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Désirs d'Avenir 76

Ségolène ROYAL : Réforme des retraites, rétablir la Vérité....

10 Juillet 2011 , Rédigé par Yvon GRAIC Publié dans #Ségolène ROYAL

bandeau 2011

Rétablir la Vérité

J’étais jeudi matin l’invitée de France Inter. A cette occasion, il m’a été affirmé que le candidat Nicolas Sarkozy avait promis en 2007 la revalorisation de 25% du seul « minimum vieillesse ».

Voilà très précisément ce que le candidat UMP affirmait à la télévision le 2 mai 2007 lors du débat qui nous a opposés :

« Il y a 3 millions de petites retraites, c’est-à-dire 3 millions de personnes qui sont en dessous du minimum vieillesse. J’augmenterai de 25 % les petites retraites et je les ferai financer, car on aura récupéré sur la réforme des régimes spéciaux. Je veux mettre sur la table la question des pensions de reversion. La situation faite aux veuves est catastrophique. C’est 54 %. Quand un mari décède, sa veuve a 54 % de la pension. Je la porterai à 60 %. La question des retraites est centrale. »

Nicolas Sarkozy a donc bien dit « j’augmenterai de 25% les petites retraites » en indiquant que 3 millions de personnes seraient concernées, ce qui dépasse très largement les seuls allocataires du « minimum vieillesse » dont le nombre est d’environ 600 000.

Concernant spécifiquement le « minimum vieillesse » (désormais appelé allocation de solidarité aux personnes âgées), la promesse n’a pas été tenu puisqu’au rythme actuel il faudra attendre au moins jusqu’en 2013 pour atteindre l’augmentation promise. Quant à l’évolution générale du pouvoir d’achat des retraités modestes, chacun peut mesurer, comme l’a récemment fait la banque de France sur la question du surendettement, l’accroissement de leurs difficultés à atteindre les fins de mois.

Deuxième affirmation qui m’a été faite concernant l’allongement de la durée de cotisation que vient de décider le gouvernement : il est normal que la durée de cotisation augmente puisque l’espérance de vie s’accroît.

Cette augmentation de la durée de cotisation n’est pas normale et juste car elle est une négation des inégalités sociales de mortalité.

L’espérance de vie n’est en effet pas la même pour toutes les catégories socioprofessionnelles.

Certes, les statistiques de l’INSEE mettent en évidence une augmentation de l’espérance de vie (en 2000, à 60 ans, elle était de 20,4 années pour les hommes et 25,6 pour les femmes ; en 2005 à 60 ans, elle passe à 21,4 années pour les hommes et 26,4 pour les femmes et en 2010, elle atteint 22,4 pour les hommes et 27,2 pour les femmes).

MAIS : les statistiques montrent aussi des inégalités sociales de mortalité en France, liées à la fois aux comportements et modes de vie mais aussi à des expositions aux risques professionnels et conditions de travail difficiles.

Une autre étude de l’INSEE montre en effet que chez les cadres, 6,7% des hommes nés entre 1940 et 1946, sont morts avant 60 ans, alors que chez les employés et ouvriers non qualifiés, ce pourcentage qui grimpe à 14,3%.

Autre élément qui n’est pas pris en compte dans l’augmentation de l’espérance de vie : la qualité de vie.

Peut-on sérieusement proposer aux gens : « L’espérance de vie augmente donc vous travaillerez plus longtemps et vous ne pourrez pas profiter de votre retraite sans incapacité » ?

Une étude européenne de 2008 réalisée avec des chercheurs de l’Ined et de l’Inserm montre qu’un Français âgé de 50 ans peut espérer vivre jusqu’à 68,1 ans sans incapacité et une Française jusqu’à 69,7 ans. (avec des inégalités là encore : les cadres peuvent en moyenne compter sur 10 années d’espérance de vie sans incapacité de + que les ouvriers). Ce qui veut dire qu’en repoussant l’âge de départ à la retraite, cela laisse de moins en moins d’années pour pouvoir profiter d’une retraite méritée.

→ Il faut donc impérativement mettre en place un dispositif reconnaissant la pénibilité :

La loi de 2003 avait prévu des négociations entre partenaires sociaux qui devaient se conclure dans un délai de trois ans. Or, la négociation engagée en 2004 n’a jamais abouti. Le patronat a refusé de mettre sur pied un dispositif collectif permettant le départ anticipé des salariés ayant été les plus exposés à des conditions de travail pénibles.

La réforme de 2010 ne prévoit un maintien de la retraite à 60 ans seulement pour les salariés qui sont déjà reconnus maladies professionnelles ou accident du travail. Les inégalités d’espérance de vie selon la profession ou l’exposition aux risques ne sont pas retenues.

→ Il n’est pas juste de reculer l’âge de la retraite et aujourd’hui de demander de cotiser plus longtemps à des personnes qui ont été au moins dix ans dans un emploi pénible.

En 2012, je remettrai en négociation l’ensemble de ces points. C’est cela l’ordre social juste.

PS : Pour mémoire également, ces propos de Nicolas Sarkozy : « Jusqu’en 2020, on n’a pas de souci majeur à avoir quant au financement de nos retraites » (débat d’entre-deux-tours). A propos de la réforme des retraites, sur RTL le 27 mai 2008 : «Je dis que je ne le ferai pas, pour différentes raisons, et la première c’est que je n’en ai pas parlé pendant ma campagne présidentielle. Ce n’est pas un engagement que j’ai pris devant les Français, je n’ai donc pas de mandat pour faire cela. Et ça compte, vous savez, pour moi.»

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