vous trouverez ici la contribution que nous déposons au Parti socialiste le 2 juillet. Elle est le résultat d’un long travail
collectif, d’une large participation de militants, de chercheurs et de femmes et d’hommes politiques.
Vous pouvez y apporter votre signature en cliquant sur le lien prévu à cet effet. Soyons nombreux à porter le changement avec nous.
»
« Le Parti socialiste doit intégrer toutes les nouvelles formes de militantisme et d’engagement citoyen, ainsi que les
réussites du travail des élus locaux. Il doit aussi décider efficacement, avec le sens de la discipline collective. Quelles nouvelles règles communes pour y parvenir sereinement
? »
« Les peuples du Nord doivent être protégés de la concurrence internationale sans que les peuples du Sud ne soient victimes
du protectionnisme. Avec quelles nouvelles règles ? »
« Il faut rééquilibrer le rapport de force entre le travail et le capital par une meilleure répartition du profit. Quels
contre-pouvoirs dans l’entreprise ? »
« Il faut pousser l’agilité des entreprises, le goût du risque et l’esprit d’entreprendre, tout en améliorant la situation
des salariés et leurs sécurités sociales. Avec quel compromis ? »
Bertrand
Delanoë était, samedi 31 mai, l'invité de Franz-Olivier Giesbert, sur France 5. Le maire de Paris est en tournée de promotion pour un ouvrage intitulé De l'audace, publié chez Robert
Laffont. Il affirme que l'exercice qui consiste à courir d'un plateau de télévision à l'autre pour parler de lui et de son livre l'assomme.
Il ne s'en tire pourtant pas si mal.
On commence par sa jeunesse et son éducation. Elles furent donc catholiques. "Une similitude avec Ségolène Royal",
commente "FOG", sardonique. "Beaucoup de Français ont eu la même !", riposte le maire de Paris. Le ton de l'entretien est donné, badin. Tout le monde, ou presque, sait que Bertrand
Delanoë a passé son enfance à Bizerte, en Tunisie, alors protectorat français. Sa mère était donc catholique, son père athée. "Déjà, petit, on m'a habitué à la liberté", commente
l'intéressé. Il assume l'héritage moral et culturel de son éducation catholique, mais il a, sur ce plan-là, plutôt choisi les idées de son père. Il a "perdu la foi" vers l'âge de 16 ans.
Il continue à voir avec plaisir les religieuses qui l'ont élevé à Bizerte, pour parler avec elles de toutes sortes de sujets. Mais les choses sont claires : il n'est pas croyant. Il se dit
agnostique plutôt qu'athée.
"Comme Ségolène, vous faites l'éloge du libéralisme politique", insiste "FOG". La comparaison répétée avec Ségolène
Royal agace le maire de Paris. Elle s'impose pourtant. Ils sont tous les deux candidats au poste de premier secrétaire du Parti socialiste. Ils briguent aussi l'un comme l'autre, ouvertement pour
elle, beaucoup plus discrètement pour lui, l'élection présidentielle de 2012. Cette affaire de libéralisme est le sujet de bien des conversations et la manne des magazines depuis quelques
jours.
Pour résumer, Bertrand Delanoë et Ségolène Royal ont les mêmes idées. Ils sont tous les deux favorables aux libertés
politiques et à l'économie de marché. Ils sont simplement en concurrence pour la rue de Solférino et pour l'Elysée. Le premier a donc décidé de frapper très fort en se déclarant libéral, ce qui
surprend toujours dans la bouche d'un socialiste. La seconde a bien été obligée de réagir en se découvrant socialiste, ce qu'elle avait totalement oublié pendant sa campagne présidentielle. C'est
un jeu de rôle qui est surtout drôle pour le public, qui n'est pas dupe.
Bertrand Delanoë est donc libéral et socialiste. Ségolène Royal n'est plus libérale depuis qu'il s'est proclamé tel, et elle
est redevenue socialiste pour essayer de le doubler par la gauche. C'est amusant. Un peu compliqué aussi, si l'on s'en tient strictement aux idées. C'est parfaitement lumineux dès lors qu'on a
compris qu'il ne s'agissait que de deux ambitions parallèles, d'ailleurs légitimes.
Sondage LH2-nouvelobs.com, les sympathisants socialistes n'ont pas encore départagé l'ex-candidate à la présidentielle et le maire de Paris dans la course pour la
tête du PS.
