Ségolène Royal a évoqué les principales nouveautés de ce sommet :
"Ce qu'il y a de nouveau à Copenhague, c'est que les 2 plus grands pollueurs de la planête seront présents
et se sont engagés sur des objectifs chiffrés (même si on peut penser qu'ils sont insuffisants
et qu'ils doivent évoluer au cours du sommet). Et la deuxième innovation de ce sommet,
c'est que pour la première fois les régions du monde sont invitées. C’est à dire que le principe du
Ségolène Royal, dimanche, à La Couronne en Charente (Sipa)
Réchauffement planétaire et science du climat Par Pierre Morel, fondateur du laboratoire de météorologie dynamique (CNRS)
Pierre Morel dresse l’historique des connaissances en matière de changement
climatique depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours. Il revient sur les données chiffrées à interpréter avec beaucoup de prudence selon lui : « Si les informations paléo-climatiques
récoltées par les scientifiques donnent des pistes de recherches, elles n’apportent en revanche pas d’explication sur les changements climatiques ». Retransmission de l’intervention de
Pierre Morel en octobre 2009 au Bureau des longitudes.
La dimension oubliée du développement durable avec Ghislaine
Alajouanine, présidente de la Commission Galien
N’oublions pas la dimension sociale et humaine du développement durable ! Cette troisième dimension est laissée de côté au profit de l’économique et de l’environnement. Et pourtant, les techniques de télé-santé perrmettent aujourd’hui une parfaite assistance à la personne et la France pourrait se situer en grand champion de ce marché prometteur. Explications avec la présidente de la Commission Galien, Ghislaine Alajouanine, correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques.
L’environnement sur Canal Académie A l’occasion du Sommet de Copenhague en décembre 2009
Le traité de Kyoto arrive à expiration fin 2012. Le nouvel accord international qui d
oit se décider à Copenhague devrait couvrir la période 2013-2017. Cliquez et écoutez sur Canal Académie les interventions de Yann Arthus-Bertrand, Erik Orsenna, Claude Allègre, Yvon le Maho, Michel Petit, Jacqueline de Romilly et bien d’autres encore !
Allons-nous vers la disparition de la santé solidaire ? La question se pose avec de plus en plus d’acuité pour les militants, même si elle n’est pas ressentie avec la même intensité dans l’opinion.
Car, dans les associations, nous recensons de plus en plus de témoignages de personnes qui se plaignent de l’augmentation de leur reste à charge alors qu’elles bénéficient du régime des affections de longue durée. D’autres, de plus en plus nombreux, observent qu’ils sont globalement de moins en moins remboursés pour leurs soins courants. Enfin, pour une intervention chirurgicale ce n’est plus seulement la carte vitale qu’il faut sortir, mais la carte bleue !
L’opinion ressent donc clairement que le filet de sécurité face à un aléa de santé est en train de se défaire, même si ce sentiment ne s’est pas encore structuré comme une protestation. L’objectif du Collectif interassociatif sur la santé est d’offrir la possibilité aux uns et aux autres de mesurer les enjeux d’une baisse de la protection solidaire face à la maladie ou son transfert vers des régimes d’assurances privés. Notre objectif est aussi de permettre l’expression de propositions structurées.
Car nous en avons terriblement besoin. Le Haut conseil pour l’avenir de l’assurance maladie (HCAAM) a d’ailleurs fait ressortir que pas moins de 3 milliards d’euros avaient été transférés ces dernières années de l’assurance maladie vers les régimes complémentaires, sans discussion publique. Et puis, la création du secteur optionnel, qui va encore accentuer les transferts de charges vers les complémentaires se fait aussi à la sauvette, sans associer les premiers concernés, alors que c’est aux députés et aux sénateurs de décider sur des sujets aussi importants.
En effet, ces questions ne sont pas sans conséquences sur la vie quotidienne des Français quand ils ont besoin de soins.
