"Quelque chose s'est levé qui ne s'arrêtera pas,
ce que nous avons commencé ensemble,
nous allons le continuer ensemble"
- le 17 mai à la section du Havre (9rue Georges Braque ) de 14h à 17h
« Le Parti socialiste doit intégrer toutes les
nouvelles formes de militantisme et d’engagement citoyen, ainsi que les réussites du travail des élus locaux. Il doit aussi décider efficacement, avec le sens de la
discipline collective. Quelles nouvelles règles communes pour y parvenir sereinement ? »
-le 24 mai à la section du Havre (9rue Georges Braque ) de 14h à 17h
richesse ?
à la Maison de la Lombardie, 50 rue Leverrier, sur les Hauts de Rouen
je vous souhaite la bienvenue sur ce site participatif. Il répond à l'initiative que nous avons lancée, en vue du Congrès du Parti socialiste, pour lancer un débat de qualité, serein, utile aux Français. Je compte sur vous pour le faire vivre et apporter vos idées. Elles nous permettront de composer une belle contribution dont nous serons toutes et tous co-auteurs !
Ségolène Royal
sera effective à la rentrée 2008
Les élèves du primaire n'auront plus cours le samedi matin à partir de la rentrée 2008, a confié Xavier Darcos à la FCPE (parents d'élèves) sans toutefois indiquer à ce stade quel dispositif de substitution serait retenu, plusieurs options demeurant en débat.
"Le ministre nous a présenté l'annonce officielle d'une suppression de cours le samedi matin pour les primaires", a déclaré jeudi le président de la FCPE aux journalistes, en marge d'une conférence de presse, précisant qu'il s'agissait de le faire dès "la rentrée 2008".
Début septembre, M. Darcos avait déclaré que la question d'une éventuelle suppression du samedi matin à la maternelle et en école élémentaire était un "sujet sur lequel il (fallait) avancer vite".
Interrogé jeudi, le ministère de l'Education n'a pas souhaité confirmer l'information mais a indiqué que le ministre devrait "s'exprimer sur le sujet ce jeudi soir", sans autre précision.
M. Darcos ne "nous a pas dit ce qu'il comptait faire à la place" du samedi, a poursuivi M. Hamana.
Plusieurs options s'offrent à lui. Il peut supprimer purement et simplement ces trois heures de classe pour les élèves. Il peut aussi transférer ce temps scolaire au mercredi, comme cela se pratique déjà dans de nombreuses écoles, ou encore diminuer le temps de pause déjeuner pour regagner les trois heures sur la semaine.
Diminuer les vacances scolaires d'été et instaurer une semaine de quatre jours, une pratique qui concerne déjà 1,35 millions d'élèves soumis à un "calendrier dérogatoire", est une autre voie. Toutefois, cette solution n'est pas privilégiée par le ministre, a indiqué à l'AFP une source proche du dossier.
"Attention, on se refusera à toute réduction du nombre d'heures" de classe qui est aujourd'hui de "936 dans l'année", a averti la FCPE, qui est "contre la semaine de quatre jours" et préconise plutôt le transfert au mercredi matin.
Début septembre, le ministre avait laissé entendre qu'il souhaitait que l'école reste tout de même ouverte le samedi pour proposer à ceux qui le souhaitent activités de loisirs, culturelles ou sportives, comme le réclament les fédérations de parents du public, la FCPE et la Peep.
Question récurrente de la rentrée, l'aménagement de la semaine, quoi qu'il en soit, avec ou sans samedi libre, ne fait pas consensus chez les acteurs de l'Ecole.
A la Peep, on indique que 50% des responsables sont "pour", et 50% "contre".
80% des parents, 62% des élèves et 59% des enseignants sont "opposés" à ce qu'il y ait classe le samedi matin dans les écoles élémentaires, selon un sondage Opinion Way réalisé pour Le Petit Quotidien et Le nouvel Observateur parus jeudi.
Les parents opposés au samedi plaident notamment pour une "vraie coupure", se plaignant également de ce que la classe du samedi "empêche de partir en week-end" ou donne à l'enfant "un rythme décalé par rapport au reste de la famille", selon ce sondage.
De leur côté, les enseignants mettent en avant un "fort absentéisme" et les problèmes spécifiques aux enfants de parents divorcés qui voient leur week-end rogné par la classe du samedi.
Certains parents au contraire soutiennent que cela permet une meilleure répartition du travail sur la semaine et sur l'année, et que la coupure du mercredi est bénéfique pour la santé et la concentration de l'enfant.
