Désirs d'Avenir 76 Comité de Seine-Maritime
 
 
Avec Ségolène Royal nos Désirs d'Avenir continuent !
 
 

Ségolène Royal

"Quelque chose s'est levé qui ne s'arrêtera pas"" Ségolène ROYAL Paris, le 6 mai 2007
 

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Le 6 mai et après 
avec Ségolène !

"Quelque chose s'est levé qui ne s'arrêtera pas,
ce que nous avons commencé ensemble,
nous allons le continuer ensemble" 


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Dans votre commune, votre quartier , Créez votre comité !
 
     
3 Dates à retenir :
  1/A l'initiative d'Alain MAIRE animateur DA 76 le Havre , deux réunions dans le cadre de la consultation participative "pour un congrès utile et serein" nous vous invitons le:

 

        -  le 17 mai  à la section du Havre  (9rue Georges Braque )  de 14h à 17h

« Le Parti socialiste doit intégrer toutes les nouvelles formes de militantisme et d’engagement citoyen, ainsi que les réussites du travail des élus locaux. Il doit aussi décider efficacement, avec le sens de la discipline collective. Quelles nouvelles règles communes pour y parvenir sereinement ? »

-le 24 mai à la section du  Havre (9rue Georges Braque ) de 14h à 17h

    « Le socialisme ne peut pas se contenter d’aménager le capitalisme financier à la marge : comment produire et répartir  autrement la
 richesse ?
_______________________________________________________________________________________

 2/ Débat public sur l’Agglo de Rouen prévu initialement le vendredi 16 mai 20h30 , est reporté au Jeudi 22 mai
à la Maison de la Lombardie, 50 rue Leverrier, sur les Hauts de Rouen

Chères amies, chers amis,  
je vous souhaite la bienvenue sur ce site participatif. Il répond à l'initiative que nous avons lancée, en vue du Congrès du Parti socialiste, pour lancer un débat de qualité, serein, utile aux Français. Je compte sur vous pour le faire vivre et apporter vos idées. Elles nous permettront de composer une belle contribution dont nous serons toutes et tous co-auteurs !

                                                                 Ségolène Royal

Mardi 23 octobre 2007

Le pouvoir d'achat est un sujet de controverse récurrent en France depuis que le passage à l'euro, en 2002, a amplifié l'écart entre ce que disent les chiffres et ce que ressent l'opinion. Le chef de l'Etat en fait une "priorité nationale" et le gouvernement lui consacre, mardi 23 octobre, une conférence sociale.
http://www.linternaute.com/acheter/dossier/pouvoir-achat/index-pouvoir-achat.jpg

Les statisticiens de l'Insee sont formels, le pouvoir d'achat devrait, selon eux, progresser pour la troisième année consécutive : + 1,7 % en 2005, + 2,3 % en 2006, + 2,8 % en 2007. Quant à l'inflation, elle reste historiquement basse malgré une légère remontée en septembre (+ 1,5 %). Les ménages ont néanmoins du mal à se convaincre de la sagesse des prix quand ils voient valser les étiquettes de la baguette ou des yaourts. Et ils sont nombreux à penser qu'avec l'euro leur pouvoir d'achat s'est réduit comme une peau de chagrin.

Un net ralentissement depuis 2003. Qu'en est-il vraiment ? Sur une longue période, le pouvoir d'achat des ménages - c'est-à-dire l'ensemble de leurs revenus, net d'impôts et corrigé de la hausse des prix des produits consommés - a eu tendance à augmenter de moins en moins vite. Il a évolué grosso modo au même rythme que la croissance du produit intérieur brut (PIB) : à vive allure entre 1959 et le premier choc pétrolier (+ 5,7 % par an), beaucoup plus modérément depuis 1975 (+ 2,1 % par an).

Si l'on s'en tient aux dix dernières années, le constat est plus net encore. De 1998 à 2002, relève l'Insee dans l'édition 2007 de L'Economie française, le pouvoir d'achat a augmenté d'environ 3,4 % en moyenne par an, avant de retomber à 1,9 % par an entre 2003 et 2006. Autrement dit, les années Jospin ont été plutôt fastes et le quinquennat chiraquien a constitué une période de vaches maigres.

15,1 % de smicards. Ce ralentissement s'explique par la modération salariale mise en place dans les entreprises à la suite des deux chocs pétroliers et du tournant de la rigueur de 1983, puis des 35 heures, mais aussi par la persistance d'un chômage massif. Conséquence : dans le revenu disponible brut des ménages, le poids des revenus d'activité, salaires en tête, a baissé, passant de 77 % à la fin des années 1970 à 70 % depuis le début des années 1990.

Au fil du temps, la société s'est "smicardisée". La proportion de salariés rémunérés au niveau du salaire minimum est passée de 8,6 %, en 1991, à 15,1 % en 2006, ce qui constitue un record. A cette date, 27 % des travailleurs à temps complet des secteurs privé et semi-public, cantonnés aux emplois bénéficiant à plein des allégements de charges, touchaient moins de 1,3 smic. En ajoutant à ce stock celui des précaires (intérimaires, CDD, temps partiels), on n'est probablement pas loin du chiffre de 37,8 % de salariés percevant moins de 1,3 smic retenu par l'Insee en 2002.

