patron de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) et Brigitte Henri, qui travaillait alors avec le directeur central des Renseignements généraux (DCRG), Yves Bertrand.
 
On le voit ce cher, très cher Woerth se retrouve partout. Il est évident que dans une démocratie qui se respecte le ministre du budget ne peut en même temps être le trésorier du parti au pouvoir, mais cela est possible en Sarkoland. Ce même Woerth qui est allé en Suisse chercher des financements pendant la campagne électorale d’un candidat, un certain Nicolas Sarkzoy (Le Matin) : Ce 23 mars 2007, Eric Woerth, alors trésorier de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, était venu en ami à Genève. Patrick Devedjian, à l’époque député des Hauts-de-Seine, l’accompagnait. Cette visite en Suisse avait un but : récolter de l’argent pour financer l’« effort de guerre » du candidat de la droite, opposé à sa rivale socialiste, Ségolène Royal. Le comité de soutien UMP Suisse avait vu grand pour accueillir les émissaires de Sarkozy : une réception à l’Hôtel Crowne Plaza en début de soirée, suivie d’une réunion au Caviar House, dans la très chic rue du Rhône, avec le « premier cercle », autrement dit, les donateurs les plus fortunés.
 
Banquier français amer
« Eric Woerth ne cherchait pas alors à savoir si les chèques qu’on lui remettait étaient prélevés sur des comptes suisses non déclarés au fisc français », raconte un banquier français opérant dans une banque genevoise. S’il parle au « Matin Dimanche » aujourd’hui, c’est qu’il est dégoûté par les « techniques peu glorieuses » employées en ce moment par le même Woerth pour faire plier les évadés fiscaux.
 
En 2007, les Français ayant placé illégalement leur fortune en Suisse, « pouvaient espérer qu’une fois élu, Nicolas Sarkozy ferait voter une amnistie fiscale, poursuit le banquier désenchanté. Mais le président de la République préfère écouter la rue, qui lui demande de punir les riches. »
[…] Avant de devenir président de la République, Nicolas Sarkozy fut, notamment, avocat d’affaires. A ce titre, il accompagnait des clients à Genève et les introduisait auprès de financiers, rapporte le site Rue89 en date du 2 avril 2009.
 
2- De ce lourd scandale de Clearstream il faut se souvenir que cela a un lien avec le Luxembourg et au départ avec l’affaire des frégate de Taïwan, Luxembourg qui par sa police a fait savoir qu’elle soupçonnait Nicolas Sarkozy d’être clairement impliqué dans la création de la société Heine qui a reçu les commissions des ventes des sous-marins à Karachi mais également aussi semble-t-il des ventes à l’Arabie saoudite ou a essayé. Cette société a été crée avec l’aval obligatoire du ministère du budget dont Nicolas Sarkozy était le ministre. Mais il n’y a pas que la police qui sait. Il y a aussi un certain Boivin, dirigeant de cette société qui a continué ses activités malgré l’interdiction de toucher des commissions de vente d’arme. Ce même Boivin, selon le Nouvel Obs (papier, de la semaine passée) aurait touché les 8 millions d’euros qu’il réclamait. Il avait envoyé des lettres qui ressemblaient fort à un chantage déguisé à différentes personnalités dont Chirac et Sarkozy. Sarkozy qui parle de fable, mais là c’est du lourd et très lourd. Ce même Boivin a changé de nationalité pour devenir Luxembourgeois. Il aurait déposé dans une banque des documents, une sorte d’assurance vie, qui prouveraient les implications des politiques dans les rétrocommissions en particulier le même montant que l’argent déposé en liquide sur les comptes de campagne d’un certain Edouard Balladur avec pour proche collaborateur un certain Nicolas Sarkozy. Et c’est là où l’on retrouve à nouveau MAM. Libération a pu consulter les documents que s’est procurés la police luxembourgeoise. On ne peut qu’être effaré de ce qu’on apprend : Selon des documents inédits obtenus par Libération, cette société offshore a pu servir à violer la législation anticorruption, au moins jusqu’en 2005. Tandis qu’elle a entretenu, au moins jusqu’en 2009, des relations directes avec les plus hautes autorités politiques françaises - dont l’actuel président de la République. Un rôle étonnant pour une société implantée dans un paradis fiscal et qualifiée de « shadow company » (entreprise de l’ombre) par l’un de ses principaux administrateurs, Jean-Marie Boivin, homme-orchestre des commissions sur les marchés de l’armement.Ainsi, dans une lettre du 29 novembre 2006, le comptable luxembourgeois de Heine, Yves Schmit, s’adresse-t-il à Nicolas Sarkozy, pourtant ministre de l’Intérieur, pour régler un problème capitalistique touchant la société. Et en des termes révélateurs d’un lien de subordination : « Votre lettre du 28 septembre nous est bien parvenue. Mais à ce jour, elle n’a pas été suivie d’effet. Nous n’avons toujours pas reçu d’instruction de la part de l’Etat français » (voir fac-similé ci-dessus).
 
Deux mois plus tard, le 16 janvier 2007, dans un courrier à en-tête de Heine, Boivin demande à Michèle Alliot-Marie, alors ministre de la Défense, devenue depuis ministre de la Justice, de lui « accorder prochainement un rendez-vous ». Une démarche, semble-t-il, fructueuse. Car selon une décision méconnue jusqu’à ce jour émanant de la Haute cour de justice de l’Ile de Man, un accord a été passé sur cette île le 24 janvier 2009, entre Heine et un « représentant du gouvernement français », avec la participation de deux fleurons de l’armement national, Thales et la DCNS (successeur de la Direction des constructions navales). Il prévoit le versement de 8 millions d’euros d’honoraires à Jean-Marie Boivin. Pour prix de son silence ?
 
Tutelle. Si MAM n’est que l’un des nombreux interlocuteurs de Heine, et pas forcément le plus assidu, son cas soulève un conflit d’intérêt. En 2007, elle intervient comme ministre de la Défense, alors que la DCNS appartient à 74% à l’Etat. Deux ans plus tard, elle est mutée à la Justice, tutelle d’un parquet qui freine des quatre fers une enquête pénale visant les relations entre Heine et la DCNS
 
Cette affaire est sans doute un des plus gros scandale que la France ait eu à connaître. Non seulement à l’époque des faits des ministres semblent y être impliqués, mais encore aujourd’hui. Les postes dont dépend la justice sont verrouillés. On oublie toujours un autre acteur majeur et pourtant il faut que cela se sache. Il s’agit d’un certain Hervé Morin. A l’époque des faits il est directeur de cabinet de François Léotard, qui l’a impliqué, ministre de la défense. Il ne pouvait évidemment pas ignorer les transactions en cours pour les ventes d’armes. Il était de fait impliqué. Et jusqu’au cou. Il faut également se souvenir de ce fait qui ajoute à son déshonneur. Il semblerait qu’en février 2007, en pleine campagne présidentielle, se disant le soutien de François Bayrou, il aurait négocié sa place de ministre de la défense - à la lumière de cette affaire de Karachi on peut comprendre qu’il avait une monnaie d’échange - auprès de Sarkozy. De nos jours, ce même Morin est ministre de la défense. Il bloque la transmission aux juges chargés de l’enquête, juges qui avec courage s’acharnent à découvrir la vérité, des documents essentiels classés secret défense. Avec les deux postes clés, celui de la justice - on retrouve à nouveau MAM, l’épargnée du procès Clearstream, à nouveau en première ligne - et celui de la défense, détenus par des ministres qui n’ont d’autre choix que de ralentir sinon arrêter le chemin vers la vérité, on ne peut qu’être inquiet de savoir si cela va aboutir, sachant qu’en plus ce n’est rien de moins que le Président de la République qui semble impliqué. Ce dernier peut toujours parler de fable, mais la police luxembourgeoise, les documents saisis, la pugnacité de l’avocat des familles, et le semble-t-il séreux des juges d’instruction finiront peut-être à ce que ce qui semble être une triste et épouvantable réalité soit enfin dévoilée.
 
3- Après le scandale de niveau supérieur de Clearstream où la justice a été instrumentalisée avec la bonne volonté du procureur Marin, peut-être pour cacher l’autre immense scandale, celui de Karachi, voici un troisième scandale, celui révélé par Médiapart : Stupéfiant rebondissement dans l’affaire Liliane Bettencourt. La fille unique de la milliardaire, convaincue que sa mère est dépouillée de ses biens, a transmis à la police judiciaire des enregistrements pirates de conversations entre l’héritière de L’Oréal et ses principaux conseillers. Ces documents audio, dont Mediapart a pris connaissance, révèlent diverses opérations financières destinées à échapper au fisc, des relations avec le ministre Eric Woerth et son épouse, ainsi que les immixtions de l’Elysée dans la procédure judiciaire. Il faut savoir que la fille accuse la mère ou plutôt accuse un photographe d’avoir dépouillé la mère de près d’un milliard d’euros. Or madame Woerth est la gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt. Il y a là peut-être danger pour elle. Sans compter que dans cet article du Post on liste le nombre inimaginable de sociétés dans des paradis fiscaux appartenant à cette même fortunée dame conseillée pour ce faire par la femme de l’ex-ministre du budget, responsable de la lutte contre la fraude fiscale.
 