La FSU, organisation majoritaire, dénonce notamment "des économies de bouts de chandelle par rapport aux cadeaux fiscaux et socialement extrêmement coûteuses".
Dans l'Education Nationale, un départ à la retraite sur trois ne sera pas remplacé, soit plus que pour le reste de la fonction publique, où le non-remplacement d'un départ sur deux est prévu.
59,26 milliards de crédits sont alloués à l'enseignement scolaire, qui va de la maternelle à la terminale, un chiffre stable par rapport à 2006. Plus de 90% de ces crédits sont affectés à la
rémunération de 1,1 million de fonctionnaires.
Une "lettre ouverte-pétition" pour "une autre école"
Les syndicats d'enseignants ont réagi à l'annonce du budget en évoquant, tel Gérard Aschieri, "des économies de bouts de chandelle". Le secrétaire général de la FSU, syndicat majoritaire dans l'Education pointe du doigt l'aspect "dérisoire" de ces mesures, "par rapport aux cadeaux fiscaux et socialement extrêmement coûteuses". Selon le ministre de l'Enseignement Xavier Darcos, l'Education nationale "dispose de leviers d'action pour engager cet effort sans renoncer à ses ambitions et même en améliorant les conditions de travail et de vie des enseignants et de leurs élèves".
Mercredi, jour de l'annonce du projet de budget, quatorze organisations de l'Education nationale ont rendu publique une "lettre ouverte-pétition" dans laquelle ils demandent "un autre budget" pour l'Ecole et une "autre politique" que celle "guidée par la seule réduction des coûts".
400 millions d'euros consacrés aux heures supplémentaires
Selon le ministère, les suppressions de postes sont à mettre en rapport avec la mise en place d'un système de valorisation des carrières du monde enseignant. C'est l'un des grands chantiers de rentrée lancé lundi par l'installation d'une commission de réflexion pour l'évolution du métier d'enseignant.
Un budget de 400 millions d'euros est consacré au paiement d'heures supplémentaires.
"Ce nouvel équilibre entre le nombre de fonctionnaires et les heures supplémentaires favorise directement le pouvoir d'achat des enseignants qui assureront ces heures", assure le ministère.
"Ca veut dire quoi ? Que les enseignants sont employés à mi-temps actuellement ? Ils sont 'impliqués', 'formidables' mais ont plein de temps libre ? C'est méprisant", a estimé Thierry Cadart, secrétaire général du Sgen-CFDT.
"Pour le ministère, 'revalorisation' signifie 'heures supplémentaires', c'est de l'escroquerie", a-t-il estimé en évoquant les 120 millions d'euros de "mesures catégorielles".
Alors que la mobilisation des organisations estudiantines de gauche contre la loi sur l'autonomie des universités affecte une quinzaine d'universités ou de composantes d'universités, la ministre de l'enseignement supérieur, Valérie Pécresse, a appelé les étudiants, vendredi 9 novembre, sur les ondes de France Inter, à se "rendre massivement dans les assemblées générales". "La puissance publique ne peut intervenir", a-t-elle ajouté, avant d'estimer que la présence de cheminots au sein de l'assemblée générale qui a voté le blocage de l'université de Nanterre, jeudi 8 novembre, montrait le caractère "politique et national" du mouvement déclenché dans les universités.
Pour les présidents d'université, il ne fait aucun doute que des groupuscules d'extrême gauche noyautent les assemblées générales. Olivier Audéoud, président de l'université de Nanterre, a souligné jeudi au Monde "qu'un tiers des étudiants présents à l'AG n'étaient pas de son université".
De fait, pour chaque université, le scénario est identique, notamment dans les composantes de lettres et sciences humaines. Selon Jean-Pierre Finance, premier vice-président de la Conférence des présidents d'universités, des petits groupes d'étudiants d'extrême gauche "profitent de la tension sociale actuelle pour sortir du bois et mobiliser les étudiants. S'y agrègent des étudiants qui vivent mal la distance très grande existant entre les annonces de réforme du gouvernement et leur vécu quotidien…" "En région parisienne, constate le président de Nanterre, une centaine d'individus, issus des groupes comme la CNT, SUD-Etudiants ou la LCR, se déplacent de fac en fac. Le 8 novembre, comme le site de Tolbiac de Paris-I était fermé, ils sont venus à Nanterre". "600 à 800 étudiants ont décidé d'un blocage pour 34000 étudiants. Une aberration!", s'exclame Olivier Audéoud.