42,6 % d'augmentation des plus hauts revenus. Cette "smicardisation" du salariat, d'une ampleur inédite en Europe, ne suffit pas, toutefois, à rendre compte de la réalité de l'évolution des revenus. Un chercheur de l'Ecole d'économie de Paris, Camille Landais, a montré que les hauts revenus avaient très fortement augmenté entre 1998 et 2005, à la différence des revenus moyens et médians. Ainsi, les 3 500 foyers les plus riches de France - sur un total de 35 millions de foyers fiscaux -, qui ont déclaré, en 2005, un revenu moyen de 1,88 million d'euros, ont vu leur revenu réel progresser de 42,6 % au cours de ces huit années.  La suite ici

par Yvon GRAIC publié dans : Economie
Mardi 27 novembre 2007
L'intervention de Nicolas Sarkozy sur le pouvoir d'achat est attendue jeudi 29 novembre, mais l'opposition et la majorité en ont fait leur principal thème de travail. Le PS a ainsi détaillé, mardi, ses onze mesures pour le pouvoir d'achat, qu'il défendra dans une proposition de loi jeudi.
Il propose:
- de majorer de 50 % la prime pour l'emploi ;
- de rétablir la TIPP flottante pour faire baisser les taxes sur l'essence ;
- un chèque-transport pour les salariés ;
- l'encadrement des loyers ;
- la possibilité d'un retour aux tarifs réglementés d'électricité et de gaz ;
- que les entreprises voient leurs aides conditionnées à des négociations sur les salaires ;
- un système de bonus-malus pour inciter les entreprises à moins recourir au temps partiel et au travail précaire ;
- une baisse des prix dans la grande distribution, via une réforme des "marges arrière" ;
- l'autorisation des "class actions" (recours collectifs de consommateurs devant la justice) ;
- l'abandon des franchises médicales ;
- la fin de l'exonération de la redevance audivisuelle pour les plus de 65 ans.

NICHE UMP LE 11 DÉCEMBRE

Les socialistes ont de nouveau interpellé François Fillon sur la question du pouvoir d'achat lors de la séance des questions d'actualité à l'Assemblée. "Nous travaillons à augmenter la croissance, nous travaillons à augmenter le travail des Français, et alors le pouvoir d'achat suivra", a répété le premier ministre au chef du groupe PS à l'Assemblée, Jean-Marc Ayrault, qui évoquait les propositions socialistes.

"Nous nous sommes déjà engagés" à conditionner les 25 milliards d'allègement de charges à des négociations salariales dans les entreprises, a indiqué M. Fillon. Il a en revanche exprimé des réserves sur l'idée d'encadrer les loyers, estimant que de telles mesures avaient abouti à une baisse du nombre de logements construits au tournant des années 2000. Le premier ministre a aussi considéré comme un échec le "chèque-transport", pourtant mis en place en 2006 par une majorité UMP, dirigée alors par Dominique de Villepin.

Les députés UMP entendent eux "s'inscrire dans les pas du président de la République", et "apporter [leur] contribution", a déclaré le président du groupe, Jean-François Copé. Ils ont ainsi lancé leur groupe de travail sur le pouvoir d'achat, animé par Frédéric Lefebvre et Jérôme Chartier. Et comptent profiter de leur niche parlementaire, le 11 décembre, pour "aborder cette question sous une forme pas encore déterminée", une "proposition de loi" ou d'un "débat". Le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, a lui souligné que "le gouvernement et la majorité sont totalement mobilisés" sur le pouvoir d'achat et que "la majorité soutient" la démarche de Nicolas Sarkozy dans ce domaine. "Les mesures qui ont été prises en faveur des heures supplémentaires sont une première étape importante et on en ressent déjà les effets", a-t-il déclaré, tout en estimant que le dispositif "peut certainement être amélioré parce qu'il se révèle parfois complexe".

par Yvon GRAIC publié dans : Economie
Jeudi 29 novembre 2007
PARIS (Reuters) - Les députés ont rejeté une proposition de loi socialiste dont l'objet était de "soutenir le pouvoir d'achat des ménages", thème de l'intervention télévisée de Nicolas Sarkozy dans la soirée.

L'Assemblée a décidé par 180 voix contre 115 de ne pas examiner les articles de ce texte, ce qui a automatiquement entrainé son rejet.

Les groupes UMP et Nouveau centre (NC) ont voté contre le passage à l'examen des articles, les groupes socialiste, radical et citoyen (SRC) et de la gauche démocrate et républicaine (GDR) pour.

Dans cette proposition de loi, le groupe SRC proposait une dizaine de mesures destinées à "soutenir le pouvoir d'achat des ménages".

Jean-Marc Ayrault, le président du groupe SRC, a vivement dénoncé la politique économique et sociale du gouvernement. "Votre discours de l'effort a été supporté intégralement par la France qui se lève tôt, qui travaille dur et qui gagne peu", a-t-il dit.

"Tout le haut de la pyramide sociale s'en est dispensé. Les fortunés s'abritent sous le bouclier fiscal pour ne plus payer d'impôt (...) et le président (de la République) donne le mauvais exemple en s'octroyant 170% d'augmentation", a-t-il poursuivi.

"Notre interpellation va au-delà d'un catalogue de mesures", a-t-il poursuivi. "Ce que nous demandons, c'est la réhabilitation du Contrat social. c'est un nouveau partage, juste et équilibré, des gains et des efforts. C'est un donnant-donnant entre l'Etat, les entreprises et les citoyens", a-t-il déclaré.

LA "TIPP FLOTTANTE"

Au nom du gouvernement, Luc Chatel, secrétaire d'Etat à la Consommation, a critiqué plusieurs mesures proposées par les socialistes dont la "TIPP flottante" qui, a-t-il dit "s'est avérée à la fois illisible pour le consommateur, complexe à mettre en oeuvre et particulièrement coûteuse pour les finances publiques".

Même critique à l'égard du chèque transport qui, a-t-il dit, "n'a pas rencontré le succès escompté". "Il convient plutôt de s'interroger sur les raisons de l'échec du dispositif actuel", a-t-il dit.

"Pour toutes ces raisons, votre proposition de loi appelle un avis défavorable du gouvernement", a conclu le secrétaire d'Etat à la Consommation.

Le texte que François Hollande, premier secrétaire du PS, avait présenté la veille, comportait une dizaine de mesures allant d'une majoration de 50% de la prime pour l'emploi à la généralisation du chèque transport pour tous les salariés financée par une contribution exceptionnelle sur les "surprofits" des compagnies pétrolières.

Il proposait la réintroduction de la "TIPP flottante" (taxe intérieure sur les produits pétroliers), un mécanisme visant à amortir les hausses brutales du prix des carburants instauré en 2001 par le gouvernement de Lionel Jospin puis supprimée en 2002 par le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin.

Le groupe SRC proposait également de supprimer la "marge arrière" des grandes surfaces ou bien encore l'instauration d'un malus sur les entreprises abusant du travail à temps partiel et des emplois précaires.

