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Désirs d'Avenir 76

Quand la Commission des sondages donne raison à Ségolène Royal

5 Juin 2011 , Rédigé par Yvon GRAIC Publié dans #Sondages

http://www.lepost.fr/medias/www/1.0.507/img/header/logo-Le-Post.gif   RichardTrois


Effet dans la journée de mercredi, la Commission des Sondages recadrait très sévèrement l'institut TNS-SOFRES en mettant en exergue "un défaut de cohérence interne au regard de l'objet d'un sondage qui, dépourvu de toute valeur prédictive, doit se borner à refléter l'état de l'opinion au moment de sa réalisation".

Quand la Commission des Sondages donne raison à Ségolène Royal



Le-dit sondage avait été publié dans le Nouvel Observateur du 26 Mai 2011 et était pourtant présenté comme la "vérité vraie" du paysage politique de l'après-DSK et des intentions de vote au premier tour de la présidentielle en fonction du candidat PS. Et le Nouvel Observateur de conclure en se basant sur ce sondage TNS-SOFRES :
"Tout se passe comme çi les électeurs socialistes, qui avaient hier un seul champion, avaient pris cette fois çi la précaution d'en sélectionner deux."

Et le magazine de nous présenter ses nouveaux candidats providentiels, Martine Aubry et François Hollande, annonçant un duel indépassable au vu des résultats du sondage pour le premier tour de la présidentielle "de dans un an".
L'enquête montrait en effet que François Hollande et Martine Aubry devanceraient l'un et l'autre Nicolas Sarkozy au premier tour de la présidentielle de 2012, Marine Le Pen, troisième, étant éliminée.

Las, la commission des sondages est particulièrement claire et nette à propos de ce sondage:
"En conséquence, et en l’absence de toute manoeuvre imputable à l’institut, la commission exprime des réserves sur le caractère significatif des intentions de vote publiées qui ne reflètent pas les résultats de l’enquête après application aux réponses des personnes interrogées des méthodes de redressement habituellement admises".

Voilà donc que cette commission indépendante donne raison à Ségolène Royal et à son équipe qui écrivait dans sa newsletter du 19 mai :
"Les sondages se suivent et se ressemblent. Et continuent à manipuler. Après la remise en cause de leur hypothèse précédente, les voici, sans tenir aucunement compte de la sévère leçon qu'ils viennent de recevoir, qu'ils recommencent leurs affaires. Freud dirait que c'est de 'la compulsion de répétition' ! Ils ont l'obsession de désigner, à la place des Français, qui mérite ou pas d'être élu. A partir d'échantillon de moins de mille personnes, ils assènent que les Français veulent ceci ou cela. Et Segolène Royal qui a eu le courage de dénoncer ces méthodes, à un an de l'élection présidentielle et alors que personne ne sait qui va venir voter aux primaires, se voit 'corrigée' dans ces sondages (il parait que certains 'corrigent' jusqu'à moins cinq points ! )."

Et Delphine Batho, députée des Deux-Sevres a donc raison de se battre avec le groupe socialiste à l'Assemblée Nationale pour que la proposition de loi votée à l'unanimité au Sénat ne soit pas dénaturée par une partie de l'UMP aux ordres de l'Elysée.

Tout comme Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole de Ségolène Royal, a raison de rappeler les errements des instituts de sondage et des médias au travers de l'analyse post-21 avril 2002 du sociologue Arnaud Mercier dans l'ouvrage « Le vote de tous les refus » (Presses de Sc.Po, 2003). Le sociologue s'appuyait déjà sur un lourd avertissement de la Commission des Sondages paru avant l'élimination de Lionel Jospin au premier tour :
"La première tient aux modalités de constitution des échantillons des personnes interrogées, à la proportion élevée des personnes sondées n’exprimant aucun choix et à celle, parmi les intentions exprimées, des personnes qui ne sont pas sûres de leur choix. La seconde tient à certains des procédés de redressement auxquels ont actuellement recours les instituts de sondage. Dans ces conditions, la Commission des Sondages tient à souligner les limites de fiabilité des sondages."

Le sociologue Arnaud Mercier citait alors Jérôme Sainte-Marie, directeur des études d’opinion à BVA, lequel reconnaissait sans ambages que "certains sondeurs ont beau dire n’importe quoi, ça n’a finalement aucune importance. On leur demande juste de créer l’événement. Et ça marche : les gains de notoriété sont plus rentables que la fiabilité…"

L'organisation d'une primaire réellement ouverte à tous les Français est une grande avancée démocratique. Dans une société de défiance, le choix de cette primaire ouverte montre la confiance que les socialistes accordent aux citoyens français, à leur maturité comme au débat d'idées qui doit permettre de faire émerger le candidat de la gauche.

Il ne faut pas que cette avancée démocratique soit dénaturée, détournée par des pratiques anti-démocratiques et manipulatrices, niant le débat d'idées.
A nous citoyens de nous indigner, de résister contre ces manipulations indignes qui voudraient peser sur notre vote du 9 octobre prochain !

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