"Les assemblées générales, qui se sont multipliées, rassemblent très peu de monde au regard du nombre d'étudiants de chaque université. A Tours, ils étaient 550, sur 23000 étudiants", explique Michel Lussaut, son président et porte-parole de la CPU.
Seule l'université de Rennes-II a tenté, jeudi, d'organiser un vote de l'ensemble des étudiants à bulletin secret. Perturbé, selon un communiqué de la direction, par un groupe de personnes "en partie extérieur à l'université", ce vote a été reporté au 12 novembre.
"Nous sommes beaucoup à penser que l'appel à l'abrogation de la loi est un prétexte à une contestation contre le gouvernement. Il y a manifestement une orchestration pour qu'il y ait convergence des luttes… Les arguments avancés dans les assemblées générales relèvent le plus souvent du fantasme. A Tours, certains étudiants disent que grâce à cette loi, le président pourra recruter des contractuels et que le conseil d'administration va accueillir des patrons en son sein. Cela fait vingt ans que c'est le cas!", analyse Michel Lussaut.

Editorial
Le mouvement de grogne ou de rejet qui se propage dans une partie des universités françaises depuis une quinzaine de jours présente un cruel paradoxe. En cherchant à bloquer les "facs" et en demandant l'abrogation de la loi sur l'enseignement supérieur adoptée le 11 août, les étudiants les plus radicaux ne sont-ils pas en train de se tirer une balle dans le pied ?
Certes, la loi Pécresse, du nom de la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, n'est pas la panacée aux maux dont souffre l'université. Elle ne réglera - et ne prétend d'ailleurs régler - ni le problème désespérant de l'échec massif en premier cycle, ni la coupure entre universités et grandes écoles, qui prive les premières des meilleurs bacheliers, ni le manque de moyens d'établissements sous-financés, sous-équipés et sous-encadrés. Ni, enfin, la coupure entre université et CNRS qui handicape la recherche française dans la compétition de plus en plus mondialisée des savoirs.
En revanche, elle s'efforce de poser les bases d'un renouveau en améliorant la gestion des universités et en dégrippant un système dont la complexité et les contraintes dissuadent trop souvent initiatives, innovations et dynamisme. Et elle le fait, pour la première fois, sur la base d'un accord assez large de la communauté universitaire : non seulement la loi du 11 août s'appuie pour une bonne part sur les recommandations de la conférence des présidents d'université ; mais elle a été sur bien des points négociée avec le principal syndicat d'étudiants, l'UNEF.
Autrement dit, un consensus commençait à se dégager pour que l'université française marie plus efficacement démocratisation et excellence, égalité des chances et formation des élites. Et pour qu'elle se donne les moyens - à condition, évidemment, que les pouvoirs publics y consacrent le budget nécessaire, ce qui est encore loin d'être le cas - de mieux former des étudiants plus nombreux et de rattraper son retard par rapport aux principaux pays développés. L'objectif européen, repris pendant sa campagne par Nicolas Sarkozy et partagé par la gauche, n'est-il pas de former au niveau de la licence la moitié d'une génération, contre 39 % aujourd'hui en France ?
C'est cette amorce de redressement que le mouvement actuel pourrait bien remettre en cause ou décourager une nouvelle fois. Bien sûr, dira-t-on, l'avenir de l'université n'est, en l'occurrence, qu'un prétexte commode saisi notamment par l'extrême gauche pour tenter d'élargir et de fédérer un premier front anti-Sarkozy. Comme souvent par le passé, il était probablement inévitable que l'université soit prise en otage dans cette affaire. Mais c'est, pour les jeunes, le plus mauvais terrain pour manifester leur impatience ou leur révolte.
Il revient donc aux présidents d'universités et aux équipes qui les entourent, équipes élues par leurs pairs et représentatives de la communauté universitaire, de rétablir la vérité. Comme cela a été rappelé récemment par la Conférence des présidents d'université, ce sont les universités elles-mêmes qui ont demandé à ce que les nouvelles dispositions prévues par la loi LRU (libertés et responsabilités des universités) s'appliquent à l'ensemble des établissements et ne soient pas limitées à un petit nombre d'universités privilégiées.
En engageant cette démarche, les universités ont manifesté clairement leur volonté de garantir la pérennité du service public d'enseignement supérieur et de lui donner les moyens de conforter ses missions de recherche et de formation. En particulier, la possibilité pour les universités de maîtriser la globalité de leur budget, de maîtriser la gestion de leurs locaux constituent à nos yeux des avancées décisives et il serait totalement irresponsable de les remettre en cause aujourd'hui.