Le texte prévoyait la tenue d'un "Grenelle du pouvoir d'achat", l'encadrement des loyers "au niveau du coût de la vie", la baisse de la TVA de 5,5% à 5% sur les produits de première nécessité ou bien encore l'exonération de la TIPP sur le carburants des avions ou bien encore l'augmentation de la taxe sur les cartes grises des voitures puissantes et polluantes.

par Yvon GRAIC publié dans : Economie
Mardi 18 décembre 2007
libe.gifLouis Maurin directeur de l’Observatoire des inégalités.
QUOTIDIEN : mardi 18 décembre 2007  

«La France dont je rêve est une France qui ne laisse tomber personne, une France qui est comme une famille où le plus faible, le plus vulnérable, le plus fragile a droit à autant d’amour, autant de respect, autant d’attention que le plus fort.»

Ainsi s’exprimait Nicolas Sarkozy au soir du 22 avril, premier tour de l’élection présidentielle. Il avait, mieux que Ségolène Royal, analysé l’état de la société française, d’où son élection quinze jours plus tard. Ses premiers mois d’exercice sont en contradiction à peu près complète avec ses déclarations de campagne. Les mesures prises depuis l’été consistent à prendre au plus faible pour donner au plus fort. Plus exactement, donner aux riches et ensuite récupérer l’argent des pauvres. Les annonces récentes sur le pouvoir d’achat n’y changent rien.

Donner aux riches d’abord. La loi en faveur du travail, de l’emploi et du pouvoir d’achat (dite Tepa) comporte au minimum 7 milliards d’euros de baisses d’impôt pour les plus aisés, l’équivalent des deux tiers du budget annuel de l’enseignement supérieur. Cela sans considérer le volet concernant les heures supplémentaires, qui profite théoriquement à tous les salariés en proportion de leurs revenus. Au titre de la loi votée cet été, 1000 contribuables dont la fortune est supérieure à 15,5 millions d’euros profiteront chacun d’une baisse d’impôt de 270 000 euros (bouclier fiscal), selon le rapport du député (UMP) Gilles Carrez. Lui-même note que les frais de succession au décès d’un conjoint d’un couple avec deux enfants disposant d’une fortune de 1,5 million d’euros seront réduits de 72 000 euros. Un couple peut désormais céder à ses trois enfants 900 000 euros de patrimoine tous les six ans sans payer de droits. L’impôt sur les successions est, en pratique, supprimé en France. D’autres mesures ont été prises depuis cet été, de moindre ampleur mais tout aussi inégalitaires. Comme l’instauration du prélèvement libératoire sur les dividendes (les revenus des actions). Les contribuables les plus aisés pourront opter pour un taux d’imposition de 29 % (18 % de prélèvement libératoire et 11 % de prélèvements sociaux) contre 40 % pour la tranche supérieure de l’impôt sur le revenu. La mesure va profiter à 50 000 contribuables qui touchent plus de 25 000 euros de dividendes annuels. Même un député UMP, Jérôme Chartier, s’est opposé à cette «augmentation du pouvoir d’achat des Français les plus riches»

Prendre aux pauvres ensuite. Les comptes publics sont déficitaires et notre pays endetté : ces largesses fiscales doivent être financées. Le second temps de l’action présidentielle consiste à reprendre, miette par miette, ce qui a été dépensé. Au premier janvier prochain, une franchise s’appliquera sur les dépenses maladie sans prise en compte des revenus. Les plus modestes y seront de leur poche de 50 euros l’an. A la mi-novembre, la ministre de la Justice, Rachida Dati, a annoncé qu’elle envisageait la mise en place d’un forfait - dont le montant n’est pas encore déterminé - pour les personnes démunies bénéficiant de l’aide juridictionnelle, ceux qui n’ont pas les moyens de se payer un avocat. Enfin, 780 000 foyers, principalement des personnes âgées démunies, vont devoir acquitter 118 euros de redevance audiovisuelle l’an prochain alors que, jusqu’à présent, elles en étaient exonérées.

Conséquence de la réforme décidée en 2004 par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Economie, qui reliait cette taxe aux impôts locaux dont les conditions d’exonération ne sont pas semblables. L’ensemble de ces mesures qui frappent les pauvres semblent, pour l’heure, symboliques. Quoique pour une personne âgée démunie, 168 euros de redevance et de franchise de soin, c’est loin d’être négligeable. On se ravise aujourd’hui que les catégories populaires se plaignent d’un trop faible pouvoir d’achat. Mais les caisses sont vides, et les mesures ne peuvent être à la hauteur. Les conséquences de cette politique sont désastreuses. Le Président a été élu sur la base d’un nouveau contrat, dépassant les clivages, mais il continue la politique des gouvernements précédents. L’empressement à aider les riches a comme contrepoint la lenteur prise pour mettre en œuvre des mesures destinées à réduire la pauvreté.

La gauche a tort de se réjouir du crédit de plus en plus entamé d’un chef de l’Etat contraint à la gesticulation permanente. C’est une courte vue politique. L’hypocrisie qui consiste, dans tous les milieux, à faire semblant de ne pas voir que l’effort demandé à tous est la contrepartie de cadeaux destinés aux plus favorisés (rebaptisés «classes moyennes supérieures») a d’immenses conséquences. L’action politique dans son ensemble en sort décrédibilisée auprès de larges fractions de la population. Tous ceux qui soutiennent cette politique et la mettent en œuvre sont responsables de cette situation. Ils contribuent de facto à alimenter le ressentiment social, le populisme et la course-poursuite aux extrêmes.

par Yvon GRAIC publié dans : Economie
Jeudi 20 décembre 2007
Ce n'est pas bon, sans être catastrophique. Telle est la tonalité de la note de conjoncture présentée, mercredi 19 décembre, par l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), qui prévoit, pour la France, une croissance de 1,9 % en 2007 et un début d'année 2008 marqué par une hausse de 0,5 point au premier trimestre et de 0,4 point au deuxième.

