Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Désirs d'Avenir 76

Ségolène Royal se place en tête du rassemblement des socialistes

20 Septembre 2010 , Rédigé par Yvon GRAIC Publié dans #Fraternité

 A la Fête de la Fraternité qu'elle organisait à Arcueil, l'ex-candidate a dénoncé un gouvernement «dur et manipulateur».

Comment redevenir une candidate sérieuse ? En ne faisant plus fuir ses potentiels alliés. Avant de penser pouvoir se présenter aux primaires socialistes, Ségolène Royal s'est donc donné une mission: montrer qu'elle peut rassembler. L'ex-candidate s'y est employée samedi à Arcueil en banlieue parisienne. Pour la troisième année consécutive, la présidente de Poitou-Charentes a tenu sa «Fête de la fraternité». «Dans deux ans nous pourrons mettre fin à cette présidence qui cherche à diviser notre nation parce qu'elle croit que c'est ainsi qu'elle pourra être réélue», a-t-elle promis à plus de 2500 militants venus l'écouter dans le Parc du Coteau, une sorte de terrain vague situé sous le pont de l'autoroute du soleil. «Unis nous sommes, unis nous demeurerons. Nous resterons ensemble quoi qu'il arrive, face aux obstacles, nous serons ensemble en dépité de toutes les tentatives pour nous opposer, en dépit de tous les jeux pour nous opposer», a-t-elle ajouté. Parce que «les enjeux sont essentiels», elle envisage de rassembler «les altermondialistes», les «socialistes» voire «tous les républicains».

L'espace d'une journée, Ségolène Royal a donc rassemblé large mais seulement des socialistes et des responsables du reste de la gauche: Claude Bartolone, Arnaud Montebourg, Manuel Valls, Jean-Luc Mélenchon, des syndicalistes (comme Philippe Colin le porte-parole de la confédération paysanne), d'artistes (comme Arian Mnouchkine).

 

Tous ont tous répondu à l'invitation de Ségolène Royal. «Si on m'avait dit il y a deux ans que j'allais me retrouver ici », sourit Bartolone, dépêché sur place pour représenter Martine Aubry. Tous ont participé à des ateliers sur les banlieues, la démocratie ou le peuple avant de laisser la place sur scène à la présidente de Poitou-Charentes. Et c'est sur une musique digne d'un meeting de campagne qu'elle fait son entrée: I got a feeling des Black Eyed Peas, le tube des boîtes de nuit.

 

«L'anti-sarkozysme ne suffit pas»

Pour autant, l'heure est à la sobriété. En tailleur noir et chemise blanche, Ségolène Royal parle «avec gravité». Elle a travaillé son discours et s'écarte rarement de son texte. Si «l'antisarkozysme ne suffit pas», ses mots sont sévères contre le chef de l'Etat. «La France est entre de mauvaises mains, elle est martyrisée par un gouvernement dur et manipulateur», accuse-t-elle. Le bilan est jugé désastreux. «Que font-ils, là haut, au gouvernement ?», demande-t-elle, en s'adressant à la base, à la foule. «Rien !». Elle rebondit sur la polémique entre Nicolas Sarkozy et les institutions européennes sur les expulsions des Roms. «C'est la politique [de Nicolas Sarkozy] qui injurie, blesse, outrage et humilie la France».

Mais l'ex-candidate veille à ne pas donner le sentiment d'en rester là. Elle insiste sur ses «propositions» pour «redresser la France», c'est le thème de son intervention. Des propositions qui s'appuient sur son expérience en Poitou-Charentes: entrée de l'Etat dans le capital des entreprises stratégiques, banque national de prêts aux petites entreprises, conditionnement de aides publiques, sécurité sociale professionnelle… des propositions qu'elle avait déjà formulées pour la plupart.

 

Royal a retrouvé des interlocuteurs, pas des alliés

Sans hésitation, elle reprend aussi à son compte les propositions des autres leaders socialistes, comme par exemple le tutorat des jeunes par des salariés expérimentés. François Hollande propose la même chose! Comme l'ancien premier secrétaire, Royal plaide pour un «pacte de confiance pour l'emploi des jeunes». Mais elle adresse, sur un ton de maîtresse d'école, une mise en garde aux jeunes: «Vous devez travailler dur et d'abord à l'école». A l'issue du discours, les royalistes sont ravis. Tout le monde monte sur scène.

Pas vraiment tout le monde: les invités, de Manuel Valls à Claude Bartolone ne s'affichent pas sur la tribune. L'ex-candidate n'a pas encore retrouvé des alliés: elle a seulement regagné des interlocuteurs. Ainsi les anciens royalistes demeurent circonspects. «Les Français ne peuvent pas supporter les chamailleries d'une grande formation», explique l'avocat Jean-Pierre Mignard. Ami personnel de Ségolène Royal, il s'était éloigné d'elle l'année dernière pour défendre plutôt Dominique Strauss-Kahn. Il n'est pas de retour: «Je suis laïc dans la façon de regarder une personnalité majeure», dit-il de façon très distanciée. Les membres de la direction du PS font la part des choses. «Les Français nous disent qu'ils veulent le rassemblement des socialistes», observe Claude Bartolone, envoyé par Martine Aubry pour la représenter sur place. «Je ferai tout pour que Dominique Strauss-Kahn ou Martine Aubry soient les candidats mais quel que soit le choix, au lendemain de la désignation, il faudra que tous les socialistes soient là». Quant à Jean-Luc Mélenchon, le président du Front de gauche, il est venu pour utiliser la tribune, pas pour être instrumentalisé. «Je suis là pour défendre avec Mme Royal l'idée d'un référendum [sur les retraites]. C'est ça et rien d'autre».

Par Nicolas Barotte,    Jim Jarrassé    www.lefigaro.fr

Partager cet article

Commenter cet article