En conclusion, on retrouve souvent les mêmes : MAM, Pérol, Woerth, Morin et bien évidemment Nicolas Sarkozy. Dans n’importe quel pays démocratique cette invraisemblable accumulation de petits et gigantesques scandales aurait déclenché une explosion du pouvoir.
Par Yvon GRAIC - Publié dans : sur le Net
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Jeudi 23 février 2012 4 23 /02 /Fév /2012 19:08

 

François Hollande était l'invité du 7/9 de Patrick Cohen sur France Inter ce jeudi 23 février. Retrouvez les deux parties de cette émission, les passages essentielsainsi que la retranscription des échanges.

 

 

Une situation difficile:

 

"Ca sera difficile surtout par rapport à la situation qui nous est laissée. (...) Je ne peux pas dire à tous les Français qui m’entendent, et qui pourtant vivent l’urgence, que d’un seul coup, parce que je serai élu, la vie va immédiatement être modifiée. Et en même temps, j’engagerai, dès le départ, les réformes de structure, réforme fiscale, réforme de l’Etat, réforme territoriale, réforme de la justice, réforme aussi de ce qui est l’essentiel, c'est-à-dire les droits de chacun…"

Du temps et de la volonté:

" Il faudra du temps, parce que pour redresser la croissance, redresser l’industrie, redresser la production, ça ne se fait pas simplement en quelques semaines ou en quelques mois. "   

"Je suis candidat aussi pour ceux qui vont plus mal que les autres":

"Ce sont toujours les mêmes qui sont, finalement, confrontés aux plus dures réalités. Toujours les mêmes qui accèdent difficilement à l’emploi, au logement, à une école de qualité. Et ce sont dans les quartiers, où il y a déjà beaucoup d’enfants d’immigrés, qu’on remet des familles qui sont arrivées depuis peu sur notre territoire. (...) Je considère que ceux-là je dois leur dire, écoutez, la France elle s’est déjà remise d’un certain nombre d’épreuves, vous devez relever la tête, nous devons relever la tête, ensemble. (...) je ne suis pas simplement candidat pour ceux qui vont un peu mieux que les autres. Non, je suis candidat aussi pour ceux qui vont plus mal que les autres.

 Les tours de passe-passe de Nicolas Sarkozy:

 

"Hier c’était une mystification. C’était de dire à des salariés qui gagnent entre 1000, 1200, 1400 euros, qu’ils vont avoir 1000 euros à la fin de l’année, si Nicolas SARKOZY est élu, 1000 euros en plus ? Vous entendez ces propos ? Vous êtes salariés, vous dites voilà, je vais avoir 1000 euros. Et ce qui n’est pas dit, et c’est là qu’il y a la mystification et le tour de passe-passe, c’est que ces mêmes salariés vont perdre la prime pour l’emploi."

 

"Monsieur PROGLIO, président d’EDF, vient de toucher sa retraite-chapeau, qu’a dit le président de la République ? Il l’a emmené dans son avion, lui a-t-il dit quoi que ce soit sur sa retraite-chapeau ? Mais on est dans quelle campagne électorale, de double langage ?"

 

En 2007 déjà, Nicolas Sarkozy promettait l'interdiction des retraites-chapeau.

 

 

Fusion de l'impôt:

" J’harmonise, dans un premier temps, les assiettes, les bases, et puis ensuite je rapproche les deux impositions, et à la fin de la mandature il y aura un impôt unique sur l’ensemble des revenus. "

 

Mariage pour les couples de même sexe:

"J’ai pris un engagement, je le tiendrai, ou plutôt ce sera le Parlement qui votera cette égalité, puisque je considère que quels que soient les couples, ils doivent prétendre aux mêmes droits, et aux mêmes règles, et aux mêmes principes, donc le droit au mariage pour ceux qui veulent avoir cette forme de vie commune."

 

Démantèlement de la centrale nucléaire de Fessenheim:

"Pourquoi Fessenheim ? Parce que c’est la plus vieille de nos centrales, et qu’elle a été, à plusieurs reprises, considérée comme pouvant présenter des risques. Je ne dis pas que ces risques sont réels, je dis qu’il y a eu potentiellement des risques liés à la zone sismique sur laquelle elle est située. Je comprends parfaitement l’émotion des travailleurs de Fessenheim. (..) je leur dis, tous leurs emplois, je dis bien tous leurs emplois, seront maintenus sur place, parce que nous aurons à démanteler cette centrale, et nous aurons à en faire une station expérimentale. C'est-à-dire que tous ces travailleurs, avec leur savoir-faire, leurs qualifications, pourront rester sur place et faire que cette centrale pourra, aux yeux du monde, être regardée comme l’une de celles qui aura été démantelée avec le plus d’efficacité et de sécurité."

 

"Je mets ce matin en accusation la Russie et la Chine par rapport à cette situation en Syrie":

"Moi je suis tout à fait prêt à ce que tous les candidats - je dis bien tous les candidats - qui aujourd'hui se présentent devant le suffrage prennent la même position de fermeté et dire que, nous sommes prêts à aider nos positions".


"J'ai dit déclaration ou en tout cas position commune sans qu'il y ait besoin de négocier quoi que ce soit. Ca peut être pris à l'initiative d'une association qui se formerait pour cette circonstance. J'y suis tout à fait prêt".


"Je ne conteste pas la diplomatie française en ce moment. Elle fait ce qu'elle peut. Le soutien à la Ligue arabe est à mon sens dans la bonne direction quand elle demande que les Casques bleus puissent venir en Syrie".


"Qu'est-ce qui bloque aujourd'hui? C'est la responsabilité de deux pays, la Russie et la Chine, qui posent leur veto pour toute intervention des Nations-Unies. Je mets ce matin en accusation la Russie et la Chine par rapport à cette situation en Syrie".

 

Script complet

 

Patrick COHEN

Bonjour François HOLLANDE.

François HOLLANDE

Bonjour.

Patrick COHEN

Dans les librairies ce matin, un livre de 160 pages, écrit à la première personne, où vous retracez votre itinéraire politique et personnel, résumez votre projet, où vous expliquez ce que sont vos valeurs qui fondent votre amour de la France et de la République, et pourquoi vous souhaitez, c’est le titre du livre, changer le destin de la France, et on se dit mais quelle ambition ou quelle prétention. Pas plus que François MITTERRAND n’a changé la vie des Français, c’était pourtant son slogan de 81, quel autre chef d’Etat, hors période de guerre, a pu jamais prétendre, dans l’histoire récente, avoir changé le destin de la France et des Français.

François HOLLANDE

Mais c’est une élection présidentielle, c’est un choix de société pour 5 ans, peut-être davantage, c’est un moment où les Français vont décider de leur avenir, pas simplement de leur avenir personnel, mais du sort de leur nation, de la place de la République, des valeurs qui sont essentielles. Nous sommes en plus dans une période de crise, une Europe qui cherche à trouver un nouvel équilibre, et qui n’y parvient pas, et donc je veux me mettre à la hauteur de la situation.

Patrick COHEN

Un chef d’Etat peut encore infléchir le destin de son pays dans le monde tel qu’il est aujourd’hui ?

François HOLLANDE

Si je ne le pensais pas, je ne serai pas candidat à l’élection présidentielle, je ferai autre chose. Je considérerai que mon avenir est local. Je suis un responsable d’exécutif en Corrèze, je peux changer ce que je peux modifier au plan de mes responsabilités, à l’échelle d’un département, là je me présente pour la République française. Oui nous pouvons changer le destin du pays, parce que nous ne sommes pas n’importe quelle nation. Nous sommes la France, y compris sur des questions de politiques internationales. Nous sommes un pays qui peut prendre l’initiative, nous sommes un pays qui est attendu, d’ailleurs, aussi bien en Europe que sur la planète, pour des positions qui seront différentes que celles qui ont été jusque là conduites, ou exprimées.

Patrick COHEN

Mais juste après avoir promis de changer le destin de la France, vous dites attention, la situation est trop grave pour que nous puissions nous payer de mots, nous ne pouvons pas tout promettre, nous ne pourrons pas tout faire, le début sera difficile. Difficile ça veut dire dur à supporter ou troublé avec des résistances aux réformes que vous voulez imposer ?

François HOLLANDE

Ça je ne sais pas s’il y aura des résistances, j’imagine, quand on s’en prend à la finance, quand on s’en prend à un certain nombre de hauts revenus et de gros patrimoines, il y a toujours des frondes qui sont organisées, et qui ne sont pas d’ailleurs sans impact, mais je…

Patrick COHEN

Alors pourquoi difficile ?

François HOLLANDE

Je pense que ça sera difficile surtout pas rapport à la situation qui nous est laissée. Je pourrai, moi aussi, promettre des augmentations de salaires, qui me croirait aujourd’hui ? Je pourrai dire que des prestations vont augmenter, j’ai dit que l’allocation de rentrée scolaire va augmenter de 25% pour le mois de septembre, mais en même temps je ne peux pas dire à tous les Français qui m’entendent, et qui pourtant vivent l’urgence, que d’un seul coup, parce que je serai élu, la vie va immédiatement être modifiée. Et en même temps, j’engagerai, dès le départ, les réformes de structures, réforme fiscale, réforme de l’Etat, réforme territoriale, réforme de la justice, réforme aussi de ce qui est l’essentiel, c'est-à-dire les droits de chacun…

Patrick COHEN

Dont on ne verra les fruits qu’à la fin du quinquennat, c’est ça l’idée ?

