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Désirs d'Avenir 76

Najat Belkacem : "La controverse de Dijon " ,beaucoup de bruit pour rien

16 Novembre 2009 Publié dans #Espoir à Gauche

Par dina le 15/11/2009

http://blog.najat-vallaud-belkacem.com/themes/najat/img/portrait.jpgEn dépit de tous les commentaires, analyses et petites phrases qui font l'actualité politique de ce dimanche sur la présence de Ségolène Royal à la rencontre organisée à Dijon par "L'Espoir à Gauche", j'ai dû mal à comprendre pourquoi un tel déferlement de réactions effarouchées. Ce serait sans importance, d'ailleurs, si le spectacle offert pour tant de cris d'orfraies et d'hypocrites indignations ne venait alimenter une nouvelle fois l'idée que les socialistes ne se préoccupent d'eux-même, dans une interminable bataille de chefs.

Ségolène n'était pas à Marseille ? Elle ne pense qu'à elle, et méprise les travaux de fond menés au sein du Parti. Ségolène va à Dijon ? C'est pire, elle y va pour faire sa promotion personnelle. C'est à plonger le plus fin des stratèges politiques dans un abîme de perplexité, non ? Pour ma part, j'étais à Dijon comme j'étais à Marseille lors de la première rencontre du genre. Pourquoi ? Revenons à des choses simples. "L'Espoir à Gauche", c'est le courant du Parti Socialiste qui réunit toutes celles et tous ceux qui avaient soutenu la motion E lors du Congrès de Reims, c'est à dire la motion portée par Ségolène Royal, mais aussi de Vincent Peillon et de tant d'autres. Un courant a pour vocation d'être un espace informel de réflexion, de proposition et de travail au sein même du parti pour contribuer à la construction, le moment venu, d'un projet commun à tous les socialistes. Chaque courant se réunit régulièrement, avance des idées et les propose à la direction du parti qui les reprend à son compte, ou non. C'est ce que nous avons fait à Dijon autour de l'éducation. Les organisateurs d'une telle rencontre peuvent décider d'inviter des personnalités extérieures : des experts, bien sûr, mais aussi des responsables politiques d'autres partis, comme c'était le cas avec les Verts, le Modem ou Robert Hue. Les membres du courant, eux, n'ont pas l'habitude de s'inviter eux-mêmes, c'est une sorte... d'évidence. Fin de l'histoire, si j'ose dire.

"L'Espoir à Gauche" doit selon moi rester un courant, c'est à dire un laboratoire d'idées, sans devenir un instrument de pouvoir au service d'ambitions personnelles. Ce ne serait pas loyal à l'égard des militants qui y sont engagés sincèrement dans un esprit de travail collectif qui dépasse les problèmes de personnes. C'est pour cela que Ségolène Royal, par exemple, a choisi la clarté en réunissant ses soutiens au sein de l'association Désirs d'Avenir, respectant ainsi une forme d'honnêteté envers celles et ceux qui ont rejoint "L'Espoir à gauche" pour autre chose. C'est donc particulièrement injuste de lui attribuer le rôle de celle qui sème la discorde ou la zizanie. Concluons donc provisoirement avec cette maxime de La Rochefoucauld, décidément inépuisable lorsqu'il s'agit de déjouer les pièges trompeurs de l'apparence: "L'intérêt parle toutes sortes de langues, et joue toutes sortes de personnages, même celui de désintéressé."

http://blog.najat-vallaud-belkacem.com/

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