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Désirs d'Avenir 76

Au QG de Royal, la déception et les larmes de Ségolène

10 Octobre 2011 , Rédigé par Yvon GRAIC Publié dans #Ségolène ROYAL

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Depuis quelques heures déjà, l'atmosphère est déprimée à la maison des Polytechniciens, QG de Ségolène Royal. Au 12 rue de Poitiers, à quelques pas du siège du PS, les pronostics sont très négatifs pour l'ancienne candidate de 2007. La défaite semble inéluctable, et l'attente des résultats est pénible pour les militants.

20h. Ce n'est pour l'instant pas une défaite, mais les espoirs sont très maigres. En témoignent les mines austères des quelques ségolènistes, repérables à leur écharpe rouge et à leurs regards fuyants. Entourés de journalistes, ils se sont regroupés par petits groupes, et commentent entre eux les premières rumeurs à voix basse. L'écran géant annonce qu'Arnaud Montebourg pourrait être devant Ségolène.

21h. Dans un silence gêné, les militants attendent la confirmation de la défaite.

La visite de Jean-Louis Bianco au QG anime la salle. "Le succès de la primaire est une formidable victoire pour la démocratie participative. Plus jamais on ne fera de la politique comme on le faisait avant. Les idées portées par Ségolène Royal vont rester. Quelque soient les résultats, la gauche ne pourra pas gagner sans Ségolène Royal."

Applaudissements. Certains militants retrouvent le sourire, bien décidés à terminer dignement le combat qu'ils ont mené. D'autres sont un peu moins philosophes, comme ce militant quittant la salle. Vous voterez pour qui? "Pour le Front de gauche ! Je suis trop écœuré pour voter pour les socialistes."

21h30. Rapidement la nouvelle équation politique est posée par les militants. Qui de Martine Aubry ou de François Hollande portera le mieux les idées de Ségolène Royal ? Jema, ancienne du PS qui ne milite plus qu'à Désir d'Avenir depuis le congrès de Reims, attend les consignes avec regret. Elle comprend parfaitement les militants qui pourraient se tourner vers Jean-Luc Mélenchon. Selon la militante d'Argenteuil, Ségolène Royale est la seule à s'occuper des quartiers populaires au PS. A Argenteuil, ville socialiste, Ségolène Royal a recueilli 10% des votes, Martine Aubry 31% et Hollande 34%.

22h. Acclamée par la salle, Ségolène Royal remercie les militants, le visage fermé. Elle "prend acte" du résultat décevant. Les yeux sont humides dans le public, où l'on lit la déception mais aussi l'envie de continuer.

Najat Belkacem qui la soutient, reconnait qu'il n'a pas été facile d'être fidèle à Ségolène Royal depuis 2007, mais remercie la candidate pour cette "aventure inoubliable"… et terminée ? Pas si l'on en croit Jean-Louis Bianco, pour qui "la France a besoin de Ségolène Royal", dont les idées sont "justes".

22h30. Certains militants en deuil refusent de parler, mais parcourent les salles, en se repassant en tête les épisodes de la campagne, afin de comprendre ce qui n'a pas marché. Jean-Louis Bianco met en cause les données de cette campagne : par rapport à 2007, Ségolène Royal n'a pas l'effet de nouveauté. "C'est Arnaud Montebourg que l'on découvre cette fois", dit-il.

Pour Jema, l'échec de Ségolène vient essentiellement de son avant-gardisme, qui fait peur au Parti socialiste : "On essaie de l'abattre parce qu'elle dérange. Si Montebourg et Valls, soutiens de Ségolène en 2007, n'avait pas présenté leur candidature, c'est elle qui serait en tête ce soir."

Comme elle, Marie-France, élue PS à Argenteuil, s'en tiendra aux directions de Ségolène Royal. Mais "beaucoup se tourneront vers Martine Aubry", prévient-elle. "De toute façon le but maintenant c'est de battre Sarkozy", ajoute Jema. Pas évident que l'unité se fasse facilement. Un ami a invité Marie-France à faire la fête avec les hollandistes. "Tu crois que je vais y aller ? Tu rigoles ou quoi !"

23h. Ségolène Royal quitte la rue de Poitiers en larmes. 



Ségolène Royal en larmes en quittant son QG par BFMTV



Donald Hebert, envoyé spécial au QG de Ségolène Royal - Le Nouvel Observateur

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