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Désirs d'Avenir 76

La réforme des retraites : retour sur 30 ans de débats

16 Septembre 2010 , Rédigé par Yvon GRAIC Publié dans #Retraite

http://www.publicsenat.fr/sites/all/themes/basic/css/img/logo-public_senat_simple.gif    Pierre-Anthony Canovas
Dominique Strauss Kahn, professeur d'économie -
Au lendemain de la mobilisation massive sur les retraites, retour sur ce sujet sensible. Un thème sur lequel syndicalistes, citoyens et politiques débattent depuis des décennies. Flashback avec l’ina.fr sur les débats, les petites phrases ou les étapes majeures de ces trente dernières années.
Présidentielle 2007 : l’affrontement Royal – Sarkozy

Passe d’armes remarquée dans l’entre-deux tours de l’élection présidentielle. A quatre jours du vote, la tension est palpable durant le débat télévisé qui oppose les deux candidats. Parmi les désaccords : la réforme des retraites et les régimes spéciaux. Un traitement particulier qui concerne plusieurs professions. Parmi celles-ci figurent certains fonctionnaires, sénateurs, députés, mais aussi des salariés d’entreprises publiques ou encore des secteurs à forte « pénibilité ». Nicolas Sarkozy reproche à Ségolène Royal de ne pas vouloir réformer les régimes spéciaux. Moment marquant,  il lui demande si elle se sent « engagée » par la proposition de François Hollande de création d’un nouvel impôt pour financer les retraites. Royal répond par la négative. Et le futur chef de l’Etat d’enchaîner : « J’aurais au moins facilité cette part du dialogue ».Une petite phrase symbolique qui fait mal: moins d’un mois plus tard, le couple Hollande - Royal officialisera sa rupture.

 

Réforme 2003 : pour Raffarin, « le courage, c’est l’action »

Sept ans plus tôt, c’est une scène qui pourrait ressembler à celle qu’a vécue la France, mardi 7 septembre. D’un côté des grèves et manifestations qui touchent l’Hexagone, de l’autre des députés qui examinent le projet de loi de réforme des retraites, le tout dans une ambiance électrique, une ambiance « des grands jours » selon les commentateurs. La « loi Fillon sur les retraites », du nom du ministre des Affaires Sociales de l’époque, sera finalement adoptée et entrera en vigueur en septembre de la même année. Mais à l’Assemblée, malmené par l’opposition, le Premier ministre Raffarin se défend. Avec verve, il s’exclame : « il est des jours, il est des temps où le courage, c’est l’action ».

 

Mitterrand prône le « retour aux joies de la vie » en 1990

Le message du chef de l’Etat en déplacement à Baraqueville le 9 février 1990 est clair : il ne souhaite pas remettre en cause le droit de partir à la retraite à 60 ans, une mesure qu’il a mise en place au début de son septennat. « Ceux qui ont travaillé longtemps, affirme-t-il, doivent pouvoir, pour le temps qui leur sera donné, se reposer, profiter des joies de la vie ». Mais François Mitterrand ne souhaite pas contraindre : « Ceux qui souhaitent continuer leur activité le pourront » affirme-t-il alors que les progrès de la vie permettent de vivre plus longtemps. A l’époque déjà, quelques années après la politique de rigueur du gouvernement, les discussions se portent sur le financement des retraites et la durée de cotisation.

 

Une retraite abaissée à 60 ans en 1983

Evolution majeure, dès le 1er avril 1983, la retraite à 60 ans devient un droit et non une obligation. Il faut à l’époque cotiser 37,5 années pour percevoir au maximum 50% du salaire. Les fonctionnaires bénéficient déjà d’un régime particulier avec un nombre d’années de cotisations différentes que ce qui est exigé dans le secteur privé. Mais un problème apparaît déjà avec le financement des retraites complémentaires.

 

En 1981, les retraites expliquées par un prof nommé…Strauss Kahn

Petite barbe finement taillée, grosses lunettes et look rétro, le jeune prof d’économie qui explique comment les retraites sont financées n’est autre que le futur directeur général du Fonds Monétaire International. Quasiment méconnaissable, Dominique Strauss Kahn, alors âgé de 32 ans, se prête au jeu des questions réponses avec des citoyens curieux de connaître les avantages de leur régime de retraite. Et la présentatrice, afin de flatter l’universitaire, ne manque pas de le complimenter sur ses capacités…et son futur : « peut-être qu’un jour Monsieur Strauss Kahn recevra le Prix Nobel d’économie ».

 

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