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Désirs d'Avenir 76

Ségolène Royal : "Oui, il y a une collusion entre le système financier et les dirigeants actuels du pays"

23 Juillet 2011 , Rédigé par Yvon GRAIC Publié dans #Ségolène ROYAL

http://www.lepost.fr/medias/www/1.0.550/img/header/logo-Le-Post.gif    RichardTrois

Hier Ségolène Royal donnait une conférence de presse depuis le siège du Parti Socialiste.
C'était l'occasion de combattre et de proposer des solutions concrètes pour sortir la Grèce mais aussi l'ensemble de l'Europe et de ses peuples de la crise.

Ségolène Royal fustigé l'absence de décisions structurelles, qui pourraient permettre de mettre fin à la spéculation et à favoriser l'économie réelle :

"Vis à vis des peuples d'Europe, les dirigeants doivent montrer autre chose que des sommets qui durent 24h ou 48h et qui à chaque fois, c'est le 23ème sommet où l'on reporte les décisions structurelles.
J'ai regardé hier l'ensemble des communiqués qui sont sortis de ces 23 sommets.
Ils se ressemblent tous. On colmate les brèches, on prend des décisions in extremis et on dit c'est au prochain sommet que l'on règlera les problèmes structurels. A chaque fois. Cela a été dit 22 fois et une 23ème fois hier. On prend les décisions d'urgence, comme cela a été dit dans un journal grec, c'est une décision ceinture de sauvetage."


Cette conférence a été aussi pour Ségolène Royal le temps d'un plaidoyer pour une Europe nouvelle, réconciliée avec les peuples. Et il y a là, on le voit partout beaucoup de travail, un changement fondamental :

"Pourquoi les peuples se détournent de l'Europe ? Parce que tant que l'Europe sera synonyme de rigueur, de chomâge, tant que les efforts demandés au niveau européen seront demandés aux salariés, aux ouvriers, aux classes moyennes, aux catégories populaires, aux dirigeants des petites et moyennes entreprises, à tous ceux qui souffrent déjà et qui avec des décisions de rigeur souffrient encore plus tandis que les grandes fortunes sont mises à l'abri de l'effort de contribution (...), tant que les dirigeants ne mettent pas sur un même pied d'égalité la nécessité d'assainir les dépenses publiques et la nécessité de lutter contre les inégalités et de faire contribuer autant les revenus du travail et du capital, l'Europe est déséquilibrée.
Et moi je veux des peuples européens qui reprennent confiance dans l'Europe. Et les peuples européens reprendront confiance dans l'Europe si l'Europe leur ouvre des perspectives.
Et si chaque fois que l'on prononce le mot Europe, on ne prononce pas en même temps le mot rigueur."

Au cours de cette conférence, Ségolène Royal a fait 4 propositions très concrètes de réformes structurelles, pour sortir durablement l'Europe de la crise :

- Assurer la relance économique de l'Europe, en mettant notamment en place un fonds souverain pour que l'Europe puisse emprunter, qui serait financé par des taxes sur les banques ou par l'émission "d'eurobonds", c’est-à-dire des obligations européennes.

- Mettre en place un "commandant en chef contre la crise financière" en Europe, c'est à dire un ministre commun de l'économie et des finances, au niveau franco-allemand pour débuter.

- Interdire la spéculation sur les banques et interdire de vendre à terme des titres que l'on n'a pas.

- Réformer les agences de notation.


Interrogée sur les raisons pour lesquelles ces mesures ne sont jamais prises, Ségolène Royal a évoqué les échéances électorales qui préoccupent Nicolas Sarkozy, mais aussi la collusion entre le pouvoir et les banques.

Ecoutez là répondre à une question sur ce sujet :

Le verbatim :

"Est-ce que vous avez vu une seule décision en France imposée au système bancaire? On a renfloué les banques et l'Etat n'est même pas entré au capital des banques. Oui, il y a une collusion entre le système financier, le système bancaire et les dirigeants actuels du pays. On le sait, ils ne se laisseront rien imposer. Comment font-ils pour ne rien se laisser imposer ? Souvent c'est un chantage aux licenciements. Même la réforme des tarifications bancaires n'a pas été faite.
Vous avez vu qu'il a fallu un rapport européen pour montrer qu'il y a avait une collusion entre les banques pour adopter les tarifs de retrait d'argent liquide aux distibuteurs de billets, des prélèvements qui sont totalement illégaux et qui relève de l'entente.

On le sait.
Christine Lagarde quand elle était Ministre de l'Economie et des Finances avait annoncé une dizaine de fois qu'elle allait faire la réforme des tarifications bancaires et notamment des abus (...).
Pourquoi ne demande-t-on aux banques de rembourser l'argent prélevé illégallement ?
Pourquoi droits et devoirs s'imposeraient à tous sauf aux banques ?"

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renault 26/07/2011 14:08



Je crains qu'il existe plusieurs systèmes de différents niveaux de collusions qui s'interactivent et se nourrissent les uns les autres d'où leur dangerosité extrême !