François HOLLANDE

Dont on verra les fruits au milieu du quinquennat, je l’espère, parce que sur la recherche, sur la connaissance, sur l’école, sur la priorité que je veux offrir à l’Education nationale, il y aura déjà, pour la prochaine rentrée, heureusement des premières décisions qui changeront ces suppressions de postes qui ont été annoncées, mais en même temps il faudra du temps, parce que pour redresser la croissance, redresser l’industrie, redresser la production, ça ne se fait pas simplement en quelques semaines ou en quelques mois.

Patrick COHEN

Dans ce livre vous parlez, François HOLLANDE, de la République, de cette communauté de destins qui fondent notre pays, et qui parfois se délitent. J’ai été frappé par la façon dont vous vous adressez, à plusieurs reprises, à ceux que vous appelez « les électeurs tentés par l’extrémisme », « je vous entends et je vous tends la main », écrivez-vous, et à propos de l’immigration vous revenez sur une phrase prononcée par l’actuel ministre de l’Intérieur, Claude GUEANT, « on ne se sent plus chez nous en France. » Et vous écrivez, « je déplore cette facilité de langage car elle vient d’en haut, mais j’entends aussi la plainte de ceux qui sont restés dans des quartiers qu’ils ne reconnaissent plus, comment les blâmer. » Il y a donc, à vos yeux, un seuil de tolérance aux immigrés, comme l’avait dit un jour François MITTERRAND ?

François HOLLANDE

Non, je ne pense pas qu’il y ait des seuils, mais il y a des situations. Ce sont toujours les mêmes qui sont, finalement, confrontés aux plus dures réalités. Toujours les mêmes qui accèdent difficilement à l’emploi, au logement, à une école de qualité. Et ce sont dans les quartiers, où il y a déjà beaucoup d’enfants d’immigrés, qu’on remet des familles qui sont arrivées depuis peu sur notre territoire. C’est toujours vers les mêmes villes que l’on fait porter l’essentiel des sacrifices et des efforts. Pourquoi ? Pourquoi cette fatalité ? Et je m’adresse effectivement à ces électeurs qui ont le sentiment, ils me l’ont dit, d’être abandonnés, relégués, oubliés, et qui se disent je ne sais plus à qui confier justement mon destin, je n’y crois plus. Et vous croyez que je vais rester, là, les bras ballants, en disant mais non, je vais vous faire la morale ? Je considère que ceux-là je dois leur dire, écoutez, la France elle s’est déjà remise d’un certain nombre d’épreuves, vous devez relever la tête, nous devons relever la tête, ensemble, et considérer que les valeurs de la République, celles d’égalité et de dignité humaine, sont les valeurs à partir desquelles nous allons nous reconstituer et nous redresser. C’est un point très important. Parce que je veux que tous ceux qui vivent, et qui m’écoutent peut-être, dans cette situation d’urgence, de difficultés, puissent trouver une perspective, que je ne les abandonne pas, que je ne suis pas simplement candidat pour ceux qui vont un peu mieux que les autres. Non, je suis candidat aussi pour ceux qui vont plus mal que les autres.

Patrick COHEN

Mais je reviens à la question François HOLLANDE, ce malaise-là il est lié, il est d’ordre social ou il est lié à l’immigration ?

François HOLLANDE

Non, il est d’ordre social, mais aussi parce que c’est là que se cumulent un certain nombre de difficultés. Parce que ceux qui ne peuvent pas partir de ces quartiers, parce que finalement ils y sont relégués, qu’ils n’accèdent jamais à la propriété, qui ne peuvent pas changer de logement, qui même quand ils sont en situation de trouver un emploi ne peuvent pas l’accepter, ou peuvent l’accepter mais au prix de coucher dans leur voiture, ou d’être dans des campings, parce que c’est hélas une situation que l’on rencontre. Donc je veux qu’il y ait de la mobilité, de la fluidité, de la promotion, je veux que personne se sente finalement relégué dans la République, je veux que chacun soit fier d’être Français.

Patrick COHEN

Et vous approuvez, dans votre livre, la phrase de Michel ROCARD, « la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde », à condition de la citer en entier, « mais elle doit en prendre sa part. »

François HOLLANDE

Mais oui, bien sûr. Nous avons, d’abord, une immigration qui est celle venue de génération en génération, aujourd’hui, cette immigration, ce sont des citoyens Français, les enfants, les petits-enfants, ce sont des citoyens Français, et ils ont droit à la promesse républicaine. Rien ne serait pire que de les considérer comme des Français de second niveau, de seconde zone. J’ai entendu des propos qui ont pu les blesser, les heurter, et quand en plus, parce que j’ai entendu aussi ces enfants de nos quartiers, me dire « moi je suis citoyen Français, mais je ne me considère pas comme Français », je leur ai dit, à ce moment-là, vous renoncez à ce qui est finalement votre existence, votre identité, ce qui devrait faire votre fierté. Donc je conçois que la promesse républicaine n’est pas toujours tenue, et donc je dois faire en sorte, par l’école, par le logement, par l’emploi, par l’insertion, que chacun dans notre pays, quelle que soit son origine, puisse trouver sa place.

Patrick COHEN

On va revenir dans quelques minutes sur d’autres aspects de votre livre, on a aussi des précisions de programme à vous demander sur divers aspects, la fiscalité, le nucléaire, la fin de vie. Je voudrais connaître d’abord ce que vous pensez des propositions de Nicolas SARKOZY qu’il a formulées hier soir à la télévision. Allègement des cotisations sur les bas salaires en supprimant la prime pour l’emploi notamment.

François HOLLANDE

Nous sommes dans une campagne électorale, les promesses peuvent se faire, elles ne peuvent pas être des tours de passe-passe ou des mystifications, et hier c’était une mystification. C’était de dire à des salariés qui gagnent entre 1000, 1200, 1400 euros, qu’ils vont avoir 1000 euros à la fin de l’année, si Nicolas SARKOZY est élu, 1000 euros en plus ? Vous entendez ces propos ? Vous êtes salariés, vous dites voilà, je vais avoir 1000 euros. Et ce qui n’est pas dit, et c’est là qu’il y a la mystification et le tour de passe-passe, c’est que ces mêmes salariés vont perdre la prime pour l’emploi. C'est-à-dire qu’on va leur accorder 1000 euros de baisse de charges, mais en même temps on va leur reprendre 1000 euros de prime qui leur étaient accordés. Donc, j’ai fait les calculs, 3 euros vont avoir les salariés concernés, 3 euros par mois en plus…

Patrick COHEN

3 euros, c’est une moyenne ?

François HOLLANDE

C’est une moyenne bien sûr, mais vous vous rendez compte, on enlève la prime pour l’emploi et on transforme, finalement la fin de la prime pour l’emploi, en baisse de cotisations sociales…

Patrick COHEN

Les bénéficiaires ne sont pas exactement les mêmes !

François HOLLANDE

Et en plus ce ne sont pas les mêmes, vous avez raison. Qui vont être les perdants de cette affaire ? Les familles, puisque la prime pour l’emploi est une prime calculée par rapport à la famille, puisque ce sont les revenus de la famille qui sont considérés, alors que la baisse de cotisations est une baisse individuelle. C’est une mesure en plus contre les familles, mais c’est surtout une forme de mensonge de candidat, je ne parle même pas de mensonge d’Etat, en l’occurrence.

Patrick COHEN

Ah, déjà les mensonges !

François HOLLANDE

Ecoutez, de dire, ils l’ont tous entendu, de dire ça va être 1000 euros de plus, quand il y a le retrait de la prime pour l’emploi ! Donc je considère qu’il ne peut pas y avoir de promesses qui puissent ainsi tromper, et notamment dans une campagne. Vous savez les Français, ça fait quand même 5 ans qu’ils connaissent Nicolas SARKOZY, comme président de la République, ils ont entendu les promesses qui ont été faites en 2007, et donc ils savent ce qu’il faut en garder, mais là je peux faire la démonstration, fin de la prime pour l’emploi, baisse des cotisations sociales, aucun avantage pour les salariés concernés. Mais pire même, ces salariés vont payer, eux, plein pot, si je puis dire, la hausse de la TVA, ça représente 300 euros dans l’année.

Patrick COHEN

Mais par principe, vous ramènerez toujours Nicolas SARKOZY à son bilan ? Tout ce qu’il pourra proposer dans cette campagne sera nul et non-avenu à vos yeux ?

François HOLLANDE

Mais là ce n’est pas son bilan, là, c’est une promesse fallacieuse.

Patrick COHEN

Oui, vous venez de parler de son bilan et de ses promesses de 2007.

François HOLLANDE

L’expérience de 5 ans permet de savoir ce qu’il faut garder des promesses du candidat sortant, mais là ce n’est pas le bilan…

Patrick COHEN

Donc, quand il promet l’interdiction des retraites-chapeau et des parachutes dorés ?