Dans un environnement assombri par la crise financière et par le ralentissement en cours aux Etats-Unis et dans la zone euro, le "choc de croissance" attendu par Nicolas Sarkozy n'a pas eu lieu, mais la France ne s'en est pas trop mal sortie en 2007.

Depuis deux à trois trimestres, l'écart de croissance avec l'Allemagne et avec les partenaires européens a disparu. Le chiffre de 1,9 % de croissance en 2007 est inférieur, mais de peu, au bas de la fourchette (+ 2 % à + 2,5 %) retenue par la ministre de l'économie, Christine Lagarde.undefined

L'an prochain, à la fin juin, l'acquis de croissance pour l'année serait de 1,7 %. Pour tenir les prévisions sur lesquelles a été construit le budget 2008 (+ 2 % à + 2,5 %), il faudrait une progression du PIB de 0,4 ou 0,7 point à chacun des deux derniers trimestres. Ce n'est pas impossible, à condition que la crise financière ne s'éternise pas.

La consommation des ménages restera le principal moteur de la croissance. Tel que le mesure l'Insee, le pouvoir d'achat des ménages connaîtrait en 2007 une nette accélération : + 3,3 %, après +2,4 % en 2006.

En 2008, malgré les 10 milliards d'euros consacrés à la loi sur le travail, l'emploi et le pouvoir d'achat (TEPA) et malgré le déblocage anticipé de la participation, le pouvoir d'achat ralentirait au premier semestre à 1,2 % en rythme annuel.

Le regain d'inflation, avec un pic de 2,8 % en février, y serait pour beaucoup. Les ménages puiseraient dans leur épargne, quand ils en ont, pour continuer à consommer.

MENACES

La production et l'investissement des entreprises ralentiraient. Après un rebond au troisième trimestre, la production devrait ralentir peu à peu partout, sauf dans la construction. L'Insee évalue à 0,1 point de croissance en moins l'impact des dix jours de grève de novembre 2007 dans les transports publics.

Dynamique au quatrième trimestre, l'investissement productif ralentirait en 2008, en raison d'une demande moins soutenue et du renchérissement attendu du crédit. "Le cycle d'investissement commencé en 2003 semble avoir désormais dépassé son point haut", note l'Insee pour l'ensemble de la zone euro.

La contribution du commerce extérieur resterait négative. Le niveau de la devise européenne par rapport au dollar et à la livre sterling pèse sur les échanges extérieurs, en particulier sur les exportations manufacturières, qui pourraient être amputées de près d'un point au quatrième trimestre et d'autant au premier semestre 2008.

Quant aux importations, même freinées par une demande moins dynamique, elles progresseraient plus rapidement que les exportations. Le commerce extérieur tirerait donc toujours la croissance vers le bas (- 0,3 point en 2007 et en 2008), alors que les pertes de marché des exportateurs français paraissent s'atténuer.

L'environnement international, toutefois, est lourd de menaces. Si les turbulences financières devaient, comme semblent le redouter les banques centrales, se transformer en crise systémique, et si le ralentissement de l'activité aux Etats-Unis et dans la zone euro devait s'aggraver, la croissance française serait plus faible que prévu.

La France ne pourrait pas alors tenir sa prévision, déjà ambitieuse, de déficit public (2,3 % du PIB en 2008), et se trouverait dans une position délicate au moment d'assumer, le 1er juillet 2008, la présidence de l'Union européenne.

Claire Guélaud
par Yvon GRAIC publié dans : Economie
Vendredi 18 janvier 2008
A deux mois des élections municipales, le gouvernement vient de prendre une décision surprenante : il modifie les règles arrêtant le taux de rémunération du Livret A pour que celui-ci ne soit fixé qu'à 3,5 % au 1er février, et non pas 4 %, comme la règle le prévoyait.

Cette décision est contestable sur le plan économique et choquante sur le plan politique. Economiquement, l'argument du gouvernement est le suivant : comme le Livret A sert à financer le logement social, une augmentation importante du taux d'intérêt renchérit automatiquement les prêts accordés par la Caisse des dépôts aux HLM. Il risquerait d'y avoir moins de logements sociaux mis en construction. Ce serait donc pour la bonne cause que le gouvernement limite à 3,5 % le taux de rémunération, un taux qui reste supérieur à l'inflation, précise-t-il.

Sans être faux, l'argument n'est guère convaincant. En ces temps de tempête boursière, les Français auraient été d'autant plus enclins à mettre une partie de leurs économies sur le Livret A que sa rémunération aurait été élevée. Cet afflux d'épargne n'aurait pu que profiter aux organismes HLM. Par ailleurs, si l'Etat veut tellement aider le logement social, pourquoi ne réduit-il pas les prélèvements qu'il effectue chaque année sur les profits réalisés par la Caisse des dépôts ?

Surtout, la démarche soulève un vrai problème politique. La fixation du taux de rémunération étant un casse-tête depuis des décennies, le gouvernement Raffarin avait décidé, en 2003, d'instaurer une règle de calcul automatique. La rémunération résultait d'une moyenne entre l'inflation (hors tabac) et le taux d'intérêt interbancaire à court terme, majoré de 0,25 point. Mais, avec la crise des subprimes, ce taux d'intérêt a bondi, portant la rémunération théorique du Livret A à 4 %. Profitant des "circonstances exceptionnelles" qui les autorisaient à revoir la règle, François Fillon et Christine Lagarde ont décidé de faire jouer cette clause d'exception. Le gouvernement voudrait démontrer que l'Etat n'a pas de parole et déroge quand il le veut à ses propres règles qu'il ne s'y prendrait pas autrement.

Ce choix est malvenu. Il s'ajoute en effet à d'autres décisions qui menacent d'amputer le pouvoir d'achat des Français : la franchise sur les médicaments, la future taxe sur les téléviseurs, ordinateurs et téléphones mobiles - pour compenser la fin de la publicité dans l'audiovisuel public -, et sans doute une taxe carbone sur les automobiles.

