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Désirs d'Avenir 76

Ségolène Royal : "La demande d'autorité est plus que jamais une demande de ce que j'ai appelé l'ordre juste"

27 Janvier 2013 , Rédigé par Yvon GRAIC Publié dans #Ségolène ROYAL

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A lire la passionnante étude publiée hier par Le Monde sur la montée des peurs et les nouvelles fratures. 87% des Français sont d’accord avec l’idée selon laquelle « il faut remettre de l'ordre » et 86 avec l’idée selon laquelle « l’autorité est une valeur qui est souvent trop critiquée aujourd’hui ».

 

Le Monde a demandé à Ségolène Royal qui a fait bouger le PS en profondeur sur la question de l'autorité, de la sécurité et des valeur de donner son avis.

«  La demande d'autorité est plus que jamais une demande de ce que j'ai appelé l'ordre juste. 

Cette exigence politique, que je défends depuis 2007 était à ce moment âprement raillé par les "bobos" dont on voit confirmation du grand décalage dans votre enquête. 

Cela veut dire que les désordres que l'on constate dans tous les domaines économique, social, écologique, territorial, scolaire, urbain, financier...- sont vécus comme autant d'injustices insupportables et destructrices. Ces désordres sont autant d'insécurités, de menaces, dont les Français ne veulent plus. Ils interrogent l'efficacité de la politique. 

Cet ordre juste est la condition d'un changement accepté car débattu et piloté avec le souci d'un bénéfice mutuel et d'une répartition équitable des efforts. Il suppose de nouvelles règles du jeu qui s'appliquent à tous, sans exception. 

Des règles qui permettent à la société d'évoluer par le dialogue au lieu de dresser les catégories les unes contre les autres. Ces nouvelles règles du jeu supposent une démocratie participative réelle et la recherche constante d'un équilibre entre les droits et les devoirs. C'est un contrat donnant-donnant, sans tricheurs, ni prédateurs. L'ordre juste, c'est une autorité qui garantit qu'il n'y a pas de perdant au sens où un pays doit valoriser tout son potentiel humain ».

France 2013 : les nouvelles fractures


25 janv. 2013 - Ipsos a conçu et réalisé pour Le Monde, la Fondation Jean Jaurès et le Cevipof la vague 1 d’un baromètre sur les Nouvelles Fractures qui traversent la société française. 

Voir l'analyse vidéo

On savait les Français très préoccupés par l’emploi et le pouvoir d’achat ; les résultats de l’enquête mettent en évidence un autre mouvement : le profond repli de l’opinion qui atteint en ce début d’année 2013 un niveau jamais égalé. Ce mouvement se caractérise par une très forte défiance à l’égard du monde extérieur et d’autrui. Pour 78% des personnes interrogées, « on n'est jamais trop prudent quand on a affaire aux autres », 58% pensent que « la France doit se protéger davantage du monde d’aujourd’hui plutôt que de s’ouvrir au monde extérieur ». On observe parallèlement un important rejet du système démocratique et médiatique. Pour 62% des Français, « la plupart des hommes et des femmes politiques sont corrompus » contre seulement 38% pour qui il s’agit d’un phénomène minoritaire. 58% estiment que les journalistes font mal leur travail et 72% qu’ils ne parlent pas des vrais problèmes des Français. Les attentes de l’opinion se positionnent pour un renforcement de l’autorité politique et de l’échelon national. 87% des Français sont d’accord avec l’idée selon laquelle « on a besoin d’un vrai chef en France pour remettre de l’ordre » ; 65% estiment que pour faire face aux grands problèmes à venir il « faut renforcer les pouvoirs de notre pays quitte à limiter ceux de l’Europe ».

Ce mouvement d’opinion traduit bien davantage que la nième étude sur la défiance des Français. En effet, l’enquête fait également apparaître  une adhésion parfois massive à certains propos xénophobes et une forte crispation autour de l’Islam.  70% des Français se sentent proches de l’idée selon laquelle « il y a trop d’étrangers en France » (contre 30% qui se positionnent sur l’item opposé : « il n’y a pas trop d’étrangers en France »). Pour 67% des personnes interrogées, « on ne se sent plus chez soi comme avant » (contre 38% qui estiment qu’on se sent « autant chez soi aujourd’hui qu’avant »). Enfin, près de trois Français sur quatre (74%) pensent que la religion musulmane n’est pas tolérante et pas compatible avec les valeurs de la société française (contre respectivement 28% et 11% pour la religion catholique et 34% et 25% pour la religion juive).

On savait l’opinion publique française pessimiste et inquiète depuis longtemps. On la découvrait à chaque enquête annuelle de plus en plus défiante.  On la mesure maintenant dans le repli, la crispation identitaire et un rejet profond de l’Islam.

Cette enquête fait également apparaître des porosités de plus en plus marquées entre certains électorats. Sur le terrain de l’identitaire et de la demande d’autorité, les sympathisants UMP sont maintenant idéologiquement extrêmement proches des sympathisants FN : massivement hostiles aux étrangers et à l’Islam et en demande d’un « vrai chef ». Ils s’en démarquent en revanche sur la mondialisation, l’euro et l’Europe. De même, il existe des points de convergence forts entre les sympathisants du FN et ceux du Front de gauche pour critiquer la mondialisation, les medias, les responsables politiques et l’islam en tant que religion  qui voudrait « imposer son mode de fonctionnement » ou qui serait intolérante.

Enfin, au-delà de la très grande richesse des résultats d’ensemble et des résultats triés par la sympathie partisane des interviewés, leur profession ou leur niveau de diplôme, Ipsos a également réalisé une analyse typologique particulièrement intéressante. Elle fait apparaître 5 grands groupes, allant des « bobos » aux « populistes » en passant par les « libertaires », les « ambivalents » et les « crispés ».  Une typologie éclairante sur les nouvelles fractures françaises.

 

 

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