Ségolène Royal et Bertrand Delanoë (Sipa)
Selon
notre sondage exclusif LH2-nouvelobs.com, rendu public lundi 2 juin, Dominique Strauss-Kahn obtient nettement la faveur des Français comme meilleur leader de la gauche au cours des années qui
viennent. 26% des personnes interrogées (21% chez les sympathisants de gauche et 28% chez les sympathisants socialistes) estiment qu'il serait le meilleur leader de la gauche dans les années
qui viennent. Viennent ensuite Ségolène Royal (13% pour l'ensemble des personnes interrogées, 21% chez les sympathisants de la gauche et 22% chez les sympathisants PS) et Bertrand Delanoë (13%
pour l'ensemble des personnes interrogées, 13% chez les sympathisants de la gauche et 16% chez les sympathisants PS).
En revanche, Bertrand Delanoë arrive en tête sur l'ensemble des personnes interrogées sur la question: "A votre avis, qui
serait le meilleur dirigeant du PS au cours des années qui viennent?". Le maire de Parisobtient 23% (contre 17% début mai) devant Ségolène Royal (16% contre 15% début mai), Martine Aubry (9%
contre 8% début mai), Laurent Fabius (7%), Pierre Moscovici (5%), Julien Dray (3%), Arnaud Montebourg (4%), Manuel Valls (6%) et François Rebsamen (1%).
Parmi les sympathisants socialistes, c'est Ségolène Royal qui arrive en tête avec 29% (+3) devant Bertrand Delanoë à 26% (+8), Martine
Aubry et Laurent Fabius, à 8% tous les deux.
Concernant la bataille annoncée Royal-Delanoë, 60% des sympathisants PS jugent que Ségolène Royal est la plus déterminée contre 30% pour Bertrand
Delanoë. 58% jugent que l'ex-candidate à la présidentielle est la plus attentive aux questions sociales contre 32% au maire de Paris. 46% la jugent plus rassembleuse contre 47% pour Bertrand
Delanoë. Cependant, 46% des sympathisants PS jugent que le maire de Paris serait un meilleur président de la République contre 41% pour Ségolène Royal.
Sondage réalisé les 30 et 31 mai par téléphone auprès d'un échantillon de 998 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus
(méthode des quotas). Notice détaillée à la Commission des sondages.
LYON (Reuters) - Le maire (PS) de Lyon, Gérard Collomb, s'est félicité lundi de la victoire du candidat
Modem, Thomas Rudigoz, qu'il avait investi dans la cantonale partielle du cinquième canton de Lyon jusqu'alors détenu par l'UMP.
"Dans la continuité de notre victoire auxmunicipales, cette élection montre que la stratégie de rassemblement est gagnante", a analysé le maire de Lyon dans une conférence de
presse.
"On ne peut gagner que dans le rassemblement, c'est une ligne que je défends depuis une vingtaine d'années au PS, même si j'ai
rencontré un certain nombre de difficultés pour l'imposer", a-t-il précisé en présentant cette stratégie d'ouverture au centre comme "le modèle lyonnais".
Fort de ces succès aux municipales et aux cantonales, le sénateur-maire de Lyon souhaite porter ce "modèle lyonnais" lors du
congrès du PS de novembre prochain.
"Ce qui vrai pour l'agglomération lyonnaise, peut être vrai au plan national", considère Gérard Collomb. "Cette stratégie peut
nous permettre de l'emporter au niveau national".
Il considère également que le PS ne "s'intéresse pas assez aux problématiques de développement durables ainsi qu'aux questions
économiques pour être crédible".
"Une ligne de fond sociale-réformiste et la question du rassemblement, c'est cette ligne que je veux défendre à travers le
modèle lyonnais," a répété celui qui prépare actuellement une contribution en vue du congrès du PS en novembre.
Il est déjà rejoint par Jean-Noël Guérini, président du Conseil général des Bouches-du-Rhône et Vincent Feltesse, président de
la communauté urbaine de Bordeaux et espère encore convaincre avec son positionnement d'autres responsables de grandes collectivités locales.
"La rénovation de ce parti ne se joue pas dans quelques centrales parisiennes", a-t-il lancé.
