"Quelque chose s'est levé qui ne s'arrêtera pas,
ce que nous avons commencé ensemble,
nous allons le continuer ensemble"
- le 17 mai à la section du Havre (9rue Georges Braque ) de 14h à 17h
« Le Parti socialiste doit intégrer toutes les
nouvelles formes de militantisme et d’engagement citoyen, ainsi que les réussites du travail des élus locaux. Il doit aussi décider efficacement, avec le sens de la
discipline collective. Quelles nouvelles règles communes pour y parvenir sereinement ? »
-le 24 mai à la section du Havre (9rue Georges Braque ) de 14h à 17h
richesse ?
à la Maison de la Lombardie, 50 rue Leverrier, sur les Hauts de Rouen
je vous souhaite la bienvenue sur ce site participatif. Il répond à l'initiative que nous avons lancée, en vue du Congrès du Parti socialiste, pour lancer un débat de qualité, serein, utile aux Français. Je compte sur vous pour le faire vivre et apporter vos idées. Elles nous permettront de composer une belle contribution dont nous serons toutes et tous co-auteurs !
Ségolène Royal
Analyse de Jérôme FOURQUET (Directeur adjoint du Département Opinion Publique de l'Ifop) et Mayeul l'HUILLIER.
(Paul Alliès est professeur de science politique à l'université de Montpellier I)
Les résultats des élections municipales et cantonales qui viennent de se dérouler sont interprétés à l’aune des logiques
partisanes, comme si la raison de ces scrutins n’avait de sens que dans la compétition entre les formations politiques à l’échelon national.
C’est sans doute une dimension nécessaire mais bien insuffisante car elle masque un déficit démocratique aggravé. (Paul Alliès est professeur de science politique à l'université de Montpellier I). Ces élections locales sont en effet réputées être l’allégorie de la « démocratie de proximité » du fait du très grand nombre de communes (36 782) et du vivier d’élus (500 000) qui les administre de manière souvent désintéressée. Le maire, nous disent les sondages, serait l’élu le plus aimé des Français. Et pourtant les élections de ces deux derniers dimanches ont vu l’abstention progresser encore (2 points de plus qu’en 2001) de telle sorte que les municipales sont celles qui sont, avec les Européennes et les régionales, les plus désertées de toutes. Dans plusieurs villes grandes ou moyennes, jusqu’à 62% des électeurs inscrits, vivant souvent dans les quartiers populaires, ne se sont pas déplacés. Ce symptôme est celui d’un mal plus profond, celui d’une crise rampante des institutions représentatives de la République. Il n’y a pas qu’au centre et au sommet que les choses ne vont plus : l’hyperprésidentialisme nous a déjà ravalé au dernier rang des systèmes politiques de l’Union Européenne. La réforme des institutions, instruite par le comité Balladur, ne changera rien à cet état de fait et l’aggravera peut-être. Mais la périphérie n’échappe pas à cette loi d’airain du bonapartisme, pour trois raisons au moins.
D’abord la démocratie délibérative dans les conseils municipaux, généraux et régionaux est à peu près absente, en tout cas de bien moindre intensité qu’à l’Assemblée nationale, c’est tout dire. La présence d’une opposition, voulue par le législateur n’a rien changé. Les assemblées sont totalement dominées par le chef de l’exécutif qui préside lui-même les conseils (comme si le Président de la République présidait aussi l’Assemblée nationale). Il devient le maître des adjoints qu’il nomme et révoque à sa convenance alors que lui reste « intouchable ». Du coup, même, et surtout, les majorités élues perdent de vue leur mission de proposition, de contrôle et de critique qui est au principe du « gouvernement représentatif » (voyez le beau livre de Bernard Manin). La séparation des pouvoirs n’est plus assurée et les maigres contre-pouvoirs s’étiolent. Les chambres régionales des comptes exercent tant bien que mal un contrôle des finances locales ; mais les associations d’élus comme le gouvernement en place leur reprochent d’agir « en opportunité » et travaillent à réviser à la baisse leur statut...la suite ici
Il est vrai que l'Italie est aujourd'hui dans un triste état : une démographie comateuse, une industrie en recul, un chômage persistant, des universités mal placées dans la course à l'économie de la connaissance, des élites internationalisées qui se désintéressent de leur propre pays, une immigration incontrôlable, un Etat impuissant face aux sociétés criminelles du Mezzogiorno. Ce n'est pas un hasard si la Ligue du Nord d'Umberto Bossi, autonomiste, xénophobe et anti-européenne, obtient un succès retentissant en Vénétie et en Lombardie, après que le gouvernement Prodi s'est révélé incapable de résorber la montagne d'ordures napolitaines, fruit d'un fructueux trafic de la Camorra.