François HOLLANDE

Alors là aussi on croit rêver, on se pince. C'est-à-dire, pendant 5 ans, les retraites-chapeau ont augmenté, ont été distribuées, les parachutes dorés ont pu se laisser, là, entraîner à accorder aux plus riches des dirigeants français des avantages considérables, et là, en fin de mandat, il viendrait nous dire « ah quand même, ce n’est pas juste, je vais supprimer ça, mais pour le prochain. » Je vais juste prendre un exemple. Monsieur PROGLIO, président d’EDF, vient de toucher sa retraite-chapeau, qu’a dit le président de la République ? Il l’a emmené dans son avion, lui a-t-il dit quoi que ce soit sur sa retraite-chapeau ? Mais on est dans quelle campagne électorale, de double langage ?

Patrick COHEN

Si vous êtes élu, Henri PROGLIO ne sera plus à la tête d’EDF ?

François HOLLANDE

Je ne dis pas cela, je ne suis pas là pour…

Patrick COHEN

Non, mais je vous pose la question.

François HOLLANDE

Je ne suis pas pour stigmatiser les personnes, je dis simplement il y a un fait, qui a été révélé, de retraite-chapeau. Et puis ensuite, Nicolas SARKOZY nous dit qu’il va faire débattre par l’assemblée générale d’actionnaires les rémunérations des plus hauts dirigeants.

Patrick COHEN

Ce n’est pas une bonne mesure ça ?

François HOLLANDE

Enfin écoutez, franchement, j’ai dit qu’il fallait que les salariés soient dans les comités de rémunérations, et que tout soit publié, tout soit transparent, et vous verrez les conséquences.

Patrick COHEN

Un mot sur les regrets exprimés sur la soirée du Fouquet’s.

François HOLLANDE

Oui, ça, ça m’a touché, j’ai trouvé qu’il y avait un côté petit garçon, qui vient nous dire qu’il ne retournerait plus au Fouquet’s la fois prochaine, il a même balbutié, bafouillé, il y avait quelque chose d’émouvant, quand même, de celui qui était allé au Fouquet’s il y a 5 ans et qui promettait de ne plus y revenir. Eh bien il n’aura pas besoin d’y revenir, puisque j’espère qu’il ne sera plus président.

Patrick COHEN

François HOLLANDE, invité de FRANCE INTER, avec les questions des auditeurs, ce sera dans quelques minutes.

Patrick COHEN

François HOLLANDE est donc notre invité ce matin, il publie chez Robert LAFFONT « Changer de destin », livre de 160 pages où il détaille son projet, ses valeurs, sa conception de la République, son amour de la France. Sur le projet, François HOLLANDE, on va avoir des questions d’auditeurs dans un instant, sur la fiscalité. Pendant toute la campagne des primaires, et même avant, vous avez répété la même phrase, on l’a encore dans l’oreille, « je ferai une grande réforme fiscale en fusionnant l’impôt sur le revenu et la CSG », or, la grande réforme que vous prôniez, se résume aujourd’hui, dans votre projet de candidat, à une modification des taux des barèmes ou des assiettes, la fusion n’est plus qu’un objectif à long terme, il n’y aura pas de CSG progressive, qu’est-ce qui fait que vous ayez renoncé à ce qui était la pierre angulaire de votre programme d’avant la primaire ?

François HOLLANDE

J’ai dit rapprochement, puis fusion, parce que ça ne se fera pas en un seul jour. Donc je ferai voter, au lendemain de l’élection présidentielle, c'est-à-dire dès l’été, une grande loi de programmation de nos finances publiques, au sein de cette loi il y aura la réforme fiscale qui visera d’abord à améliorer l’impôt sur le revenu, mettre les revenus du capital au même taux d’imposition que les revenus du travail, faire en sorte qu’il y ait le plafonnement des niches fiscales à 10 000 euros, pas davantage, et de faire qu’il y ait aussi une nouvelle assiette de l’impôt sur le revenu plus large et qui serait voisine de la CSG.

Patrick COHEN

C’est ce que je disais, vous changez les paramètres, mais vous ne modifiez pas la structure de l’ensemble.

François HOLLANDE

Après, après, nous avons des étapes à franchir, puisque vous savez que la CSG c’est un impôt individuel,  un prélèvement individuel…

Patrick COHEN

Proportionnel.

François HOLLANDE

Et l’impôt sur le revenu est un impôt familial, avec ce qu’on appelle le quotient familial, donc j’harmonise, dans un premier temps, les assiettes, les bases, et puis ensuite je rapproche les deux impositions, et à la fin de la mandature il y aura un impôt unique sur l’ensemble des revenus.

Patrick COHEN

Avant la fin du quinquennat ?

François HOLLANDE

Avant la fin du quinquennat.

Patrick COHEN

Alain nous appelle de l’Oise au standard de FRANCE INTER. On me dit qu’on l’a perdu, alors on ne va pas avoir Alain, on va avoir Laurent qui nous appelle depuis l’Auvergne. Est-ce que Laurent est en ligne ? Bonjour Laurent.

Laurent

Laurent est en ligne, et il est ravi de pouvoir poser une question.

Patrick COHEN

Je vous en prie, nous aussi nous sommes ravis de vous entendre. François HOLLANDE vous écoute.

Laurent

Alors, monsieur HOLLANDE, très content de pouvoir vous poser cette question. Ça fait 30 ans que je vis avec mon ami, nous sommes un couple homo, et je voudrais savoir si dans le cadre des mesures que vous allez mettre en place rapidement, est-ce qu’on peut envisager de se marier en 2012, ou est-ce que ça va être une mesure que tout le monde va dire, allez, on reporte, ce n’est pas important, il y a des choses plus importantes ? Voilà ma question, et si je ne vous reparle pas, je vous souhaite très bonne chance.

Patrick COHEN

François HOLLANDE.

François HOLLANDE

J’ai pris un engagement, je le tiendrai, ou plutôt ce sera le Parlement qui votera cette égalité, puisque je considère que quels que soient les couples, ils doivent prétendre aux mêmes droits, et aux mêmes règles, et aux mêmes principes, donc le droit au mariage pour ceux qui veulent avoir cette forme de vie commune.

Patrick COHEN

Le nucléaire, François HOLLANDE, irez-vous à Fessenheim comme l’UMP vous y invite régulièrement, pour expliquer aux ouvriers employés de la centrale nucléaire votre intention de la fermer ?

François HOLLANDE

Pourquoi ai-je pris cette position, pourquoi ai-je dis que nous devrions atteindre, en 2025, une part du nucléaire dans la production d’électricité autour de 50% ? Parce que je considère que nous devons à la fois faire monter les énergies renouvelables, économiser l’énergie, diversifier nos sources d’approvisionnement, et en même temps il y aura des vieilles centrales qui viendront en fin de vie d’ici 2025. Sur le seul quinquennat, celui auquel je prétends devant les Français, il n’y aura qu’une seule centrale qui fermera, c’est Fessenheim. Pourquoi Fessenheim ? Parce que c’est la plus vieille de nos centrales, et qu’elle a été, à plusieurs reprises, considérée comme pouvant présenter des risques. Je ne dis pas que ces risques sont réels, je dis qu’il y a eu potentiellement des risques liés à la zone sismique sur laquelle elle est située. Je comprends parfaitement l’émotion des travailleurs de Fessenheim…

Patrick COHEN

Qui eux n’ont pas le sentiment de vivre un risque !

François HOLLANDE

Mais bien sûr, et qui font un travail excellent, et il y a eu des travaux d’ailleurs, sur la centrale de Fessenheim, parce que c’est la plus vieille de France, et en même temps je leur dis, tous leurs emplois, je dis bien tous leurs emplois, seront maintenus sur place, parce que nous aurons à démanteler cette centrale, et nous aurons à en faire une station expérimentale. C'est-à-dire que tous ces travailleurs, avec leur savoir-faire, leurs qualifications, pourront rester sur place et faire que cette centrale pourra, aux yeux du monde, être regardée comme l’une de celles qui aura été démantelée avec le plus d’efficacité et de sécurité. Parce qu’il y aura des démantèlements de centrales partout dans le monde, comme il y aura d’ailleurs des créations de centrales nouvelles, et la preuve, c’est que moi-même j’ai dit que pour Flamanville, centrale de troisième génération, le chantier qui a été ouvert sera bien sûr achevé. Donc j’essaye d’avoir une position équilibrée, pragmatique, et surtout volontariste, pour équilibrer le bilan énergétique de la France.

Patrick COHEN

Au standard d’INTER Thierry nous appelle depuis Cernay-en-Dormois, c’est en région parisienne, en Seine-et-Marne, c’est ça, non ?

Thierry

C’est dans la Marne.

Patrick COHEN

Dans la Marne, eh bien voilà. Bonjour Thierry, nous vous écoutons.

Thierry

Bonjour monsieur HOLLANDE.

François HOLLANDE

Bonjour.

Thierry

Dans la Marne, en Argonne précisément.

François HOLLANDE

Oui, je connais.

Thierry

Vous êtes venu à…

François HOLLANDE

Absolument.