D’abord parce que la multiplication des forfaits, franchises et autres déremboursements constitue un recul de la prise en charge solidaire qui atteint certains usagers de plein fouet. C’est particulièrement le cas de tous ceux qui ne peuvent s’acheter une protection complémentaire parce qu’ils ont des revenus trop modestes. C’est le cas de tous ceux vivent avec des minima sociaux et qui sont malgré tout au dessus du seuil de la CMU, telles que les personnes bénéficiaires de l’allocation aux adultes handicapés (AAH) ou de l’allocation de solidarité aux personnes âgées par exemple. Même avec l’aide publique à l’acquisition de la complémentaire santé (ACS) nombreux sont ceux qui ne peuvent pas envisager une telle dépense, y compris parmi la majorité de nos concitoyens qui travaillent mais dont les salaires restent assez modestes et qui n’ont pas la chance de bénéficier d’une mutuelle de groupe proposée par leur employeur. En effet, qui peut se permettre de consacrer facilement 30 à 40 € par mois et par personne à charge pour une mutuelle lorsqu’il gagne le SMIC ou même parfois moins avec le développement des contrats à temps partiel non choisis par l’employé ?
Avoir accès aux soins dans de bonnes conditions de prise en charge est en train de devenir un luxe.
Ensuite, parce que là où la cotisation d’assurance maladie est proportionnelle au salaire, la prime d’assurance complémentaire est fixe. Le transfert des charges de l’assurance maladie vers les complémentaires accentue donc les inégalités devant la santé. Au moment où nos concitoyens ont de plus en plus de difficultés pour acheter une assurance complémentaire et où nous avons déjà 5 millions d’entre eux qui n’en disposent pas, est-il nécessaire de renforcer les inégalités d’accès à la santé ?
Enfin, parce que ce faisant on n’apporte pas de réponse structurelle durable à la question du manque de ressources pour l’assurance maladie de base. Or, la recherche de financements nouveaux est indispensable pour faire face à l’augmentation inéluctable de la dépense de santé en raison de l’allongement de la durée de la vie et de la montée des maladies chroniques. Des voix commencent à s’élever pour que même dans une conjoncture difficile comme celle que nous traversons, notre pays accepte de rompre avec le dogme de la non-augmentation des prélèvements obligatoires. C’est ainsi que le Président de la Cour des Comptes a formulé en octobre de cette année 2009 des propositions dans ce sens.
Il faut dès maintenant engager le débat car si nous ne faisons rien le système de santé solidaire va être progressivement réduit à peau de chagrin. En lieu et place, nous aurons dans 10 ou 20 ans un système privé, à l’américaine : exactement le chemin inverse de celui que se propose de faire le Président Obama dans son pays.
Pour l’instant, tous les ans, un peu de la couverture solidaire disparaît de façon indolore. C’est la technique de la grenouille dans la casserole d’eau : si on la plonge dans l’eau bouillante, elle s’en aperçoit et saute. Si on la met dans l’eau froide et que l’on augmente la température régulièrement (comme en réduisant la couverture maladie solidaire tous les ans) on peut espérer qu’elle ne s’aperçoive de rien !
AVANT D’ETRE COMPLETEMENT « CUITS », ENGAGEONS LE DEBAT !!!
La première était humoristique puisque non seulement les organisateurs de l'Institut Montaigne n'avaient rien trouvé de mieux que d'installer leur colloque à l'Ecole militaire, lieu symbolique s'il en est de l'identité nationale, mais ils avaient poussé la malice jusqu'à obliger l'impétrant à se sortir d'un labyrinthe fait de bâtiments, de cours intérieures, de couloirs et d'escaliers. Déjà que l'absence de Nicolas Sarkozy – remplacé au débotté par François Fillon –, les défections de Patrick Braouzec et de quelques autres rendaient le menu moins affriolant, voilà qu'il fallait s'époumoner dans un environnement martial et parsemé de gardes du corps pour trouver l'amphithéâtre qui accueillait les travaux. Le parcours du combattant valait réponse à la question du jour. «Qu'est-ce qu'être français?»: à l'évidence, savoir trouver son chemin sans jamais ni désespérer ni perdre son souffle. Une métaphore, et pas seulement pour tous les Mouloud et autre Sana du coin.