Le gouvernement ne manquera pas de plaider que le bouclier fiscal et l'abattement des charges sur les heures supplémentaires sont bien plus importants que ces mesures. Mais celles-ci renforceront le sentiment largement répandu : les gouvernements passent, mais les mauvaises habitudes fiscales ont la vie dure.

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LE MONDE | 18.01.08
© Le Monde.fr
par Yvon GRAIC publié dans : Economie
Samedi 19 janvier 2008
Vous comprenez quelque chose, vous, à Edgar Morin ? Honnêtement. La pensée complexe ? L'auto-éco-organisation ? Le principe dialogique et celui de récursion ? Oui ? Et celui hologrammatique ? Et les six volumes de La Méthode, vous avez lu une seule intro ?

Et puis, il y a "la politique de civilisation". Pour Edgar Morin, la politique de civilisation "vise à remettre l'homme au centre de la politique en tant que fin et moyen et à promouvoir le bien-vivre au lieu du bien-être". Ouah ! Entre la complexité complexe et le banalissime "bien-vivre", on a dû louper des cours intermédiaires...

Sérieux. Qu'un philosophe décrive aujourd'hui la complexité du monde et se risque à la déchiffrer en faisant appel à une "méthode" complexe est très louable et très nécessaire. Personne ne doute qu'Edgar Morin est un penseur intéressant.

Mais que Nicolas Sarkozy le reçoive et adopte brutalement sa "politique de civilisation" pour nous en bassiner depuis Noël, en France comme à l'étranger, alors là, on reste interloqué. Le dirigeant le plus matérialiste que la France a eu depuis Pépin le Bref, qui nous expose continûment en "une" ses yachts et ses petites pépés, qui aime l'argent et ne s'en cache pas, qui a fait de la croissance sa priorité - ô combien avec raison -, nous évoque maintenant l'amour et Dieu.

On voit le truc. Le président et ses conseillers ont peur que le mitraillage des réformes tous azimuts depuis huit mois donne une impression de désordre et d'absence de priorités. Nicolas Sarkozy, candidat de la rupture libérale il y a un an et demi, devenu ensuite l'apôtre du pouvoir d'achat, puis praticien de l'ouverture à gauche, manque aussi d'un cap compréhensible.

Le truc est donc de dire, comme le président s'y employa au cours de ses voeux du Nouvel An, que le mitraillage correspondait aux "urgences" des nécessaires changements rapides mais que, maintenant, l'action allait s'inscrire dans la durée... Laquelle ? Celle d'une "politique de civilisation". Il n'y a pas que les réformes en zigzag, il y a une vision longue et haute, "une nouvelle Renaissance". Rien que ça. Et, puisqu'on y est, dans l'ambition, allons-y sans mégoter : "Que la France montre la voie." Carrément.

Une civilisation ? Le président a cité l'école, la ville, l'urbanisme, la diversité, la justice, le sens de la responsabilité et le respect de la solidarité. Qui n'est pas d'accord avec ça ? Puis, ensuite, ça devient bizarre : "Moraliser le capitalisme financier" ? Drôle d'attaque. Moraliser le capitalisme, on veut bien, mais pourquoi seulement le financier ? On sent là comme le dada d'un conseiller.

Puis à Rome et en Arabie saoudite, voilà que la civilisation est devenue religieuse. "Dieu n'asservit pas l'homme mais le libère." Sommes-nous tous convoqués à nous agenouiller ? Il est d'accord, Edgar Morin - et nous ? -, pour rompre avec la République laïque ?

Le hic du truc, c'est que Nicolas Sarkozy manquait de cohérence, et voilà qu'il nous propose une métacohérence : tir au-dessus, disent les artilleurs. Au mieux c'est une diversion, au pire c'est une erreur. Nicolas Sarkozy n'a pas à nous préparer une civilisation, il a besoin de faire des réformes fortes et cohérentes. Cela ne demande pas une nouvelle Renaissance mais, humblement, une ligne de stratégie économique, politique, sociale, étrangère, etc.

Depuis le début de l'année, on a vu deux de ses conseillères de talent (Catherine Pégard et Emmanuelle Mignon) prendre la parole pour nous dire que Nicolas Sarkozy n'est pas l'agité qu'il paraît, que derrière son goût pour la provocation et la transgression, il a une cohérence intime, des valeurs. Son intérêt pour la religion participerait de ça, par exemple. Soit. Que le président fasse ce travail psychanalytico-politique de fond sur lui-même, tant mieux. A bientôt 52 ans, il serait bien temps, pourrait-on dire.

Mais le sujet du manque de cohérence est plus simple et plus immédiat. Le président a imposé un moratoire sur les cultures de maïs OGM, décision sans fondement scientifique, purement idéologique et de basse politique avant les municipales. Emmanuelle Mignon, directrice de son cabinet, a dit (sur le site Rue89) que M. Sarkozy représente une droite "jeune, décomplexée", "qui découvre que l'idée de progrès est plus intéressante que celle de conservation". Voilà l'incohérence : comment Nicolas Sarkozy peut-il vouloir remettre la France sur les rails du dynamisme et du risque et Nicolas Bové interdire les OGM ?

On fera le même constat sur le pouvoir d'achat. Pourquoi diable (ô ! pardon) le président s'est-il enferré dans cette impasse de promettre du pouvoir d'achat alors que ce n'est pas le problème de la France et qu'il n'a aucun moyen pour tenir sa promesse, comme il l'a reconnu lors de sa conférence de presse ? Entre la politique économique dite de la demande et celle de l'offre, il est temps pour Nicolas Sarkozy d'établir une cohérence. Et d'écarter des conseillers qui l'égarent dans de nouvelles promesses providentielles.

par Yvon GRAIC publié dans : Economie
Mercredi 23 janvier 2008
Jacques Attali, président de la commission sur "la libération de la croissance", a remis mercredi au président de la République et au premier ministre son rapport, qui comporte 314propositions (Le Monde du 20-21 janvier). version PDF télécharger

Nicolas Sarkozy a dit qu'il mettrait en œuvre tout ce que vous proposerez. Qu'attendez-vous de lui ?