Thierry

Je voulais simplement m’étonner que cette campagne ressemble de plus en plus à la campagne de l’élection d’un Premier ministre, puisqu’on ne parle que de choses très concrètes, et je sais qu’il faut parler à l’électeur, mais la politique étrangère est totalement absente du débat, est-ce à dire qu’il n’y aura aucune différence entre les deux candidats ? Est-ce à dire qu’aujourd’hui en Syrie on doit laisser les gens mourir dans le silence ? On ne nous parle pas de… tous les jours on entend le nombre de morts, on nous parle de morts comme s’il s’agissait de morts de la route, alors que les gens sont tués, et je suis vraiment surpris du silence, seul Bernard GUETTA est là pour, j’allais dire sauver l’honneur.

Patrick COHEN

Bernard GUETTA est comme nous…

Bernard GUETTA

Qui est très touché par votre question.

Patrick COHEN

Comme nous, journalistes, nous essayons, chaque fois que nous le pouvons, de poser ces questions aux invités politiques que nous avons devant nos micros, et on le fait instantanément, Thierry, auprès de François HOLLANDE. Vous avez entendu la chronique de Bernard GUETTA, les témoignages rapportés tout à l’heure par Bruno DUVIC, sur la Syrie.

François HOLLANDE

Et s’il y avait un sujet, qui permettait de nous rassembler tous, à l’occasion de cette campagne, c’est celui de la Syrie, parce que s’il y a une émotion à partager ensemble, c’est de constater la répression de ce régime, régime impitoyable, pas d’aujourd’hui, il y avait déjà un père ASSAD, qui avait écrasé son peuple, dans le silence total des chancelleries occidentales et des diplomaties. Je me rappelle aussi de la complaisance qu’avaient eu les régimes occidentaux, et notamment la République Française, à l’égard de ASSAD père, comme ASSAD fils. Dois-je rappeler, dois-je rappeler, que celui qui massacre son peuple, a été invité, le 14 juillet pour saluer les troupes françaises, par Nicolas SARKOZY.

Patrick COHEN

Il ne commettait pas d’exactions à ce moment-là.

François HOLLANDE

Il était déjà lui-même héritier d’un système qui avait commis des exactions, c’était déjà une dictature, et nous savions quelle était la violence de ce régime. Mais puis-je que j’ai dit qu’il était possible de nous rassembler aujourd’hui, moi je suis tout à fait prêt, puisque Bernard GUETTA évoquait cette initiative, à ce que tous les candidats, je dis bien tous les candidats, qui aujourd’hui se présentent devant le suffrage, prennent la même position de fermeté et…

Patrick COHEN

Sous quelle forme ?

François HOLLANDE

Dire que, pour ce qui nous concerne, nous sommes prêts à aider l’opposition syrienne, tous.

Patrick COHEN

Une prise de position commune, une tribune ?

François HOLLANDE

Ne parlons pas de tribune, mais au moins dire la même chose, d’ailleurs de ce point de vue je ne conteste pas la position de la diplomatie française en ce moment, qui fait ce qu’elle peut, le soutien à la Ligue Arabe qui est, à mon sens, dans la bonne direction, quand elle demande que les Casques bleus puissent venir en Syrie. Qu’est-ce qui bloque aujourd’hui, c’est finalement la responsabilité de deux pays, la Russie et la Chine, qui posent leur veto pour toute intervention des Nations Unies. Eh bien moi je mets, ce matin, en accusation, la Russie et la Chine par rapport à cette situation en Syrie, parce que ce sont ces deux pays, ce sont ces deux puissances, qui empêchent toute intervention des Nations Unies.

Bernard GUETTA

François HOLLANDE, deux questions. Est-ce que vous seriez prêt, là maintenant, à appeler, ou au moins souhaiter, qu’il y ait une manifestation unitaire, en France, à Paris, en soutien du peuple syrien ? Et deuxième question, si vous étiez demain président de la République, est-ce que vous approuveriez des livraisons d’armes aux insurgés syriens ?

François HOLLANDE

Sur le premier point, j’ai dit déclaration commune, ou en tout cas position commune, sans qu’il y ait besoin de négocier quoi que ce soit, et ça peut être pris à l’initiative d’une association qui se formerait pour cette circonstance. J’y suis tout à fait prêt. Faut-il une manifestation, à ce moment-là c’est aux parties d’en décider. Sur la question de la livraison des armes, vous avez vous-même donné ce que pouvait être, finalement, un appui aux insurgés, mais aussi un risque, finalement, d’aggravation de la guerre civile…

Bernard GUETTA

Les deux se plaident.

François HOLLANDE

Effectivement, je pense qu’il faut aider l’opposition, il faut reconnaître l’opposition, et faire en sorte qu’elle puisse effectivement pouvoir renverser ce régime, mais c’est très difficile, compte tenu de ce qu’est la force de l’Armée syrienne, de son caractère clanique, organisée avec un système parfaitement hiérarchique, et donc la meilleure des interventions c’est celle des Nations Unies, et je l’ai dit, qui bloque aujourd’hui l’intervention des Nations Unies, deux pays, la Russie et la Chine, que nous devons mettre en accusation.

Patrick COHEN

L’ONU où la France, doit garder son siège au Conseil de Sécurité, François HOLLANDE ? J’ai une question d’auditeur là-dessus, Henri du Finistère.

François HOLLANDE

Bien sûr que la France doit garder son siège au Conseil de Sécurité et son droit de veto, d’ailleurs elle n’exerce pas son droit de veto depuis des années, mais c’est toujours une possibilité de le faire. Elle doit garder son indépendance. La France est un pays qui doit rester indépendant dans ses décisions. Mais en même temps on voit bien qu’il y a un problème d’exercice du droit de veto, dans le Conseil de Sécurité, la preuve.

Patrick COHEN

Je voudrais qu’on prenne quelques instants pour que vous puissiez répondre à ce que disait tout à l’heure sur notre antenne l’ancien maire socialiste d’Hénin-Beaumont, Gérard DALONGEVILLE. Il a été mis en examen pour détournement de fonds et corruption, exclu du PS, il dénonce aujourd’hui dans un livre un système quasi-mafieux qui perdure depuis 30 ans dans le Pas-de-Calais, il affirme que vous ne pouviez pas ignorer la situation comme premier secrétaire du PS, et il vous appelle à nettoyer ce système pour que le PS soit un parti propre. Que lui répondez-vous François HOLLANDE ?

François HOLLANDE

Je ne connaissais rien, d’abord, de ses propres turpitudes, à ce monsieur, puisqu’il a été découvert de l’argent liquide dans son coffre de maire, ce qui n’est quand même pas une preuve, à mon avis, de bonne gestion, ou d’honnêteté. Donc, écoutez, que la justice fasse son travail, qu’elle aille jusqu’au bout. Moi je l’ai dit, ceux qui sont condamnés pour corruption, ne pourront plus exercer de mandat avant 10 ans, je renforce et je double même les peines sur cette question de la corruption. Je n’accepterai rien, si je suis le prochain président de la République, toutes ces peines seront renforcées.

Patrick COHEN

Oui, mais ça, ça vaut pour les cas isolés, pour les enrichissements personnels, mais là on parle de système de financement occulte…

François HOLLANDE

Enfin là, que la justice fasse son travail, moi je n’ai eu connaissance d’aucun financement occulte. Il n’y a pas besoin de financement occulte des partis, depuis que des lois sont entrées en vigueur, et si un parti commet un acte de financement illicite, il mérite la plus grave des sanctions.

Patrick COHEN

Quelques mots sur le climat de cette campagne, de ce début de campagne, je ne sais pas comment on doit dire, si on est au milieu ou au début…

François HOLLANDE

On n’est pas à la fin encore en tout cas.

Patrick COHEN

On n’est pas à la fin en tout cas François HOLLANDE. Les accusations réciproques de mensonges qui sont quotidiennes, pluriquotidiennes entre les deux camps, les deux principaux camps, le vôtre et celui de Nicolas SARKOZY, ça va continuer encore de longues semaines ?

François HOLLANDE

Moi je l’ai dit, je ne suis pas dans un échange de cours de recréation, ce n’est pas, c’est le premier qui l’a dit qui l’est, et ce n’est pas moi qui ai commencé. Je ne serai dans ce registre là, je laisse ça à Nicolas SARKOZY, mais moi je ne veux pas me situer sur ce terrain-là. Chacun doit présenter ses projets. J’ai dit ce qu’il fallait en penser, de ce qui nous ont été affichés hier, mystification, on reprend aux uns pour donner aux autres, et c’est d’ailleurs les mêmes, et rien n’est changé. Quand même, je pensais aux retraites-chapeau dont vous me parliez. Le groupe socialiste, à l’Assemblée nationale, comme au Sénat, a déposé des amendements pour supprimer les retraites-chapeau, pour supprimer les parachutes dorés, chaque fois la majorité les a refusés, et là, à la fin du quinquennat, Nicolas SARKOZY, dans la même émotion que pour le Fouquet’s, se dit « ah non, ce n’est plus supportable. » Eh bien je ne veux pas rentrer dans une logique où à la fin d’un mandat un candidat sortant fait exactement le contraire de ce qu’il a fait durant tout son mandat.

Patrick COHEN

En matière de mensonges il y a quand même quelques énormités, ou approximations dans votre livre, je le signale au passage François HOLLANDE.

François HOLLANDE

Allez-y.

