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Désirs d'Avenir 76

La folie des grandeurs de Sarkozy.....

25 Octobre 2009 , Rédigé par Yvon GRAIC Publié dans #Europe

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    ......quand il présidait l'UE

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La découverte de ces chiffres-là fait bondir. Le 13 juillet 2008, en pleine présidence française de l'Union européenne, l'Elysée offre un dîner à 43 chefs d'Etat étrangers (dont le syrien Bachar el-Assad), qui daignent participer au sommet de lancement de l'Union pour la Méditerranée (un «grand projet» sarkozien mal engagé). Le coût de ce pince-fesses servi en grande pompe au Petit Palais, pour les contribuables? La bagatelle de 1.010.256 euros! Quelques heures plus tôt, les forces de sécurité chargées de sécuriser les lieux avaient déjeuné plus léger, sous une tente, dressée sur l'avenue d'à côté, pour 5.181 euros TTC...

C'est l'une des perles du rapport d'enquête de la Cour des comptes consacré au budget de la présidence française de l'UE, tout juste remis à la commission des Finances du Sénat – qui l'avait commandé en octobre 2008, bien inspirée... Ce document d'une centaine de pages (que Mediapart publie sous l'onglet Prolonger) vient jeter un éclairage nouveau, très peu flatteur, sur les coulisses de la «campagne européenne» de Nicolas Sarkozy (l'une de ses plus grandes fiertés).

Du 1er juillet au 31 décembre 2008, dans ce rôle éphémère, il avait littéralement jubilé, trimballant son costume de Président de l'UE aux quatre coins de la planète, l'usant jusqu'à la corde, saisissant la moindre opportunité pour bondir sur le devant de la scène. «Regardez tout ce qu'on peut faire en six mois!», avait-il lancé in fine, ravi de s'être bâti une stature internationale à peu de frais – façon de parler...

Car ces six mois-là, à l'arrivée, auront coûté 171 millions d'euros à l'Etat français, d'après les calculs de la Cour des comptes – soit 1 million d'euros par jour...

En 2000, Jacques Chirac avait dépensé 114 millions d'euros de moins pour le même exercice – dans une Europe certes plus petite, et avec une transparence des comptes toute relative. Mais tout de même: le montant habituellement dépensé par les Etats membres de l'UE, qui se repassent la présidence à tour de rôle, tourne plutôt autour de 70 ou 80 millions d'euros... Seule l'Allemagne a récemment dépensé autant que la France (mais avec un PIB qui surpasse celui de l'Hexagone de plus de 500 milliards d'euros)...

La Cour pointe ainsi une «programmation excessivement touffue» (489 manifestations, dont 9 sommets internationaux, 25 réunions interministérielles, 328 séminaires, des symposiums, etc.), «la multiplication et le coût parfois élevé des opérations», le caractère «parfois dérogatoire, voire irrégulier, des procédures suivies» pour distribuer les crédits, et «l'utilité publique variable» de toute cette machinerie.

On entend presque Philippe Séguin, le patron de la juridiction financière (qui s'est fendu d'une lettre de synthèse au Sénat), grogner à chaque page contre une certaine folie des grandeurs. «Trop d'événements ont été organisés dans l'urgence, écrit-il. Il en est résulté des accommodements avec les règles de mise en concurrence.»

Dans son courrier, un paragraphe épingle, dans une langue certes administrative, la boulimie sarkozienne. «Dans les hypothèses budgétaires initiales, le montant des crédits affectés au financement des manifestations obligatoires ou traditionnelles [auxquels ne peuvent échapper les Etats qui pilotent l'UE pendant 6 mois] dépassait celui des manifestations décidées à l'initiative de la présidence [c'est-à-dire l'Elysée], pointe-t-il. En fin de gestion, ce rapport s'est inversé. Les réunions proposées par la présidence, en sus du socle habituel, auront in fine mobilisé le plus de crédits»... 76,1 millions à elles toutes seules, soit plus de la moitié du budget global. Si Philippe Séguin s'exprimait en français moyen, il dirait que Nicolas Sarkozy ne s'est rien refusé.

Reste la question de l'éventuelle rentabilité de ces dépenses, c'est-à-dire des retombées et bénéfices pour l'UE ou la France. Or «l'évaluation est l'un des maillons faibles du dispositif», estime la Cour. «Aucune appréciation sérieuse ne peut être faite quant à l'utilité ou l'impact des multiples événements» organisés, plusieurs fois par jour, parfois «redondants»...

Pour mieux comprendre, Mediapart détaille trois opérations symptomatiques.  Suite et Texte intégral PDF

Le site de la présidence française de l'UE a survécu ici .

Et pour télécharger le rapport de la Cour des comptes, c'est là, en deux parties:

- le début (avec la lettre de Philippe Séguin)

- la fin

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