C'est au président et au gouvernement de décider ce qu'ils veulent faire du rapport. Ils porteront aux yeux de l'Histoire la responsabilité d'avoir saisi ou laissé passer cette chance unique de réformer. L'exécutif a eu le courage de demander à une commission indépendante, sans penser aux lobbies de toute nature, de lui dire comment lever les freins à la croissance. Nous avons fait rapport au pays.

Quelle liberté laissez-vous au politique ?

Celle de décider de mettre en œuvre ce rapport. Ou de le mettre au placard. Notre rapport n'est pas à prendre ou à laisser, mais pour s'en réclamer, il faudra en respecter la cohérence interne. Notre souci est qu'il ne soit pas considéré comme un catalogue où l'on puisse picorer. Nous avons soigneusement pesé, secteur par secteur, l'équilibre de nos propositions, car il n'y a pas de liberté sans justice sociale et réciproquement.

Nous sommes par exemple contre la rupture à l'amiable du contrat de travail si elle ne s'accompagne pas d'un contrat d'évolution stabilisant la rémunération du demandeur d'emploi et d'un bonus/malus en faveur de l'emploi des jeunes. De même, nous sommes opposés à la libéralisation des grandes surfaces si elle ne s'accompagne pas du renforcement du petit commerce, des fournisseurs indépendants et des plans d'urbanisme.

Le consensus a-t-il été possible au sein de la commission parce que la gauche y était peu représentée ?

D'où tenez-vous cela? Je n'ai pas fait de pondération en choisissant les membres, et cette question ne nous a pas effleurés, en travaillant. Il n'y a pas une seule idée sérieuse venue de la gauche – de toutes les gauches – ou de la droite qui n'ait été explorée en détail et qui ne figure pas dans le rapport, si elle s'est révélée efficace. Cela a été notre seule grille de lecture.

Contrairement à ce qu'a dit Le Monde, ce rapport n'a rien de "libéral". Il est d'abord au service des plus jeunes et des plus fragiles. Et pour cela, l'Etat est un acteur majeur. Si j'avais eu à rédiger pour une présidente nommée Ségolène Royal, j'aurais composé la commission de la même façon, et le rapport aurait été le même.

Y a-t-il une chance que vos propositions soient appliquées ?

Cette question doit être adressée au président de la République. Il serait tragique de ne pas le faire. La France est politiquement paralysée depuis la première cohabitation en 1986, alors que les autres Européens se sont préparés à l'avenir. Les jeunes sont les principales victimes de cette connivence des privilégiés. Aujourd'hui, le président dispose d'une étroite fenêtre de tir. Entre avril 2008 et juin 2009, il n'y aura pas d'élection. C'est le seul moment où il peut agir, à condition d'avoir le courage d'être provisoirement impopulaire.

Comment baisser d'un point le taux des prélèvements obligatoires et investir pour l'avenir ?

Nous proposons de ne pas augmenter ni baisser les impôts, et de maintenir en volume constant les dépenses publiques, ce qui revient à réduire leur part d'un point dans le PIB et à réduire la dette. Cette stabilisation en volume de la dépense publique passera par une plus grande efficacité des administrations, le moindre recrutement de fonctionnaires, la création d'agences de services au public, le regroupement des communes, la disparition progressive du département, la mise en place d'un e-gouvernement, qui permettra à lui seul 15 milliards d'économies par an. Quand on analyse les innombrables doubles emplois, cette stabilisation est très faisable, sans politique de rigueur.

Faut-il agir par voie législative ou par ordonnances ?

Nous avons proposé un calendrier mois par mois pour la mise en œuvre des vingt mesures phares du rapport. Par expérience, je recommande d'utiliser dans certains cas les ordonnances qui permettent d'aller beaucoup plus vite, tout en maintenant le contrôle démocratique.

Que coûte votre plan sur 5 ans ?

Il a été étudié avec toutes les administrations, y compris la direction du budget. Il est financièrement équilibré et peut être réalisé en respectant la baisse d'un point de la part des dépenses publiques dans le PIB. Il conduira à des résultats très spectaculaires dès 2012 : au moins un point de croissance de plus, une réduction des deux tiers du chômage des jeunes, un taux de chômage global inférieur à 5 % et une réduction de la dette à moins de 55 % du PIB......                                                  Le texte intégral

par Yvon GRAIC publié dans : Economie
Mardi 29 janvier 2008
L'annonce par ArcelorMittal, le numéro un mondial de l'acier, de la suppression de 600 emplois sur le site de Gandrange, en Moselle, est d'abord un drame économique et social dans une région qui fut déjà frappée par les restructurations successives de la sidérurgie française. C'est ensuite une nouvelle illustration de l'hégémonie de lectures financières simplistes sur les logiques industrielles : deux ans de pertes dans un établissement auparavant rentable provoquent une seule réponse : on ferme ! C'est la raison pour laquelle les syndicats et les élus, unanimement convaincus de la viabilité du site de Gandrange, ont demandé le gel du plan, le temps d'élaborer un contre-projet puis de le négocier avec la direction du groupe.
http://carriere.jobboom.com/marche-travail/secteurs/metallurgie/2006/06/11/4.1_p.34.jpg Au-delà, c'est l'ensemble de l'industrie de notre pays qui doit être défendue par une véritable politique industrielle. Les difficultés de Gandrange sont connues : un choix technologique initial aventureux (le four électrique), l'absence d'investissement depuis huit ans, une formation insuffisante des nouveaux recrutés suite au départ d'un tiers des salariés à l'occasion des lois Fillon, la dérive des coûts d'approvisionnement électrique transférés aux nouveaux opérateurs suite à la déréglementation.

On retrouve là un résumé de tous les défis que doit affronter aujourd'hui l'industrie française : une innovation maîtrisée et vraiment utile, un positionnement concurrentiel sur des produits complexes à forte valeur ajoutée, des investissements et des efforts de formation continus pour tirer parti des savoir-faire, des technologies et de l'expérience accumulés, une gestion intelligente des départs massifs à la retraite prévus ces dix prochaines années. Une approche industrielle exige du temps, une vision de long terme, un dialogue social de qualité source de motivation des salariés. Il est donc important de s'appuyer sur les syndicats, qui, on le voit à Gandrange, ont une connaissance fine des métiers, des outils, des produits, soutenue par une véritable fierté de leur travail. Leur rôle est décisif pour faire valoir des alternatives viables aux stricts arguments financiers de rentabilité immédiate.