Prétendre que la présence de membres extérieurs dans les conseils d'administration, ce qui au demeurant était déjà le cas auparavant, conduit à une soumission de l'université aux intérêts privés, est une contrevérité flagrante. Au contraire, les universités ont absolument besoin du regard extérieur que leur apporteront des représentants des collectivités territoriales et des agents économiques pour progresser dans leur offre de formation et dans leur potentiel de recherche. Les conseils d'administration restent d'ailleurs très majoritairement composés d'élus des personnels et des étudiants.
Prétendre que faciliter l'accès des universités à des soutiens privés va les affaiblir est une autre contrevérité et il suffit pour s'en convaincre de regarder l'avantage que cela apporte à certaines universités étrangères.
La mise en place de l'ensemble des nouvelles dispositions suscite au contraire un élan nouveau dans nos établissements, et la communauté universitaire s'est rapidement mobilisée pour les traduire en perspective de progrès décisifs pour nos étudiants et nos équipes de recherche. Briser cet élan serait une régression dramatique pour nos établissements. Il nous appartient aujourd'hui de le dire et de défendre nos universités et leur avenir contre le danger que ces actions font peser sur nos établissements.
Bernard Bosredon, président de Paris-III-Sorbonne nouvelle ;
Guy Cousineau, président de Paris-VII-Denis-Diderot ;
Jean-Robert Pitte, président de Paris-IV-Sorbonne ;
Jean-Charles Pomerol, président de Paris-VI-Pierre-et-Marie-Curie ;
Bruno Varet, administrateur provisoire de Paris-V-René-Descartes ;
Louis Vogel, président de Paris-II-Panthéon-Assas.
Je lis ce matin dans la presse que j'aurais soutenu la réforme de Valérie Pécresse sur les universités.
Ce n'est pas le cas. Au contraire j'ai dit que le gouvernement était en train de gâcher la réforme des universités.
J'ai toujours dit que pour lutter contre l'échec universitaire (40 % des jeunes sans diplôme à la fin de la deuxième année d'université !) il fallait plus d'autonomie et plus de moyens aux universités pour accompagner plus efficacement les étudiants.
En revanche, la réforme telle qu'elle est conduite, comme je l'ai précisé, pose de graves problèmes :
- l'autonomie sans moyen va creuser les inégalités entre université et les jeunes en ont parfaitement conscience
- le problème de l'échec universitaire n'est pas du tout réglé par la réforme
- il y a un grave malaise social chez les jeunes étudiants, dont un sur trois souffre de précarité et même de pauvreté.
Le pacte présidentiel que j'ai défendu prévoyait :
1/ une loi de programmation pour donner à l'université et à la recherche les moyens de l'excellence
2/ la création d'une allocation-autonomie pour les jeunes afin de leur permettre de faire leurs études dans de bonnes conditions.
Ségolène Royal
La France paralysée devant ses mauvais résultats scolaires
L'OCDE, qui teste près de 400 000 élèves de 15 ans scolarisés dans 57 pays, a choisi de se concentrer cette fois sur les sciences. Alors que les élèves finlandais caracolent une nouvelle fois en tête du classement, les Français plafonnent légèrement en dessous de la
moyenne.
En 2003, la France était à la 10e place pour les sciences, il est vrai avec des tests un peu différents. Elle recule cette année au 19e rang parmi les trente pays de l'OCDE. Ce décrochage se confirme aussi dans les deux autres domaines étudiés depuis 2000, la compréhension de l'écrit (lecture) et les mathématiques.
En lecture, la France a ainsi rétrogradé entre 2000 et 2006 de la 14e place à la 17e place. Même chose en mathématiques, où les Français sont passés en trois ans du 13e au 17e rang. "La France et le Japon ont vu leurs performances en lecture diminuer, mais pour des raisons diamétralement opposées. En France, c'est la proportion d'élèves en difficulté qui a augmenté, alors qu'au Japon c'est celle des bons élèves qui a baissé", développe Eric Charbonnier, analyste à la direction de l'éducation de l'OCDE.
RÉFORMES
Mais cette différence n'est pas la seule qui sépare les deux pays. Le Japon, comme l'Allemagne, l'Autriche ou encore la Suisse, fait partie des pays qui ont entrepris des réformes éducatives après avoir connu un véritable "choc PISA" à la révélation de leurs mauvais résultats.