Mots doux. «Nous sommes tout simplement socialistes, sans besoin d’y ajouter d’autre qualificatif. Cela se suffit à soi-même. Ceux qui ont honte de le dire
n’ont rien à faire dans notre parti», a balancé Martine Aubry, ciblant Bertrand Delanoë, qui se définit comme «libéral et socialiste». Visiblement impatiente de solder l’année 2007,
elle s’est aussi payée Ségolène Royal : «Je n’ai rien dit, mais je ne me suis pas sentie bien. On avait oublié que le politique, c’est donner une vision, un sens et pas demander à chacun ce
qu’il veut»,a-t-elle lancé, ciblant la «démocratie participative» de l’ex-candidate, tout comme son «ordre juste» : «Il faut remettre la phrase dans le bon
ordre et dire qu’il n’y a pas d’ordre sans justice !»
Et à Lille pendant ce temps là.......
Mais est-elle au courant de ce qui se passe dans sa ville ???
Lille est la ville du dialogue et de la participation. Plus de 1000 Lillois participent aux instances de concertation permanente. Lille
est une des premières villes à avoir créé en France des conseils de quartier, dès 1978, 25 ans avant que la loi ne les impose aux villes de plus de 60 000 habitants. Au cours de ce mandat, depuis
2001, sous l’impulsion personnelle de Martine Aubry maire, avec Pierre de Saintignon, premier adjoint, délégué à la démocratie participative, avec Annick Georget présidente de la commission
municipale et tous les élus lillois, le dialogue et la concertation ont été développés avec les habitants sous de multiples formes.
A Lille, la démocratie participative s’appuie sur trois niveaux démocratiques :
- des lieux de proximité : les conseils de quartier et le conseil municipal d’enfants,
- des lieux de concertation au niveau de la ville : le Conseil Communal de Concertation, les commissions extra municipales, office municipal des
sports , commission de la vie nocturne, instance gérontologie, agenda 21, etc.
- des lieux de démocratie directe : les Forums Citoyens et Ateliers Urbains de proximité.
(...)Ainsi donc la politique , ce serait mettre en avant des valeurs, oui là nous
sommes d'accord. Donner une vision, donner un sens là on est d'accord. Mais quand elle explique que ce n'est pas
demander à chacun ce qu'il veut... pour pourvoir s'engager derrière lui. Là elle prend le militant pour de la simple chair à canon, celui
qui colle les affiche et ferme sa gueule. Celui qui vote comme l'élite le demande et ne se pose pas de question et ne donne pas son avis basée sur son expérience. Non pour cette génération de
politiques, le militant ne peut pas être expert dans un domaine, sinon il serait élu. C'est ça le drame de ce parti d'élus qui croient détenir toute vérité, même quand des vieux cocos de 83
ans les dégomment.
La politique désormais, c'est écouter les militants,
les sympathisants, leur demander leur avis et décider en accord avec eux. Ca n'exclue pas de leur donner une vision ou un sens, de guider les débats, et de trancher une fois le processus
fini.
C'est ça la démocratie participative, et c'est bien
sur une autre vision que celle de troupeaux de vice-présidents en nombre.Ca ne nie pas le rôle de l'élu, ça le rapprochera de ses électeurs, de ses soutiens, de ses amis. Alors pourquoi les
cadres du PS sont ils contre ? Ils méprisent déjà les intellectuels et les chercheurs, les voilà prêt à mépriser leurs propres militants. Tout ça alors que le besoin est de travailler
ensemble, de décentraliser les débats, de passer en mode 2.0, de faire confiance aux expertises non élues. tout en inventant le socialisme démocratique du 21e siècle. Ce ne sont pas les élus
du BN du PS qui vont pouvoir mener ces chantiers tout seuls.
Vincent Peillon était l'invité de Florent Guignard dans l'émission "Sur un air de campagne" sur Radio France Internationale.
RFI : "Libéral", c'est un gros mot chez les socialistes ?
Vincent Peillon : Pour répondre à cette question, il faut opérer un détour par l'Histoire des
idées. En 1830, la devise du mouvement socialiste, alors en pleine éclosion, était "Plus de libéralisme impuissant". Le libéralisme - entendu comme la doctrine de l'émancipation de la
personne, des droits de l'individu, de 1789 - se voyait en effet contesté par ceux-là même qui avaient mené, depuis une trentaine d'années, le combat pour les libertés. Pourquoi une telle
évolution ? Parce que ces intellectuels se sont rendus compte que revendiquer uniquement les libertés ne suffisait pas : seuls quelques-uns jouissaient des libertés acquises quand une
majorité en était écartée.
