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Désirs d'Avenir 76

Ségolène Royal veut rendre la contraception plus accessible aux mineures

13 Novembre 2009 , Rédigé par Yvon GRAIC Publié dans #Santé

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Malgré l'opposition de Luc Chatel, Ségolène Royal affirme que les "chèques-contraception" pour mineures qu'elle a imaginés en tant que présidente de Poitou-Charentes vont être envoyés dans les lycées de la région. Chaque chèque-contraception, en principe distribuable par les infirmières scolaires, doit donner accès à "une consultation médicale gratuite", "pour accéder à l'achat de contraceptifs", "pour faire des analyses médicales" et "effectuer une visite de contrôle".

Pour le ministre de l'éducation, ce serait "se substituer au planning familial, seul autorisé à prescrire des contraceptifs à un enfant mineur". "Nous avons affaire à des élèves mineurs. L'autorité parentale est quelque chose qui compte, a déclaré M. Chatel, qui rappelle que dans chaque lycée existe un conseil d'éducation à la santé et à la citoyenneté qui, avec nos personnels de santé de l'éducation nationale, apporte des conseils aux élèves en matière de sexualité."

LES PLANNINGS DIFFICILEMENT ACCESSIBLES EN ZONE RURALE

Pour la socialiste, il n'y a pas contradiction avec la mission du planning familial puisque le dispositif est mis en place pour "lutter contre les grossesses précoces des filles mineures". Mme Royal a rappelé que c'est elle qui, alors ministre déléguée à l'enseignement scolaire, avait "autorisé les infirmières scolaires" à distribuer la pilule du lendemain. Pour l'année scolaire 2001, quand la contraception d'urgence faisait son apparition dans les infirmeries scolaires, un peu plus de quinze mille jeunes filles scolarisées l'ont demandée, selon des chiffres du gouvernement. Aucune statistique plus récente et vérifiable n'est disponible.

"C'est encore mieux de prévenir", conclut Mme Royal. "Il est dommage que Luc Chatel ignore que l'éducation nationale a déjà comme mission de venir au secours de la détresse des élèves", accuse-t-elle, évoquant la détresse sociale que représentent en France six mille grossesses précoces, dont cinq cents en Poitou-Charentes."

Elle fait valoir que l'initiative "adoptée à l'unanimité des conseillers généraux a bien sûr été mise en place en coordination avec le planning familial, qui est souvent très éloigné des lycées ruraux". C'est précisément ce que pointe une infirmière scolaire de l'est de la France, jointe par Le Monde.fr, qui travaille dans deux collèges ruraux. Selon elle, il est parfois difficile à des jeunes filles de moins de 15 ans de se rendre dans un centre de planification situé à plusieurs kilomètres, sans que les parents le sachent. "Avec ce système, si des conventions étaient signées, on pourrait imaginer qu'elles aillent chez un médecin du village, au moins pour faire renouveler leur ordonnance de pilule", explique-t-elle.

Antoine Strobel-Dahan

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