Patrick COHEN

Page 44, le bilan fiscal du quinquennat, le paquet fiscal et les largesses qui ont suivi ont fait perdre à l’Etat 75 milliards d’euros par an.

François HOLLANDE

Oui, 75 milliards, c’est ce qu’il va coûter aujourd’hui dans la cumulation des sommes qui ont été perdues.

Patrick COHEN

Par an, est écrit dans votre livre.

François HOLLANDE

Non, c’est à la fin du quinquennat.

Patrick COHEN

Non, il est écrit 75 milliards d’euros par an.

François HOLLANDE

Oui, si c’est marqué par an, c’est à la fin du quinquennat.

Patrick COHEN

C’est une erreur. Oui, mais dans votre livre programme, c’est 50 milliards.

François HOLLANDE

Non, ce qui est 50 milliards c’est l’ensemble… sur ce que je propose…

Patrick COHEN

Dans votre livre programme il est écrit, en 10 ans la droite a accordé aux ménages les plus aisés plus de 50 milliards d’euros de cadeaux fiscaux. Alors 75, 50, et les experts disent entre 20 et 30.

François HOLLANDE

Non, 75 milliards, c’est les pertes de recettes fiscales cumulées depuis le début du quinquennat. 35 milliards c’est le paquet fiscal lui-même. Et 50 milliards, c’est l’ensemble des largesses fiscales aux plus favorisés.

Patrick COHEN

Oui, mais vous comptez dans les heures supplémentaires 18 milliards d’euros, ce n’est pas pour les plus riches.

François HOLLANDE

Ce n’est pas 18 milliards d’ailleurs d’euros pour les…

Patrick COHEN

Pour le quinquennat, si, sur le quinquennat...

François HOLLANDE

C’est pour le quinquennat…

(Brouhaha)

Patrick COHEN

Dix-huit milliards d’euros de…

François HOLLANDE

Et ça, ça peut toucher effectivement des entreprises qui n’avaient pas à avoir des exonérations de cotisations sociales pour des heures supplémentaires. Je l’assume parfaitement.

Patrick COHEN

Question de Jean-François ACHILLI.

Jean-François ACHILLI

Sur le climat de la campagne François HOLLANDE, que dites-vous des déclarations qui se multiplient à l’UMP, des soutiens de Nicolas SARKOZY, sur… qui lient, pardon, Pierre MOSCOVICI, le nom de Pierre MOSCOVICI, au volet lillois des affaires DSK ?

François HOLLANDE

C’est inadmissible de considérer que parce que Pierre MOSCOVICI a été un proche, comme l’on dit, de Dominique STRAUSS-KAHN, il aurait été informé de sa vie privée. Ecoutez franchement, il y a des règles dans le droit français, on n’est pas responsable de ses amis, et de leurs comportements privés. On n’est pas forcément informé. D’ailleurs qui l’était ? Donc je trouve que ça fait partie de ce que cette campagne charrie de pire, c'est-à-dire l’amalgame, la suspicion, la dénonciation. Enfin franchement, nous sommes dans une crise, nous sommes à un moment où le pays cherche son destin et sa voie, et voilà qu’on fait des polémiques de cette sorte ? Mais enfin, moi j’essaye de me situer à un autre niveau et je demande, si c’est possible d’ailleurs, à l’UMP, mais enfin elle nous a donné depuis plusieurs l’illustration de ses méthodes, d’avoir, pour les Français, davantage de respect.

Patrick COHEN

« Changer de destin » chez Robert LAFFONT, ça paraît aujourd’hui. Merci François HOLLANDE…

François HOLLANDE

Merci à vous.

Patrick COHEN

D’être venu nous présenter ce livre ce matin au micro de FRANCE INTER. 

 


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Par Yvon GRAIC - Publié dans : FH2012
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Mercredi 22 février 2012 3 22 /02 /Fév /2012 13:18

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L'idée de base de la

L'idée de base de la "TVA sociale" est assez simple : il s'agit d'un transfert d'un certain nombre de cotisations, actuellement payés par les salariés et les employeurs, vers la consommation.AFP/MYCHELE DANIAU

Sénatrice (PS) de Seine-et-Marne, Nicole Bricq est rapporteure générale de la commission des finances au Palais du Luxembourg. Dans un entretien au Monde,à propos du collectif budgétaire examiné par le Sénat mercredi 22 février, elle assure que la TVA sociale "n'aura pas d'effet significatif sur l'emploi" et fait valoirqu'"il n'y a pas lieu de légiférer".

Comment abordez-vous l'examen du premier collectif budgétaire de 2012 ?

Le projet de loi de finances rectificative pour 2012 nous est "balancé" en urgence, en pleine campagne présidentielle, alors que rien ne justifie cette précipitation. La TVA sociale est applicable en octobre ; la taxe sur les transactions financières le sera en août. Les dispositions sur l'apprentissage sont renvoyées à l'après-2013. Même le mécanisme européen de stabilité (MES) aurait pu se faire au moment du collectif budgétaire de juillet, après les élections. Le texte que nous examinons est inutile au moment où nous nous parlons et, par ailleurs, absurde sur le plan économique.

Votre homologue à l'Assemblée nationale, Gilles Carrez (UMP), a jugé que, grâce à ce collectif, la majorité actuelle laissera des comptes en ordre si elle perd les élections. Qu'en pensez-vous ?

Je suis en total désaccord avec cette affirmation. C'est effacer cinq ans d'un trait,oublier le péché originel de l'été 2007 et la fameuse loi TEPA sur le travail, l'emploi et le pouvoir d'achat. Ce quinquennat, Serge Dassault [sénateur UMP de l'Essonne] l'a bien résumé en déclarant qu'il fallait privilégier les riches, faute de quoi on n'aurait pas de croissance. La réalité est que le gouvernement aurait dû être attentif aux signes de dégradation apparus au début du quinquennat. Faute de l'avoir été, il a dû augmenter massivement les prélèvements obligatoires : 43milliards d'euros de plus entre 2010 et 2012!

Par ailleurs, le collectif prévoit 1,2 milliard d'euros d'annulation de crédits, pris exclusivement sur la réserve de précaution, mais c'est un cadeau empoisonné. L'exécution budgétaire montre qu'il reste très peu de crédits à annuler en fin d'année: 114 millions en 2010 et 228 millions en 2011.

François Hollande ne veut pas garder la TVA sociale. Que reprochez-vous à cette réforme?

La TVA sociale est injuste pour les plus modestes, qui verront leur pouvoir d'achatdiminuer et les prix augmenter, et elle n'a pas de sens économiquement. La baisse du coût du travail qu'elle est censée permettre ne réglera pas les problèmes de compétitivité hors prix d'une économie française pas assez innovante et ceux d'entreprises qui ne sont pas sur les marchés porteurs. Les dernières statistiques de la Commission européenne révèlent que la France a perdu 19,4 points de parts de marché depuis cinq ans et qu'elle se trouve au même niveau que Chypre et que la Grèce. De plus, rien ne dit que les entreprises baisseront leurs prix. Elles peuvent même profiter de la baisse du coût du travail pour reconstituer leurs marges ou les consolider.

Quant aux 100000 créations d'emplois qu'en espère la ministre du budget, Valérie Pécresse, on ne voit pas d'où elles sortent! En m'appuyant sur la méthodologie retenue par des études antérieures, du Trésor notamment, j'ai calculé que l'effet de la TVA sociale sur l'emploi oscillerait entre 20 000 destructions pures et simples de postes et 30 000 créations. Autrement dit, il n'y aura pas d'effet significatif sur l'emploi.

Garderez-vous la taxe sur les transactions financières ?

Nous étions contre la suppression de l'impôt de Bourse en 2008. Alors, cette taxe, nous la prenons, même si elle n'est en fait qu'un droit de timbre au taux cinq fois inférieur à ce qui existe aujourd'hui au Royaume-Uni.

Il existe une proposition européenne de taxe sur les transactions financières bien plus ambitieuse, dont le produit annuel est estimé à 57 milliards d'euros. Je crains que d'autres Etats européens ne suivent la France dans sa recherche d'un dispositif national a minima et que cela ne signe l'enlisement du projet de taxe européenne. Ce serait une véritable arnaque.

Que ferez-vous sur le Mécanisme européen de stabilité ? L'urgence et la solidarité vis-à-vis de la Grèce aujourd'hui et peut-être d'autres Etats demain ne commandent-elles pas de le voter ?

Le PS ayant toujours réclamé que le Fonds européen de stabilité financière (FESF) soit pérennisé, j'étais favorable au vote du texte portant création du MES. Mais la liaison établie entre ce texte et le futur traité européen, qui préconise de transposer, de "préférence" par la voie constitutionnelle, la fameuse règle d'or budgétaire, nous a posé problème. Finalement, la position du groupe socialiste du Sénat est de s'abstenir sur les deux textes.

Déposerez-vous des amendements au collectif budgétaires ?

Non. Nous déposons une motion de procédure – en l'espèce, une question préalable – et nous faisons valoir qu'il n'y a pas lieu de légiférer.