"Le Japon ou la Suisse ont réagi en mettant en place un système d'évaluation national de leurs élèves. En Allemagne, un certain nombre de réformes en cours découlent de PISA", explique Nathalie Mons, maître de conférences en sciences de l'éducation à l'université Grenoble-II. En Allemagne, pour développer le goût pour les sciences, quelque 250 "laboratoires pour enfants" ont été créés sur tout le territoire. Au niveau fédéral, un programme prévoit d'étendre à tout le pays la prise en charge des enfants l'après-midi.
En France, PISA n'a pas été prise très au sérieux. Avec l'édition 2006, les choses pourraient changer. Car, selon Nathalie Mons, "un pays est mûr quand il existe un questionnement sur la qualité du système éducatif". De plus, "l'existence d'un gouvernement qui a un autre système de références que les acteurs de l'éducation est aussi un élément déclencheur, tout comme l'absence ou la faiblesse de l'évaluation des élèves. Tous ces éléments sont réunis aujourd'hui en France", analyse la chercheuse.
Celle-ci reste prudente sur l'effet du classement. "Est-ce PISA qui induit vraiment les réformes, ou ces projets préexistaient-ils et ont été a posteriori légitimés par l'étude?", se demande l'universitaire. Depuis plusieurs semaines, le ministre de l'éducation nationale, Xavier Darcos, multiplie les références aux études internationales.
Lundi 3 décembre, sur France-Culture, M. Darcos évoquait ainsi les mauvais résultats en mathématiques des élèves français pour justifier de "remettre de l'école dans l'école" et plaider en faveur d'un recentrage du primaire sur l'acquisition des savoirs fondamentaux, l'un des axes de sa future réforme.
L'Assemblée nationale s'est penchée, mardi 1er avril, sur la première traduction officielle, dans les programmes, de la politique scolaire de Nicolas Sarkozy. Le Président de la République avait promis, durant sa campagne, de «liquider une bonne fois pour toutes l'héritage de Mai 68» et de remettre les élèves au travail ; dans son sillage, Xavier Darcos avait dénoncé la «démagogie» qui «a voulu faire [des classes] un lieu de vie, un espace ludique». Concrètement? Le ministre de l'éducation nationale a présenté mardi, lors d'une audition devant les députés de la commission des affaires culturelles, sa rénovation des programmes du primaire, quasiment bouclée. Objectif de cette refonte, qui doit entrer en vigueur dès la rentrée 2008 : «Diviser par trois le nombre d'élèves en situation d'échec important.»
La rue de Grenelle a voulu réécrire un texte initié par la gauche (mais étrenné sous la droite en 2002), supposé truffé de lubies "pédagogistes", accusé d'avoir omis de faire bûcher, voire besogner les enfants : pourquoi donc disqualifier la discipline, le labeur, la répétition, le "par-cœur", semblent dire ses détracteurs? La nouvelle version des programmes, recentrée sur «les fondamentaux», réconciliée avec la récitation ou les exercices grammaticaux systématiques, a toutefois déclenché une large contestation en mars dernier : deux anciens ministres issus de bords opposés (Jack Lang et Luc Ferry) ont fait part de leurs réserves ; les principaux syndicats de l'école primaire, ainsi que de nombreux chercheurs, ont paraphé un appel intitulé «Copie à revoir», qui réclame une suspension immédiate de la réforme. «Votre projet est marqué par l'inadaptation des contenus, par un affaiblissement de leur dimension culturelle et par une conception mécaniste des apprentissages», écrivent notamment les pétitionnaires.
Mardi soir, les élus socialistes attendaient donc Xavier Darcos de pied ferme. A la seconde où le ministre a franchi le seuil de la commission, la gauche s'est dressée comme un seul homme: «On se lève quand le professeur entre!», ont ricané les socialistes, remontés contre la réintroduction de «l'instruction civique et morale». Ils ont illico dénoncé une réforme «hâtive», empreinte d'esprit «nostalgique» et de «revanche idéologique». Le ministre, blindé, a prié les «enfants» de s'asseoir. Il a ensuite dressé un bilan critique des programmes de 2002, moquant les méthodes nouvelles et l'idée d'«imprégnation des savoirs» chez l'enfant:
- les nouveaux programmes de l'école primaire, quasi définitifs, sont consultables ici
- le texte de l'appel pour une suspension des nouveaux programmes est là
- sur Mediapart, allez consulter les blogs des historiens Claude Lelièvre et Philippe Joutard, qui livrent leurs analyses sur le sujet