Ces militants des libertés ont ainsi jugé nécessaire de compléter la doctrine libérale par la notion d'égalité. Or, le
socialisme, ce n'est rien d'autre que cette même idée. Ce n'est rien d'autre que le constat qu'il faille créer les conditions de la liberté pour que chacun puisse être réellement libre.
Autrement dit, c'est précisément pour réaliser ces libertés qu'on a construit le socialisme ! Sans l'intervention de la puissance publique, les politiques d'éducation de masse, etc., nous
serions dans ce que Maurice Merleau-Ponty appelait la "mystification libérale" : les libertés pour quelques-uns et pas pour les autres. Le socialisme n'est ainsi en rien l'antithèse du
libéralisme, mais son dépassement.
Je l'ai souvent dit, il ne faut donc pas laisser les libertés aux libéraux : ce serait une erreur majeure, tant
stratégique qu'historique ! Malgré cela, cette doctrine - qui inclut la visée des libertés mais qui n'oublie pas que, pour que les gens soient libres, il faut mettre en œuvre un certain
nombre de choses - porte un nom : et ça s'appelle le socialisme ! Il n'y a donc pas de raison de s'appeler aujourd'hui "libéraux" : c'est une question qui a été réglée en 1830...
Je note par ailleurs avec amusement que tout le monde réclame toujours des débats intellectuels, mais que le jour où une
telle question fondamentale arrive dans le débat politique, on nous dit que c'est un faux débat, une querelle de mots. Or, j'insiste : c'est un vrai débat ! Car tant que l'on ne répondra
pas dans notre société à la demande d'égalité - notre problème majeur depuis 30 ans -, on restera dans la mystification de libertés qui ne valent que pour quelques-uns : est-il nécessaire
de rappeler que seule la moitié des enfants partent en vacances, que le système éducatif est en échec, ... ?
Pour une fois, nous avons un débat idéologique intéressant qu'il va falloir trancher.
PARIS (AFP) — L'eurodéputé PS Vincent Peillon, proche de Ségolène Royal, a annoncé jeudi que l'ex-candidate à la
présidentielle présenterait "le 28 juin" ses orientations pour le congrès de Reims devant "plusieurs milliers de personnes".
"Le 28 juin", Ségolène Royal, "qui n'est pas une femme seule comme je l'entends partout", va "présenter ses orientations pour
le congrès socialiste mais aussi pour la France", a déclaré M. Peillon sur LCI.
"Il y aura tous ceux qui y ont participé, c'est-à-dire des milliers de personnes, mais aussi des intellectuels, des artistes,
des grands élus, des militants", a-t-il précisé.
Auparavant, le député européen avait dénoncé "le jeu de fléchettes" visant toutes les têtes qui dépassent au Parti socialiste.
"Ce jeu de massacre, ça suffit, les Français trouvent ça pitoyable, la droite ricane", a-t-il estimé.
Le député européen a jugé que François Hollande était le "premier responsable d'un jeu qui dure depuis des années et qui
consiste en permanence à ne pas valoriser ses propres amis, à les dresser les uns contre les autres pour finir dans des conglomérats mous où nous n'avons pas parlé d'idées".
Il a appelé à faire en sorte que le congrès de Reims soit "réellement un congrès de refondation, de la nature du congrès
d'Epinay". "Pour cela, a-t-il poursuivi, il faut cesser toutes ces petites manipulations, ces reconstructions, ces mélanges de la carpe et du lapin".
M. Peillon a reconnu que Bertrand Delanoë avait le mérite d'avancer ses idées et de ne pas être "pour l'instant dans les
arrangements et la manipulation". En revanche, il a conseillé à Martine Aubry de "ne pas tomber dans ce piège".
Alors que chaque jour parait dans les quotidiens nationaux un article sur Bertrand Delanoe,
Martine Aubry, les reconstructeurs (et moins souvent sur Ségolène Royal), ladynamique autour des prétendants a du mal à s'enclencher...
Conséquence : les proches de Delanoe ou de Aubry parlent sans cesse (pour ne pas dire à tort et à travers) à la presse (certainement de peur qu'on les
oublient)!
Dernière en date à s'exprimer? Elisabeth Guigou qui s'est engagée au côté de Bertrand Delanoë...
Mais qu'a donc à (nous) dire de si intéressant l'ancienne garde des Sceaux? Oh! Trois fois rien...elle essaye juste de faire en sorte que Bertrand Delanoe puisse se
déclarer (ie : essayer de lui assurer la victoire!)