La ligne politique de Berlusconi est plus que jamais une ligne populiste alimentée, selon l'analyse de Marc Lazar, par les frustrations du Nord et les peurs du Sud. D'un côté, les petits industriels, commerçants, artisans mais aussi ouvriers de la partie septentrionale du pays, de l'autre, les femmes au foyer, les personnes âgées, les couches sociales défavorisées inquiètes de la modernisation, dans la partie méridionale.
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Tout, pourtant, n'est pas négatif dans le vote très clair qui vient d'avoir lieu. D'abord, grâce à la prime majoritaire contenue dans la loi électorale, Berlusconi, demain, à la différence de
Prodi hier, va disposer pendant cinq ans d'une majorité stable. La tendance à la bipolarisation est très nette dans un pays où se mouvaient récemment, selon certains décomptes, jusqu'à 39 partis
politiques. Désormais, quatre seulement seront représentés au Parlement, le PDL de Berlusconi, le PD (Parti démocrate) de son adversaire de gauche Walter Veltroni, la Ligue du Nord à l'extrême
droite et, au centre, la petite Démocratie-chrétienne résiduelle de Ferdinando Casini. Cet échec des centristes qui voulaient échapper à la logique bipolarisante Berlusconi-Veltroni n'est pas une
bonne nouvelle pour François Bayrou. L'écrasement de la coalition «arc-en-ciel», communistes- Verts, qui a pratiqué à l'égard de Prodi la politique du pire, en est une très mauvaise pour Olivier
Besancenot. Partout en Europe, les électeurs de gauche estiment en effet que leur camp a déjà trop de difficultés pour se payer le luxe de surenchères plébéiennes et d'utopies
paléontologiques.
Les temps sont durs pour une gauche européenne qui dominait la scène pendant les années 1990. En France et en Italie, la droite est solidement installée aux affaires; en Allemagne, la grande coalition tourne à l'avantage d'Angela Merkel; au Royaume-Uni, Gordon Brown est au plus bas dans l'opinion publique. La conjoncture est contre la gauche et, quelle que soit la tactique employée, son noyau électoral oscille entre 40% et 45% du corps électoral.
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Le Nouvel Observateur
Edito
Le contraste est frappant entre la bonne santé des droites européennes et l'ambiance plus que morose qui domine le premier anniversaire de l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, le 6 mai 2007. En Italie, la droite ne s'est pas contentée de gagner les législatives, elle vient de s'emparer de la municipalité de Rome. A Londres, un an avant des législatives menaçantes pour le Labour de Gordon Brown, un conservateur, pourtant réputé fantaisiste, l'a emporté sur le solide maire travailliste. En France, au contraire, les élections municipales de mars ont été ravageuses pour le parti du président.
Ce n'est pas que la gauche ait moins de vague à l'âme ici que chez nos voisins. Au contraire. M. Sarkozy aurait pu célébrer les succès européens de sa famille de pensée, en même temps que l'anniversaire de sa victoire, s'il n'avait suscité durant cette première année de présidence une énorme désillusion.
Les Français ont cru voter pour un politique énergique, qui semblait décidé à faire redémarrer un pays atone, voire bloqué, et qui avait su les convaincre, en particulier les plus modestes d'entre eux, qu'il améliorerait leur situation personnelle. Or, rien n'a fonctionné comme prévu. Arrivé à l'Elysée avec plus d'atouts que la plupart de ses prédécesseurs, le chef de l'Etat les a gâchés avec presque autant d'énergie qu'il avait mis à les obtenir. Hier conquérant et triomphant, le voilà décrié, affaibli, empêtré. Les premières mesures du "paquet fiscal" ont donné le signal désastreux d'une politique qui semblait faite "pour les riches", tout en privant le budget de masses financières précieuses. La conjoncture économique internationale n'a rien arrangé depuis. Au lieu du solide professionnalisme qu'on prêtait au président, amateurisme, bricolages et cafouillages ont dominé l'action de l'exécutif. Sans parler du mélange des genres entre vie privée et fonction présidentielle.
Il reste quatre ans à M. Sarkozy pour réparer les dégâts. Faute de quoi, après le regain d'intérêt, presque de passion, pour la politique qu'a permis l'élection présidentielle, il porterait une lourde responsabilité. Celle d'avoir, une nouvelle fois, creusé le fossé entre le peuple et ses dirigeants.