La seconde était anecdotique. Après quelques échanges polis à la tribune entre Eric Besson, le ministre de l'Immigration, Louis Schweitzer, le président de la Halde, Thiome Niang, l'ex-directeur adjoint de la campagne de Barack Obama et Eugène-Henri Moré, le maire adjoint de La Courneuve, un jeune issu de l'immigration comme on dit, prend la parole. Il se présente, musulman et républicain. Français depuis son premier jour. Un brin bravache, il interroge sur l'impression qu'il a de devoir toujours se justifier de vivre dans ce pays, il rappelle l'état de service patriotique de ses aïeux et interroge à son tour le ministre. La question est alambiquée, très polie là encore, mais elle fait ressortir qu'Eric Besson est arrivé en France à 17 ans après avoir passé sa jeunesse au Maroc, et elle suggère que la «grille de lecture» du ministre, liée à cette identité, a peut-être un rapport avec la manière dont le ministre conduit son action. En clair, si le fait d'avoir été «pied-noir» comme on disait jadis, pouvait expliquer son attitude et ses prises de position. Eric Besson commence par s'étrangler, se reprend en invoquant l'humour et finit par reconnaître qu'il existe effectivement «une hiérarchie d'appartenance». Un outing en direct. L'identité d'Eric Besson par lui-même. Un: français. Deux: «méditerranéen effectivement, avant d'être européen». Trois: européen. On apprend qu'Eric Besson a toujours une partie de lui-même de l'autre côté de la belle bleue. Juste un petit moment du colloque assez éclairant et qui – de surcroît – l'a amené à préciser sa conception: «Chacun assume son histoire – personne ne demande à quiconque de se renier – mais ensuite il appartient aux nouveaux arrivants de se fondre dans notre vieux modèle d'intégration-assimilation républicain.» Toujours la dialectique du colonisateur et du colonisé.
Quelques minutes avant l'interpellation du jeune homme, le ministre s'était interrogé sur la capacité de la France à rester une terre d'intégration et avait posé la question de savoir si l'Islam était compatible avec la démocratie. Oubliant qu'il n'y a pas si longtemps – au XXe siècle – la République avait envoyé la troupe pour faire céder les congrégations religieuses catholiques réfractaires à la loi de 1905. Que l'Islam – puisqu'il n'est question que d'elle – est devenue la seconde religion de France. Oubliant surtout que nombre de personnes, comme le jeune qui allait l'interpeller peu après, avaient en poche un passeport tout ce qu'il y a de plus français et qu'il allait falloir un jour avoir aussi un discours à leur endroit, une autre promesse que l'intégration et l'assimilation à la sauce de la France éternelle, ses clochers, son camembert, ses héros... quelque chose en rapport avec l'égalité réelle des chancesMais il y a eu l'intervention du premier ministre. Sur fond de votation Suisse contre les minarets, de possible loi en France contre le port de la burqa, de propos racistes dans toute une partie de l'opinion française exacerbée par le débat sur l'identité, François Fillon a voulu calmer le jeu. «Je préfère des mosquées ouvertes à des caves obscures», a-t-il dit. «Quant aux minarets, qui sont d'ailleurs assez peu nombreux en France, je dis simplement qu'ils doivent s'inscrire de façon raisonnable et harmonieuse dans notre environnement urbain et social.» Reprenant la ligne dictée par Nicolas Sarkozy lors du Conseil des ministres de mercredi dernier, François Fillon en a appelé à «un islam de France, contre un islam qui s'impose en France». Ce «qui doit être combattu, c'est l'intégrisme, mais surtout pas les musulmans. Il ne faut pas tout confondre», a-t-il ajouté. «Il est normal et légitime que les pratiquants puissent exercer leur foi dans des conditions dignes.»
A cet égard, la sortie de François Fillon espère clore la phase qui a commencé dimanche soir dernier avec le vote helvète. Elle veut à la fois calmer les milieux religieux et rassurer jusque dans les rangs de la majorité ceux qui craignent un embrasement du débat sur l'identité. Et cette opération de déminage n'est peut-être pas terminée. De plusieurs sources gouvernementales ce vendredi, Nicolas Sarkozy se tiendrait prêt à intervenir pour faire baisser encore la température si besoin.
Mais si François Fillon a bien tenté l'apaisement sur les sujets d'actualité, il s'est surtout inscrit dans une tradition de la droite républicaine la plus dure. Discours de bonne facture certes, mais incroyablement connoté. Plus encore que celui Nicolas Sarkozy dans la Drôme, à La Chapelle-en-Vercors le 12 novembre dernier.