Comment?
En nous assurant que Bertrand Delanoë et Martine Aubry sont faits pour s'entendre. Extraits : "Ils sont très amis, ils s'apprécient et se parlent beaucoup. J'espère au final qu'il y aura des rapprochements" a
assuré l'ancienne garde des Sceaux mardi sur LCI.
«J'espère que cela se produira" (un rapprochement Delanoe/Aubry), indique toutefois Élisabeth Guigou. "Auparavant, chacun va être sur sa contribution mais après, rien n'est exclu.»
Manque de pot, du côté du pôle des reconstructeurs, dont Martine Aubry pourrait prendre la tête, Claude Bartolone est plus prudent sur un éventuel
rapprochement avec Bertrand Delanoë. «Aucun des deux n'a envie que leur relation dégénère car cela ferait le jeu de Ségolène Royal», explique l'artisan du rapprochement entre fabiusiens et
strausskahniens.
Les perceptions de ces déclarations stratégiques au sein du PS?
À l'approche du congrès, certains au PS redoutent la multiplication des manœuvres, à l'instar de Gaëtan
Gorce. Mardi soir, lors du bureau national du Parti socialiste, il a lancé une virulente mise en garde. «On est saisi d'effroi quand on réalise que tout cela va encore durer
pendant près de six mois et que les débouchés prévisibles seront soit un affrontement sans issue, soit un arrangement sans contenu. Il faut en sortir et en sortir vite !», a assuré le
député de la Nièvre. «Pour déjouer les manœuvres de congrès et les arrangements d'appareil», il a proposé, avec Manuel Valls et le délégué national du parti aux questions stratégiques, Louis
Gautier, «de voter, le même jour et en même temps, pour les motions et pour notre premier secrétaire». La meilleure manière, selon eux, d'éviter que le congrès de Reims ne débouche
sur un clash, comme à Rennes en 1990, ou sur une synthèse molle, comme au Mans en 2005
Et Ségolène Royal dans tout cela?
La présidente du Poitou-Charentes continue son petit bonhomme de chemin en multipliant déplacements sur le terrain, contacts avec des parlementaires, réunions de travail au sein de la
région...
Plutôt que de parler à la direction et aux cadres du PS, Ségolène Royal a décidé de parler aux militants (comme
elle l'a fait à Bordeaux, le week-end dernier) et aux Français (comme elle l'a fait lors de son débat sur la laïcité à Rennes, lors de son rendez-vous avec des blogueurs, lors de sa déclaration sur Total...)
En résumé, pour Ségolène Royal, il s'agit d'entrer dans le congrès en s'appuyant avant tout sur les militants, de la même manière qu'elle avait conquis l'investiture
socialiste pour la présidentielle de 2007.
Conclusion : La base du parti, le terrain et les militants contre la Rue de Solferino, l'appareil et les cadres, voilà
l'affrontement qui se dessine pour le congrès de Reims...
A la suite de l'interview de Vincent
Peillon par Christophe Barbier sur LCI, l'AFP publie la dépêche suivante :
Peillon : Royal présentera le 28 juin ses orientations pour le congrès du PS
PARIS, 12 juin 2008 (AFP) - L'eurodéputé PS
Vincent Peillon, proche de Ségolène Royal, a annoncé jeudi que l'ex-candidate à la présidentielle présenterait "le 28 juin" ses orientations pour le congrès de Reims devant "plusieurs milliers
de personnes".
"Le 28 juin", Ségolène Royal, "qui n'est pas une femme seule comme je l'entends partout", va "présenter ses orientations
pour le congrès socialiste mais aussi pour la France", a déclaré M. Peillon sur LCI.
"Il y aura tous ceux qui y ont participé, c'est-à-dire des milliers de personnes, mais aussi des intellectuels, des
artistes, des grands élus, des militants", a-t-il précisé.
Auparavant, le député européen avait dénoncé "le jeu de fléchettes" visant toutes les têtes qui dépassent au Parti socialiste. "Ce jeu de massacre, ça suffit, les Français trouvent ça
pitoyable, la droite ricane", a-t-il estimé.
Le député européen a jugé que François Hollande était le "premier responsable d'un jeu qui dure depuis des années et qui
consiste en permanence à ne pas valoriser ses propres amis, à les dresser les uns contre les autres pour finir dans des conglomérats mous où nous n'avons pas parlé d'idées".