L'industrie française est l'une des plus ouvertes d'Europe : 50 % du capital du CAC 40 et 40 % de ses entreprises sont la propriété d'investisseurs d'autres pays. Elle subit donc de plein fouet la concurrence entre sites à l'intérieur même des grands groupes mondialisés (Sony, ArcelorMittal, Salomon en sont des exemples récents). Cela n'ira qu'en s'intensifiant. On voit concrètement à Gandrange cette menace sur un marché pourtant aussi porteur que l'acier aujourd'hui, avec une demande qui explose, des prix au plus haut, des carnets de commandes remplis, des profits impressionnants dans ce secteur qu'on pensait obsolète (6 milliards pour ArcelorMittal en 2006).

Alors l'urgence impose un sursaut politique. On ne peut plus se contenter de slogans fatigués sans mesure concrète, ni de rencontres habilement médiatisées avec les plus grands patrons de ce monde. Nous demandons une réelle vision politique de l'industrie, articulant des mesures concrètes de soutien et d'amélioration de sa compétitivité et mobilisant l'Etat, les régions, l'Europe.

Certains diront : "Qu'importe l'industrie ! elle ne représente plus que 15 % des emplois et du PIB dans notre pays. L'avenir est au tourisme, aux services, à l'immatériel." Je remarque d'abord que tous les grands sujets débattus aujourd'hui : l'énergie, l'environnement, la santé, le numérique... ont une dimension industrielle évidente. Les décisions prises peuvent fragiliser notre économie en la rendant plus dépendante, ou bien ouvrir de nouvelles perspectives et un nouveau sentier de croissance et d'emplois. Il est important ensuite de souligner l'ensemble des activités qui gravitent autour de l'industrie (les services externalisés, la publicité, la recherche, l'intérim), son rôle stratégique dans l'indépendance d'un pays qui a pour ambition de peser sur la scène mondiale, sa position centrale dans notre système d'innovation et d'expérimentation de nouvelles normes, enfin son poids dans notre commerce extérieur.

Il s'agit d'un enjeu politique allant au-delà des activités économiques en jeu. Je suis convaincue que les choix d'un pays sur l'industrie traduisent notre modèle économique et social : ils déterminent les métiers du futur, notre relation au monde extérieur, les richesses que nous valorisons, et l'existence ou non d'une vision économique collective, dont l'industrie a été historiquement l'emblème.

Aurélie Filippetti, députée de Moselle, porte-parole du PS à l'Assemblée nationale
par Yvon GRAIC publié dans : Economie
Vendredi 8 février 2008
Les chefs d'entreprise ou les banquiers qui avaient placé leurs espoirs en Nicolas Sarkozy ne se soucient guère de sa perte de popularité. Ses amis "jet-set", ses goûts clinquants et sa dernière épouse n'auraient que peu d'importance s'il faisait au moins ce qu'on attend de lui : encourager la croissance, redresser les finances publiques et s'attaquer aux réformes dont la France semble être le dernier pays en Europe à ne pas admettre la nécessité.
Grosse déception pour ceux qui voient se dérouler ce nouvel opus de "Docteur Jekyll et Mister Hyde". On espérait un "Nicolas" libéral et réformateur. Au lieu de quoi, on observe un "Sarkozy" qui déploie tous ses talents d'interventionniste brouillon.
S'ENVOYER DES FLEURS

 

Il y a près de quatre ans, M. Sarkozy, alors ministre des finances, avait obtenu de l'Union européenne l'autorisation de secourir Alstom, alors au bord de la faillite, grâce à une injection massive de fonds publics. Le président français s'est d'ailleurs approprié l'histoire du remarquable redressement de cette entreprise. Et de rappeler ce haut fait pour s'envoyer des fleurs à chaque fois qu'il parle industrie.

Ce fut le cas cette semaine encore lors de sa visite à Gandrange (Moselle) où, posant parmi les ouvriers de l'usine ArcelorMittal que son propriétaire veut fermer, il a à nouveau proposé d'injecter de l'argent public dans ce site sidérurgique, sans doute porté par l'enthousiasme du moment.

EFG

Peu avant, il tentait de faire renvoyer le PDG de la Société générale, fragilisée par sa perte de 5 milliards d'euros, tout en favorisant, en sous-main, la fusion de la banque avec sa rivale française BNP-Paribas pour écarter d'éventuels prédateurs étrangers aux desseins forcément noirs. Et de tonner contre le "capitalisme financier" qu'il veut faire encadrer en Europe ; ou de partir en croisade pour "défendre" l'industrie française en faisant de la Caisse des dépôts une sorte de fonds souverain tricolore (après le front républicain, le fonds républicain ?). Ou de menacer d'une taxe carbone à la douteuse efficacité les pays qui ne respectent pas le protocole de Kyoto.

Les déficits, budgétaires et extérieurs, s'aggravent et M. Sarkozy semble confondre les réformes et les rapports. Depuis neuf mois la liste s'allonge de ce qu'il n'a pas fait. Mais ce qu'il menace de faire, il est vrai, est parfois plus inquiétant.

Pierre Briançon
par Yvon GRAIC publié dans : Economie
Dimanche 30 mars 2008

Est-ce bien raisonnable ?

© Alternatives Economiques     Denis Clerc

On commence à pouvoir apprécier l'effet de la mesure phare des dix premiers mois de la présidence Sarkozy : l'exonération totale des heures supplémentaires, qui doit permettre de « travailler plus pour gagner plus ». Les données publiées par l'Acoss[1] (Agence centrale des organismes de sécurité sociale) font état de 145 millions d'heures supplémentaires pour le dernier trimestre 2007.

