Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Désirs d'Avenir 76

Jeux de rôle au PS autour des régionales

24 Octobre 2009 , Rédigé par Yvon GRAIC Publié dans #Régionales

aubryrole2-600.1256290474.jpghttp://www.lemonde.fr/medias/www/1.2.149/img/lgo/lemonde_abonne.gif

De l’art de se poser les questions qui ne se posent pas. A moins de cinq mois des élections régionales, les diverses prises de position des socialistes sur la question des alliances présentent quelque chose de singulier. Elles s’inscrivent peu ou prou en décalage avec les rapports de force apparents.

Ainsi, le 20 octobre, le bureau national du PS a adopté une résolutionqu’une fois seulement la gauche rassemblée, les listes PS pourront s’ouvrir au second tour » à ceux « qui veulent se retrouver autour d’un projet de gauche, dans la clarté et la cohérence ». Bref, « rassemblement de la gauche et des écologistes » avant tout. Or, cette pétition de principe se heurte à une dure réalité : les communistes (qui oscillent entre, au mieux, les alliances à la carte et, au pire, le Front de gauche élargi au NPA) comme les écologistes (en discussion avec des socialistes en rupture de ban et des « personnalités de la société civile ») n’ont - c’est un euphémisme - pas l’intention de privilégier un pacte de premier tour avec le PS comme ils le firent en 2004 dans quatorze régions. établissant «

Malgré tout le respect que l’on doit au MRC, au PRG et aux amis de Robert Hue, l’appel du BN serait-il donc un coup d’épée dans l’eau ? Celà y ressemble beaucoup. Mais on peut adopter une autre lecture. Cet appel qui restera sans réponse n’est pas tout à fait sans objet. Tactiquement, il s’agit d’exercer une sorte de chantage affectif sur l’électorat de la gauche non socialiste, tenter - sait-on jamais…- de le culpabiliser afin de préparer au mieux les reports de voix. Reste que Martine Aubry et la direction du PS n’ont, ces dernières semaines, pas manoeuvré avec beaucoup de finesse. Solferino, se gaussent les anti-Aubry, a engagé de vagues contacts – dont le simulacre de débat sur l’emploi du 17 octobre - et mis en valeur ses partenaires sans poser la moindre de condition.

bayrou-600.1256290654.jpgPour autant, ceux qui plaident pour une alliance dés le premier tour avec le MoDem – considérée comme le meilleur moyen de briser l’isolement du PS et de contribuer à lui assurer une avance suffisante sur les listes écologistes – sont, eux aussi, un peu décalés. Y a-t-il, en effet, de quoi faire de cette question un casus belli ? Seules deux ou trois régions sont concernées. « Si on se retrouve seuls sans les communistes, sans les Verts, qu’est-ce qu’on fait? » argumente François Patriat, président de la région Bourgogne. Une préoccupation qui, assure-t-on à la direction du PS, ne reflète pas une situation d’urgence électorale mais le souci de l’intéressé d’être élu dans un fauteuil. En d’autres termes, il n’y aurait pas de « péril vert » en Bourgogne. Quant à Jean-Jack Queyranne qui se dit prêt à passer outre l’interdit du BN il est dans l’expectative: le MoDem rhône-alpin lancera-t-il ou non Azouz Begag dans la mélée ? Plus largement, la question des relations avec le MoDem ne se posera pour de bon que lorsque le parti de François Bayrou aura déterminé sa politique nationale d’alliances, sans doute en novembre. Inutile, donc, de dérouler dés à présent le tapis rouge sous les pas d’un MoDem, de surcroît en perte de vitesse, font valoir les proches de la premièer secrétaire.

A contrario, afficher leur bonne volonté à l’égard du MoDem permet aux socialistes de maintenir ce dernier sous pression en mettant en exergue ses contradictions (au nom de quoi les centristes refuseraient-ils la main tendue du PS avec lequel ils gèrent de facto plusieurs régions ?). Objectif : qu’il adopte une position accomodante… et ne se lance pas dans une série de rapprochements avec les écologistes qui prendraient à revers les socialistes.

Jean-Michel Normand

Partager cet article

Commenter cet article