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Désirs d'Avenir 76

« Il n'y a plus de temps à perdre »

24 Janvier 2013 , Rédigé par Yvon GRAIC Publié dans #Actualité

« Il n'y a plus de temps à perdre » 

  Interview de Ségolène Royal

Les Echos, lundi 14 janvier 2013

  

Vous siégez au conseil d'administration de la BPI. En tant que présidente de région, quelles seront vos premières requêtes ?

Le régions souhaitent que les choses aillent plus vite car les entrepreneur se sentent mal aimés et souffrent de l'absence de moyens pour agir. Il y a eu beaucoup de bisbilles entre Oséo, la CDC, le FSI pour savoir qui doit diriger. Il est temps que tout cela cesse et que l'on se mette en ordre de bataille ! On nous annonce que le dispositif sera opérationnel en mai dans les régions, c'est un peu tard. D'autant que toutes les régions se sont organisées comme, par exemple, dans la mienne avec l'agence PME qui réunit 21 opérateurs compétents, dont Oséo, la CDC et et les fonds d'investissements, et qui fonctionne très bien puisque 115 projets, représentant 123 millions et 2.100 emplois en ont bénéficié cette année. Cette BPI des régions, nous l'avions déjà comme dans d'autres régions, préfigurée. Ca marche, Il n'y a donc plus de temps à perdre, l'intelligence des territoires est là. La BPI, c'est simple : elle doit permettre de démultiplier ces efforts.

 

Vous, régions, disposerez-vous de suffisamment de marge de manœuvre à votre goût ?

C'est l'efficacité qui compte. Les régions auront toujours un devoir de contrôle sur les fonds publics, puisque nous les votons en assemblée régionale. Mais en ce qui concerne les plates-formes, je ne fais pas du leadership une question essentielle, je suis pragmatique, je veux avant tout que cela fonctionne et que la France devienne un pays où il fait bon entreprendre. Et pour cela, il faut surtout un bon état d'esprit, que cette BPI en régions soit une structure souple, rapide, mue par l'esprit d'entreprise, visionnaire et non bureaucratique. La mutation écologique de l'économie doit être son cœur de métier. C'est une banque au service de l'économie créatrice et non d'elle-même.

 

Dans le même temps, elle ne peut pas être une banque classique…

Surtout pas, en effet. Car si l'on exige le même retour sur investissement que les banques classiques, créer une BPI n'a aucun intérêt. Il faut trouver le bon dosage entre les « risques » que l'on prend, et la nécessité d'anticiper, de soutenir l'innovation. Cela, en régions, nous savons le faire avec nos partenaires, car nous sommes au plus près des PME. Contrairement à ce que certains ont dit, les régions n'ont pas l'intention de soutenir des « canards boiteux » : la plupart des entreprises que nous soutenons se développent. Mais une entreprise n'est pas à la merci d'une mauvaise passe, et ce peut être le rôle de la BPI que de la soutenir momentanément. Par exemple, sur des entreprises innovantes comme Heuliez, une BPI aurait eté très utile car elle aurait compris, plus vite que le FSI, tout l'enjeu de la voiture électrique, placée devant un marché mondial à conquérir.

 

Interview de Ségolène Royal par Laurence Albert

Interview ICI

 

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