Quel a été l'effet de ce dispositif sur le pouvoir d'achat des salariés ? Pour le mesurer, il faut distinguer « l'effet volume » - y a-t-il eu davantage d'heures supplémentaires effectuées ? - et « l'effet prix », c'est-à-dire le gain lié au fait que les salariés concernés n'ont plus de prélèvements sociaux autres que ceux propres à l'entreprise (mutuelle, ticket restaurant, ...) sur leur salaire brut.

 

La difficulté pour chiffrer l'effet volume est que le nombre d'heures supplémentaires était, jusque là, assez mal connu, notamment parce que certaines entreprises à l'horaire de travail habituellement supérieur à la durée légale hebdomadaire ne déclaraient pas forcément ce surplus d'heures, comme le souligne le service statistique du Ministère du travail (la Dares). Toutefois, si l'on s'appuie sur les données déclarées en 2003, 32 % des salariés du secteur privé ont effectué au moins une heure supplémentaire déclarée, et chacun d'eux en a cumulé au total 55 heures en moyenne dans l'année, soit 5 heures par mois[2] pour chacun des salariés concernés. Au 4è trimestre 2007, chacun des salariés ayant travaillé en heures supplémentaires en a, en moyenne, effectué 4 heures et demi par mois. Il n'y a donc pas eu d'augmentation du nombre moyen d'heures supplémentaires. En revanche, cela a concerné une proportion nettement plus importante de salariés : 59 %, soit, en nombre de salariés concernés, deux fois plus de salariés qu'en 2003[3].

 

Au total, le nombre d'heures supplémentaires a donc approximativement doublé d'une période sur l'autre. Le dernier trimestre de l'année est cependant caractérisé habituellement par une plus forte proportion d'heures supplémentaires. Et, de fait, les heures supplémentaires déclarées en janvier 2008 par les entreprises astreintes à la déclaration mensuelle de leurs cotisations sont moindres qu'en décembre 2008 : 43 millions d'heures contre 46[4]. Mais comme la différence est minime, retenir une multiplication par deux du nombre d'heures supplémentaires déclarées est un ordre de grandeur qui paraît assez réaliste. Voilà pour l'effet volume.

 

Qu'en est-il de l'effet prix, c'est-à-dire des gains de pouvoir d'achat ? Les salariés concernés ont perçu environ 2 milliards d'euros de salaire supplémentaire au titre des heures supplémentaires au cours du 4è trimestre[5]. En l'absence du dispositif, il y aurait eu moitié moins de salariés concernés et chacun n'aurait reçu en net que les quatre cinquièmes de son salaire brut, au lieu d'en recevoir la totalité. Le surplus net pour l'ensemble des salariés est donc de 1,2 milliards d'euros sur le trimestre par rapport à la situation antérieure, sans compter les heures supplémentaires des salariés hors champ Urssaf (voir note 1) et les réductions - à venir - d'impôt sur le revenu. Durant le même trimestre, et sur le même champ, l'ensemble des salaires bruts s'est élevé à 117,4 milliards, soit environ 94 milliards de salaires nets. Le gain de pouvoir d'achat issu de cette mesure sur onze mois travaillés sera donc de l'ordre de 1,2 %.

 

Mais à quel prix ? Pour la collectivité, les exemptions sociales de ce 4è trimestre, que l'Etat devra rembourser aux organismes de protection sociale, se sont élevées à 551 millions d'euros. Coût auquel il faudra ajouter les pertes de recettes fiscales correspondantes, sans doute de l'ordre d'une centaine de millions d'euros. Enfin, si les employeurs ont recouru massivement aux heures supplémentaires, c'est aussi parce qu'ils y gagnaient. Pas tellement en termes de coût horaire - la majoration de 25 % annule à peu près la réduction de cotisations sociales -, mais parce que confier le travail à effectuer à des salariés déjà en place plutôt que d'en recruter de nouveaux permet d'éviter d'avoir à trouver des mètres carrés et des équipements supplémentaires, ainsi que d'économiser certains coûts spécifiques : indemnité de précarité pour les CDD, recrutement, formation aux spécificités de l'entreprise, etc. Mais, à l'inverse, des créations de postes qui n'ont pas lieu, donc des chômeurs qui le demeureront un peu plus longtemps et du pouvoir d'achat que ne capteront pas ceux qui auraient pu être embauchés. Selon l'Insee, au cours des trois derniers mois connus (novembre 2007 à janvier 2008 inclus), l'emploi dans les secteurs principalement marchands n'a progressé que de 0,03 % contre 0,13 % pour les trois mois comparables de l'année précédente. Certes, la conjoncture y est sans doute pour quelque chose, mais est-il bien certain qu'elle soit seule en cause ?

Bref, la collectivité finance largement une mesure dont l'effet final aggrave les déficits publics, freine l'embauche, ... et n'améliore - modestement - le pouvoir d'achat que d'un salarié sur deux. Est-ce bien raisonnable ?
par Yvon GRAIC publié dans : Economie
Dimanche 30 mars 2008

Paroles, paroles, paroles ............et réalités !


Nicolas Sarkozy, ce syndicaliste
envoyé par lemondefr

ArcelorMittal va confirmer son plan de fermeture partielle de l'usine de Gandrange (Moselle) qui doit aboutir à la suppression de 595 emplois, lors d'un comité d'entreprise le 4 avril, a affirmé, samedi 29 mars, à l'AFP, Edouard Martin, élu CFDT au comité d'entreprise européen du groupe.

"ArcelorMittal confirme sa décision de fermer l'aciérie électrique et le train à billettes de Gandrange", a ainsi assuré M. Martin, se basant sur une convocation de la direction pour le comité d'entreprise d'information-consultation du 4 avril. "La comparaison avec le projet initial et ses développements conduira, après l'avis donné par le comité d'entreprise, à la décision de l'entreprise", indique la direction dans cette convocation, selon le syndicaliste.

Contactée par l'AFP, la direction du numéro un mondial de l'acier n'a pas souhaité indiquer si le plan de restructuration initial allait rester en vigueur."Nous avons envoyé une lettre au comité d'entreprise avec des réponses aux questions du comité et des commentaires sur le projet alternatif présenté. Cela sera discuté le 4 avril durant une réunion extraordinaire du comité d'entreprise"