Propos recueillis par Claire Guélaud et Patrick Roger
Par Yvon GRAIC - Publié dans : FH2012
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Mardi 21 février 2012 2 21 /02 /Fév /2012 19:24

 

A perdre la raison
Alors qu'une fois de plus une nouvelle affaire vient embraser la campagne électorale du côté du Président-candidat ou du candidat-Président (c'est comme vous voulez) où l'on parle de parachutage de Jean-Louis Borloo, je me suis livré à un recensement des nominations de personnalités depuis 2007.

Quand François Hollande dénonçait dimanche "un Etat UMP", ce n'était pas une vue de l'esprit, loin s'en faut ! 

Pensez donc, depuis 10 ans au pouvoir, l'UMP en a placé des copains, des amis, des élus, des fonctionnaires zélés, etc... ne pas le reconnaitre serait parfaitement mensonger.
Mais quand François Hollande le dit, la sherpa sarkozyste de service, NKM en l’occurrence porte parole du candidat-président, a immédiatement dénoncé les propos François Hollande en affirmant qu'il "feint d'ignorer que le président Sarkozy a institué des contrôles de nominations".

Voyez vous ça, c'est à mourir de rire !

Comment croire un instant, par exemple, que les nominations de David Martinon comme Consul de France à Los Angeles et celle de Christine Boutin comme chargée de mission en charge d'études portant sur "les conséquences sociales de la mondialisation" aient répondu à de quelconques contrôles de nominations ?

Certes le président de la Cour des Comptes, Didier Migaud, et le président de l’AMF Jean-Pierre Jouyet sont socialistes mais pour 2 socialistes j'ai recensé 53 nominations et ou parachutages de personnalités UMP où très proches de Nicolas Sarkozy et du pouvoir. Alors en terme d'équilibre le compte n'y est pas.

Je vous présente donc mon travail de recensement des nominations des membres de l'UMP et des amis du pouvoirs. Je ne suis malheureusement pas exhaustif c'est certain, car c'est un long travail de fourmi, mais tout de même j'ai retrouvé 53 nominations et ou parachutages de personnalités UMP au cours des 5 dernières années. Vous observerez que certaines personnalités ont été nommées plus d'une fois.

Avant de prendre connaissance de cette liste je souhaite que chacun retienne ces propos désormais célèbres d'un candidat devenu Président il y a 5 ans:

"Je veux une République irréprochable. 

Le président de la République, c’est l’homme de la nation. Ce n’est pas l’homme d’un parti, ce n’est pas l’homme d’un clan. Je veux que les nominations soient irréprochables"


Voici les 53 nominations au cours des 5 dernières années, que j'ai retrouvées. Si jamais vous en connaissez d'autres, et il y en a, merci de me le signaler en commentaire.

Mai 2007 :

- Laurent Solly ex chef de cabinet de Nicolas Sarkozy au ministère de l'Intérieur et ex directeur adjoint de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007 est parachuté directeur général adjoint de TF1

Juin 2007 :

- Philippe Douste-Blazy ancien ministre UMP est nommé conseiller, chargé de mission auprès du président de la République

- Dominique Paillé est nommé conseiller auprès du Président de la République et promu secrétaire général adjoint de l'UMP puis nommé porte-parole de l'UMP.

Janvier 2008 : 

- Patrick Stefanini, ex Directeur de la campagne présidentielle de Jacques Chirac en 1995 est nommé secrétaire général du ministère de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire auprès de Brice Hortefeux

Février 2008 :

- Philippe Douste-Blazy ancien ministre UMP et chargé de mission auprès du président de la République est nommé conseiller spécial chargé des sources novatrices de financement du développement, auprès du Secrétaire Général des Nations Unies.

- Dominique Richard, député UMP est nommé nommé Commissaire à la CNIL

- Patrick Ollier député UMP (ministre actuellement), est nommé au Conseil d'administration de la SNCF "en raison de ses compétences".

- Jean-Paul Emorine sénateur UMP, est nommé au Conseil d'administration de la SNCF "en raison de ses compétences". 

Avril 2008 :

- Jacques Barrot ex président du nouveau groupe UMP à l'Assemblée nationale (jusqu'n 2004), est nommé au poste de commissaire à la Justice, à la Liberté et à la Sécurité aus ein de la commission européenne.

- David Martinon ex porte parole de de la présidence de la République est nommé consul général de France à Los Angeles

Juillet 2008 :

- Emmanuelle Mignon ex directrice du cabinet du président de la République Nicolas Sarkozy, est nommée conseillère auprès du président de la République, chargée des "états généraux de la presse", puis de la réforme territoriale.

Octobre 2008 :

- Pierre Mariani, ex directeur de cabinet du ministre du budget Nicolas Sarkozy (1993-1995), est nommé en à la tête de la banque franco-belge Dexia. 

 Février 2009 :

- François Pérol ex secrétaire général adjoint de la présidence de la République est nommé à la tête du groupe Banques Populaires / Caisses d'Epargne

Avril 2009 : 

- Patrick Stefanini, ex Directeur de la campagne présidentielle de Jacques Chirac en 1995 et ex secrétaire général du ministère de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire auprès de Brice Hortefeux est nommé Préfet de de la région Auvergne, préfet du Puy-de-Dôme.

Juillet 2009 :

- Boris BOILLON ex conseiller diplomatique de M. Nicolas SARKOZY, alors Ministre de l’Intérieure puis Conseiller « Afrique du Nord, Proche et Moyen Orient » à la Présidence de la République en mai 2007, esst nommé Ambassadeur de France en Irak

Août 2009 :

- Roger Karoutchi sénateur UMP est nommé au poste d'ambassadeur représentant permanent de la France près l'OCDE

Octobre 2009 :

- Jean-Pierre Raffarin sénateur, ex premier ministre est nommé  représentant personnel du président de la République pour la Francophonie

Décembre 2009 :

- Christine Boutin, ancienne ministre UMP est nommé chargée de mission en charge d'études portant sur "les conséquences sociales de la mondialisation". 

Février 2010 :

- Hubert Haenel, sénateur UMP du Haut-Rhin nommé au Conseil Constitutionnel

- Jacques Barrot nommé au Conseil Constitutionnel

Avril 2010 : 

- Bruno Beschizza ex syndicaliste commandant de police, élu conseiller général UMP, est nommé sous-préfet hors cadre

Octobre 2010 : 

Nominations au Conseil Économique Social et environnemental :

- Raymond Soubie ex conseiller social de Nicolas Sarkozy

- Jean-Paul Delevoye, ex médiateur de la République --> Président du Conseil Économique et Social

- Hugues Martin,  bras droit d'Alain Juppé à la mairie de Bordeaux

- Pierre Charon, ex conseiller de Nicolas Sarkozy

- Yves Urieta, ancien maire socialiste de Pau a rallié Nicolas Sarkozy et la majorité avec la Gauche moderne

- Jean-Marie Geveaux, ancien député UMP du Mans

- Christian Corne, conseiller général UMP de Vichy-Sud

- Guillaume de Russe, conseiller général UMP de Montmorillon

- Ange Santini, maire de Calvi, ancien président du conseil exécutif de Corse de 2004 à 2010

- Hugues Martin, ancien député-maire UMP de Bordeaux (2004-2006), bras droit d'Alain Juppé à la mairie de Bordeaux

- Claire Gibault, chef d'orchestre renommée, après avoir rejoint François Bayrou en 2004 elle rejoint Jean-Marie Cavada et le Nouveau Centre

- Hervé Marseille, maire et conseiller général Nouveau centre de Meudon

- Annick du Roscoat, ancienne présidente du CNI (2000-2009),

- Jean-Claude Etienne, sénateur UMP de la Marne

- Raymond-François Le Bris, haut-fonctionnaire très proche de Giscard d'Estaing

Autres nominations d'octobre 2010 :

- Alain Lambert ex sénateur UMP a été nommé conseiller-maître à la Cour des Comptes,

- Arno Klarsfeld ex candidat UMP aux législatives par ailleurs nommé par Nicolas Sarkozy (ministre de l’intérieur) en juin 2006 médiateur national concernant les expulsions d'enfants, est nommé conseiller d’Etat en service ordinaire

Décembre 2010 : 
- Rama Yade est nommée ambassadrice, déléguée permanente de la France auprès de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco)

Janvier 2011 :

- Dominique Paillé, ex secrétaire général adjoint de l'UMP et porte-parole de l'UMP est nommé président du Conseil d'administration de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii)

- Dominique Richard, député UMP est nommé médiateur du CSA

- Patrice Gélinet, ex patron de France Culture et ancien militant dans le mouvement d'extrême-droite Occident. aux côtés d'Alain Madelin et de Gérard Longuet est nommé membre du CSA

- Nicolas About ex sénateur Modem et Président du groupe Union centriste au Sénat ayant rallié Valérie Pécresse lors de régionales de 2010, est nommé membre du CSA

- Boris BOILLON ex conseiller diplomatique de M. Nicolas SARKOZY, alors Ministre de l’Intérieure puis Conseiller « Afrique du Nord, Proche et Moyen Orient » à la Présidence de la République en mai 2007, puis Ambassadeur de France en Irak, est nommé Ambassadeur de France en Tunisie.