Il a appelé à faire en sorte que le congrès de Reims soit "réellement un congrès de refondation, de la nature du congrès d'Epinay". "Pour cela, a-t-il poursuivi, il faut cesser toutes ces
petites manipulations, ces reconstructions, ces mélanges de la carpe et du lapin". M. Peillon a reconnu que Bertrand Delanoë avait le mérite d'avancer ses idées et de ne pas être "pour
l'instant dans les arrangements et la manipulation".
En revanche, il a conseillé à Martine
Aubry de "ne pas tomber dans ce piège".
Le Figaro.fr tire un papier intéressant de cette interview de Vincent Peillon :
Je trouve toujours très intéressant d'assister à un évenement politique et de le voir ensuite décrit dans la presse. Faites-en vous même l'expérience, ce 28 juin, à la Maison de la Chimie à Paris, la réunion est ouverte à tous. (Sources : AFP, LCI, Le Figaro)
Deux heures et demie de discussion entre socialistes sans même évoquer - si ce n'est de manière
cursive et parfaitement consensuelle - le congrès de Reims. Cela s'est passé dans la soirée du jeudi 19 juin au Mans, dans les locaux de la fédération de la Sarthe.
A l'invitation de l'association locale Désirs d'Avenir, qui regroupe les partisans de Ségolène Royal, et de la fédération
du PS (ndlr. et oui , des Fédérations du PS intelligentes ça existent) , Jean-Louis Bianco, député des Alpes de Haute-Provence, et Stéphane Le Foll, député européen et bras droit de
François Hollande, ont fait assaut d'amabilités sur le thème de la construction européenne "de gauche". "Nous sommes capables de dégager une majorité forte sur ce sujet",
affirme le premier, "royaliste" convaincu, alors que le second acquiesce, rappelant que le PS se définit comme "un parti européen" dans sa nouvelle déclaration de
principes.
"GUÉGUERRES INTERNES"
Les interventions du public seront consacrées à l'évolution comparée du cours du baril en euros et en dollars, aux causes du
non irlandais au référendum sur le traité de Lisbonne, à l'adhésion de la Turquie à l'UE ou à l'orientation de l'aide au développement. Des prochaines échéances statutaires, il ne sera pas
question. "Alors que Sarkozy est en train de nous faire faire revenir à une réglementation sociale d'avant 1936, personne n'a envie de se complaire dans nos guéguerres internes", assure
Nicolas Landy, nouvellement élu conseiller municipal au Mans.
En avril, la fédération de la Sarthe avait pourtant créé un petit incident diplomatique en refusant d'octroyer des salles de
réunion à Désirs d'Avenir. Tout paraît être rentré dans l'ordre. "Ceux qui ont peur de Ségolène Royal sont ceux qui ont peur du renouveau", affirme Emmanuel Dubois, responsable
départemental des partisans de l'ancienne candidate socialiste à l'élection présidentielle, pas mécontent d'avoir réuni plus de 70 militants dans une ambiance aussi apaisée.
A ses côtés, Nelly Heuzé, conseillère générale du Mans et "ségolâtre" assumée - elle avait organisé "les 24 heures du Mans
pour Ségolène", une marche par équipes à travers la ville avant le premier tour de l'élection présidentielle -, ne s'inquiète "absolument pas" d'être la seule élue locale à avoir
ouvertement apporté son soutien à Mme Royal dans la perspective du congrès. "J'ignore ce qui se passera à Reims mais, dans les fédérations, il y aura des alliances
locales qui se concluront indépendamment de ce qui se sera négocié au plan national", assure Mme Heuzé qui évoque "un phénomène de double appartenance chez certains
militants". Qu'est-ce à dire ? "Vous savez, il y a des gens, comme moi, qui sont très "François et Ségolène"", répond Claude Beilin, enseignante retraitée et ardente supportrice de
la présidente de la région Poitou-Charentes dont elle avoue pourtant "ne pas du tout aimer les citations à connotation biblique".
Un axe Royal-Hollande ? Hypothèse largement prématurée, certifie M. Bianco. "Lorsqu'en septembre, François Hollande
annoncera le nom du candidat qu'il soutient pour lui succéder - et ce ne sera ni Ségolène Royal ni Bertrand Delanoë -, il perdra 70 % de ses soutiens", assure l'ancien ministre des
affaires sociales.