La question de la nation d'abord, omniprésente tout au long du discours, «notre protection», «notre tremplin», la nation comme cadre démocratique indépassable, la France ensuite et «son rôle original dans le monde» auront constitué les deux piliers sur lesquels toute la pensée du Premier ministre est articulée. Curieux homme et étrange manière de planter le décor. Qui peut se retrouver dans cette géographie et dans cette histoire d'un autre âge? Le ton a été mordant, guerrier, invoquant «l'énergie nationale», coupant court au renoncement («il faut être fier pour se projeter»), valorisant le patrimoine («comment s'intégrer s'il n'y a rien à intégrer»), vantant l'unité («65 millions de Français doivent faire bloc»), vilipendant les «républicains de circonstance, les patriotes de hasard», ceux qui s'égarent, qui sifflent La Marseillaise.
L'anti-France n'a qu'à bien se tenir: «Je ne crois pas que l'on puisse, en France, prôner un régime démocratique exemplaire et en même temps entretenir par ses mots, ou par son incivisme, le discrédit du pays.(...) Aujourd'hui, dans nos stades, dans nos cités, parmi nos élites, émerge parfois la tentation de défier la République en affichant le mépris de nos symboles.» Une antienne comme on en entend rarement.
A la fin de son propos, le premier ministre a penché dans la confession, s'estimant davantage citoyen que premier ministre, parlant d'un rapport «charnel» avec son identité française, accordant à la laïcité toute son importance mais se sentant le continuateur d'un «vieil héritage chrétien». Appuyant tout cela de références symptomatiques: Marc Bloch (toujours la même phrase citée par François Fillon et Nicolas Sarkozy: «Il est deux catégories de Français qui ne comprendront jamais l'histoire de France, ceux qui refusent de vibrer au souvenir du sacre de Reims ; ceux qui lisent sans émotion le récit de la fête de la Fédération»), Chaunu, Richelieu, Napoléon, Braudel, Bainville. Certes, Voltaire ( et pas seulement parce qu'il a participé à la traite négrière), Hugo, Sartre ont été appelé à la barre des témoins, mais comment ne pas voir que c'est encore et toujours la même France et que si elle a bien entendu existé, cette France là enferme si on ne lui en ajoute pas une autre, des autres, qui ont participé tout autant et qui sont antillaise, algérienne, juive, ...et qui ont des noms, des visages, des apports. Et qui surtout correspondent à la sociologie et aux modes de vie de la France d'aujourd'hui. Mystère de cet aveuglement.
En tout cas, Jacques Bainville, le collaborateur de Charles Maurras, un homme d'extrême droite, cité par un premier ministre français, il y avait longtemps! Une France par l'Etat, par la langue, par le sang, le grand roman national.
Où peut mener un discours aussi coupé du réel?Tout a paru concentré dans cet entre soi, blanc, chrétien, confortable et au fond complètement daté. Le mythe n'a pas d'âge? Peut-être. Mais il a son utilité. Pas un mot pour la richesse produite depuis les années 1970 par des générations d'étrangers et maintenant de Français issus de l'immigration, qui ne sont pas devenus tous footballeurs ou chanteurs. Pas une perspective pour un brassage des populations qui ne va cesser de s'amplifier avec la mondialisation. Uniquement l'agitation d'un fantôme, la menace de ce que l'identité a de plus intime, de plus singulier: la religion. Une religion, l'islam, qui est ici pour toujours et dont on ne voit pas où mène de la pointer du doigt de la sorte. Six millions de personnes sont potentiellement concernées.
Comme le souligne Jean-Pierre Raffarin, «l'identité, ça ne peut pas être une réflexion de comptoir». A l'issue du discours du premier ministre, ça ne peut pas non plus s'ancrer sur une réalité totalement passée et dépassée. De ce point de vue, si le colloque de l'Institut Montaigne a apporté sa pierre au débat sur l'identité nationale (Mediapart aura l'occasion d'y revenir), la journée s'achève par une interrogation. A quoi sert ce débat s'il divise et aiguise les outrances? Jacques Bainville prétendait qu'«en politique, ce qui est inutile est souvent nuisible».
06.12.09 | 10h50
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