Avril 2011 :

-  Jean-Michel Drevet, ex directeur de cabinet au ministère chargé de l'Industrie, Christian Estrosi est nommé Préfet des Alpes-Maritimes

- Alain Perret, ex directeur de la sécurité civile au ministère de l'Intérieur est nommé Préfet du Haut-Rhin

- Patrick Stefanini, ex Directeur de la campagne présidentielle de Jacques Chirac en 1995, ex secrétaire général du ministère de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire auprès de Brice Hortefeux est nommé préfet de la zone de défense et de sécurité Sud-Ouest, et préfet de la Gironde, là où Alain Juppé, dont il a été longtemps le collaborateur à Matignon et au RPR, est maire de Bordeaux.

Juin 2011 :

- Dominique Baudis, Député européen UMP, est nommé Défenseur des droits

Septembre 2011 :

- Renaud Muselier, Député UMP est nommé à la tête de l'Institut du monde arabe

Octobre 2011 :

 - Dominique Richard, député UMP est nommé au au Conseil Économique Social et environnemental 

Novembre 2011 :

- François Loos ex député UMP (Parti Radical) et vice-président du conseil régional d'Alsace est nommé au conseil d'administration de l'ADEME (Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie) dont il prendra ensuite la présidence

Février / Mars 2012 :

 - Jean-Luc Tavernier ex ancien directeur du cabinet d'Eric Woerth, sera nommé Directeur Général de l'INSEE

- Philippe Gustin ex directeur de cabinet du ministre de l’Éducation nationale, Luc Chatel est nommé ambassaduer de France en Roumanie

A ces 53 noms j'aurai pu ajouter :

- Frédéric Péchenard : Patron de la Direction générale de la police nationale et ami d'enfance de Nicolas Sarkozy

- Bernard Squarcini : Patron de la Direction centrale des Renseignements généraux et proche de Nicolas Sarkozy

- Philippe Courroye : ex Procureur de la République au TGI de Nanterre et ami de Nicolas Sarkozy,

Ces 3 personnalités ont la particularité d'être soit mises en cause soit mises en examen dans l'affaire Woerth-Bettencourt.

Enfin comment de pas oublier l’affaire de l’EPAD – Établissement public d’aménagement de la Défense – dont, rappelez vous,  la présidence devait revenir à Jean Sarkozy.

Ma conclusion sera donc simple, l'Etat UMP existe bien et comment en serait-il autrement après 10 années de présence au pouvoir. Rien ne sert de s'indigner parce qu'on le dit, au contraire, le dire n'est pas mentir et je pense même que NKM au lieu de faire censurer les comptes parodiques sur twitter et de s'époumoner stupidement contre François Hollande, ferait bien de dresser la liste exhaustive des nominations et parachutages depuis 10 ans car sans nul doute elle serait bien plus importante que la mienne.

 

Par Yvon GRAIC - Publié dans : Rétablir la vérité...
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Mardi 21 février 2012 2 21 /02 /Fév /2012 15:19

Ze Rédac

Nous n'avons que le pouvoir des mots !

Il y a comme une indécence à voir Nicolas Sarkozy jouer au candidat du peuple, à l’usine d’Alstom à Aytre près de La Rochelle. Visiter les chaînes de montage d’une usine qui va bien, s’attabler à la cantine  avec les ouvriers payés chaque fin de mois.

Quel courage lui faut-il pour affronter ce site où tout se passe pour le mieux dans le meilleur des mondes possible et c’est heureux.

Et Ségolène Royal ne s’y est pas trompée, qui a épinglé, dans le train qui la menait à La Rochelle, le manque de courage d’un candidat qui évite soigneusement d’aller à Florange qui va fermer  ou à Gandrange  qui attend encore le premier résultat de ses promesses présidentielles.

Et François Hollande ne s’y est pas trompé, qui a déclaré Dimanche soir sur BFM TV “je ne me laisserai pas donner la leçon par celui qui n’a pas tenu ses promesses à Gandrange “.

Il y a comme une indécence à le voir, dès potron-minet, disserter à Rungis de la viande Hallal, en sortant son appeau à volaille frontiste du 1er tour comme si ce faux débat, cette vilaine polémique lancée par la ” Le Pen-Adams Familly ” avait un sens. Donner du sens à un non sens : la belle démagogie que voilà.

Il y a comme une indécence à entendre vociférer Nathalie Kosciusko-Morizet, toute nouvelle porte parole du candidat , déclamant à gorge déployée que ” Ségolène Royal veut criminaliser le débat politique ( maisquoidoncestce? ) et que François Hollande veut organiser une chasse aux sorcières chez les hauts fonctionnaires ( recsic ) il faudrait peut être apprendre à NKM à ajuster ses tirs, pour le moment totalement incompréhensibles pour les gens normaux . C’est aussi délirant que Nadine Morano mais beaucoup moins drôle.

Il y a surtout une indécence à voir cette droite répéter en boucle, en creux, en long et en travers que la gauche n’aime pas la France. Vieille réthorique extrême droitière à laquelle il est bon d’opposer une question simple. Aimer la France, c’est d’abord ne pas abîmer la République.

Qui abîme la République ? Le chômeur qui galère ou le ministre qui se fit offrir 12.000 euros de cigares.

Qui abîme la République ? L’ouvrier qui se révolte au point de vouloir faire sauter son usine ou le gouvernement qui fait des ristournes de dizaines de millions d’euros aux familles les plus riches?

Qui abîme la République ? Le cadre moyen qui tire sur la corde ou le système qui protège les généreux donateurs de l’UMP?

Qui abîme la République ? Les ouvrières de Lejaby, les ouvriers de New Fabris ou Monsieur Woerth ?

Qui abîme la République ? Celui qui détruit les emplois industriels et les postes dans l’éducation nationale ou celui qui veut ré-industrialiser et embaucher 60.000 personnes dans l’éducation nationale.

Qui abîme la république ? Les journaliste qui font leur travail ou ceux qui les écoutent, les surveillent et les menacent?

Qui abîme la République ? Les Roms ou celui qui prononce le discours de Dakar et celui de Grenoble à 3 ans d’intervalle ?

Qui saccage notre rêve républicain, et donc nous mêmes puisque nous sommes la République ?

Est-ce la gauche ? Non. C’est la droite, c’est Nicolas Sarkozy qui peut chanter son amour de la France. Aimer c’est agir disait Victor Hugo. Tout le reste n’est que fadaises et contes pour enfant.

Oui il y a comme une indécence à voir se balader ce drôle de petit bonhomme, les mains dans les poches, le nez en l’air, le voir arpenter ce pays comme si de rien n’était, en Docteur Nicolas et Mister Sarkozy, deux jumeaux dont l’un aurait gère pendant 5 ans un pays que l’autre semblerait découvrir .

Grotesque et indécent.

Par Yvon GRAIC - Publié dans : Présidentielle 2012
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Mardi 21 février 2012 2 21 /02 /Fév /2012 13:25

 


Sarkozy à La Rochelle : Royal dénonce un... par LeNouvelObservateur

A BORD DU TGV PARIS-LA ROCHELLE (Reuters) - Ségolène Royal a dénoncé mardi la "mise en scène" de la campagne de Nicolas Sarkozy, qui "va dans les endroits où ça va bien, pas dans les endroits où ça va mal."

En prélude à la visite du président-candidat qui devait passer la journée en campagne à La Rochelle et ses environs, la présidente socialiste de Poitou-Charentes, revenue pour l'occasion dans sa région, lui a reproché d'oublier "la France qui souffre".

Nicolas Sarkozy a prévu de visiter une usine Alstom, où il doit notamment s'adresser aux ouvriers et déjeuner à la cantine, avant de se rendre dans l'après-midi dans un village sinistré après le passage de la tempête Xynthia en février 2010.

"C'est une mise en scène parce qu'il va dans une entreprise qui va bien, Alstom", a déclaré Ségolène Royal lors d'un point de presse improvisé à bord du TGV Paris-La Rochelle.

"Un déjeuner à la cantine d'ArcelorMittal, là ce ne serait pas une mise en scène, ça serait du courage . Qu'il ait du courage de retourner là où il a fait des promesses et où les promesses n'ont pas été tenues", a-t-elle ajoutée en faisant référence à la mobilisation des salariés lorrains du groupe sidérurgique qui redoutent la fermeture de l'aciérie de Florange après celle de Gandrange.

Il s'agira de la deuxième visite en trois ans de Nicolas Sarkozy à l'usine Alstom d'Aytré, près de la Rochelle, un groupe qu'il a contribué à sauver en 2004 au prix notamment de négociations tendues avec la commission européenne.

Soulignant que la bonne santé d'Alstom tenait aussi aux commandes de trains passées par les régions sous présidence socialiste, elle a reproché à Nicolas Sarkozy d'ignorer pour son déplacement les salariés des Fonderies du Poitou, en redressement judiciaire, de l'équipementier automobile New Fabris, aujourd'hui disparu, ou du fabricant de lingerie Aubade, qui a délocalisé une activité l'an passé.

"Ce matin, il a été à Rungis mais pendant cinq ans il a oublié les Français qui se levaient tôt (...) Il voudrait faire oublier en 60 jours tous les dégâts qu'il a commis en cinq ans mais les Français ne se feront pas avoir cette fois-ci", a-t-elle ajouté.

Yann Le Guernigou, édité par Patrick Vignal

Par Yvon GRAIC - Publié dans : Présidentielle 2012
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