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Désirs d'Avenir 76

Face à Sarkozy, ma candidate c'est Royal

12 Septembre 2011 , Rédigé par Yvon GRAIC Publié dans #Actualité

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PRÉSIDENTIELLE 2012. À quelques jours du premier débat entre les candidats à la primaire socialiste, Lilian Alavin, militant socialiste et fervent défenseur de Ségolène Royal, explique en quoi la présidente du Poitou-Charentes a toutes ses chances face à Nicolas Sarkozy.

Voici les trois hypothèses les plus probables, si Nicolas Sarkozy est au second tour.

Sarkozy / Hollande : l’action contre l'inaction

 

François Hollande, à l'université d'été du Ps, La Rochelle, le 27 août 2011 (HALEY/SIPA)

François Hollande, à l'université d'été du Ps, La Rochelle, le 27 août 2011 (HALEY/SIPA)

 

Face à François Hollande, Sarkozy est inattaquable sur le domaine du bilan. En effet, même si le bilan de l’actuel chef d’État est plus que mauvais, celui de François Hollande, après trente ans de politique, est non seulement très léger en terme d’action gouvernementale, mais en plus son mandat corrézien (le seul avec des responsabilités étatiques) est catastrophique… Transposé à l'échelon national, nous serions dans une situation encore pire.

 

Hollande est trop dans le consensus "mou", alors qu’il faut une personne capable de dépasser l’ordre établi, de s’affranchir des lobbies et de ne pas forcément viser la réélection.

 

François Hollande ne fera pas le poids face à Sarkozy. Imaginez Sarkozy demander à François Hollande le bilan de ses trente ans d’action politique au service de la France : François Hollande sera foutu !! Il se verra rétorquer par Sarkozy que, quand on ne fait rien et qu’on ne prend pas de risques, on ne peut pas faire d’erreurs. Imaginez Sarkozy demander à Hollande pourquoi, en cinq ans, il n’a eu que très peu de propositions venant de sa part…

 

Sarkozy va le railler fermement sur son aspect "homme normal neuf". C'est à double tranchant, car ce qui est neuf n'est pas rodé. Par ce genre de slogan, il renie son passé... et pour cause.

 

Son leadership va aussi en prendre un coup avec son bilan à la tête du PS : deux élections ratées, un camp divisé... Hormis jouer aux indignés, François Hollande ne pourra pas donner du poids à ses propositions car, dans sa bouche, elles sonneront plus comme des vœux pieux que comme le résultat d'actions politiques au long court avec un travail concret personnellement mené.

 

Sarkozy / Aubry : le guerrier contre la muette

 

Martine Aubry à l'université d'été du PS, La Rochelle, le 27 août 2011 (HALEY/SIPA)

Martine Aubry à l'université d'été du PS, La Rochelle, le 27 août 2011 (HALEY/SIPA)

 

Maintenant imaginez Martine Aubry face à Sarkozy. Elle ne pourra pas lui reprocher quoi que ce soit dans le secteur de la justice, de la sécurité ou de l’immigration.

- Au chapitre de la justice, son élection à la tête du PS et sa mollesse à suivre Montebourg au sujet de Guérini sont parlantes.

- Concernant la sécurité, elle va se voir opposer son refus de mettre des caméras dans les rues de Lille.

- Sur l’immigration / intégration, elle va s’enliser sur une affaire qui, en plus, oppose les gens entre eux (affaire de la piscine)…

- Et elle va aussi devoir assumer les 35 heures (même si à la base elle ne soutenait pas cette idée).

Elle aura beau argumenter, il va lui renvoyer, comme un boomerang, le fait qu’il a attendu pendant trois ans ses propositions à elle aussi… en vain.

 

De plus, face à des débateurs contradicteurs, Martine Aubry a tendance à perdre rapidement ses moyens, à bafouiller et à s'énerver. On a pu voir ces derniers jours sa fébrilité dans l'émission "On n'est pas couché" ou dans un interview sur BFM TV.

 

La seule chose qui rassure chez Martine Aubry c'est qu'elle a un timbre de voix très posé et qu'elle fait des phrases courtes. En revanche, dès qu'il y a un peu de challenge, elle vacille. Pour moi, elle n'a pas l'envergure pour supporter une campagne présidentielle.

 

Martine Aubry et François Hollande ont malheureusement des casseroles trop symboliques ou des bilans trop vierges pour inquiéter Sarkozy. Au contraire, ils ont un passé qui va donner du poids à la candidature de Sarkozy.

 

Tous deux vont se voir opposer le fait qu'ils se réveillent la veille des primaires pour commencer à faire des propositions pour gouverner la France. Ils sont dans la réaction plutôt que dans l'anticipation.

 

Sarkozy / Royal : à la recherche du temps perdu


Affiche de Ségolène Royal, candidate à la primaire socialiste, le 10 septembre 2011 (ALFRED/SIPA)

Affiche de Ségolène Royal, candidate à la primaire socialiste, le 10 septembre 2011 (ALFRED/SIPA)

 

Là, le scénario est différent, car c’est Ségolène qui va attaquer, comme elle sait le faire, en appuyant "là où ça fait mal" et le laminer sur TOUS les sujets en comparant son bilan à celui de Sarkozy :

- Bilan économique catastrophique : pas de renouvellement de l’industrie, délocalisations sans réagir, absence de volonté forte pour sauver des entreprises, retour en arrière sur les énergies vertes avec baisse du prix de rachat de l’électricité produite par les particuliers suivi de la fermetures de plein d'entreprises... alors que l'Allemagne avance tel un rouleau compresseur sur ce sujet.

- Bilan sur la sécurité déprimant : augmentation des violences faites aux personnes, mais aucune réforme là-dessus.

- L’éducation : bradée pour l’avenir.

- La santé : on dé-rembourse les médicaments prescrits et on crée des déserts médicaux.

- Les déficits : amplifiés par les mesures de réduction d’impôts des plus aisés.

- La justice : souvent rabaissée par Sarkozy.

- Les retraites : inégalités à tous les étages.

- Les banques : aidées sans contreparties…

 

Mais l'estocade finale va venir du fait que, quatre ans plus tard, pour sauver son quinquennat catastrophique en termes de gestion, Nicolas Sarkozy, dos au mur,  n'a pas trouvé de meilleures solutions que d'appliquer celles proposées par son ex-rivale de 2007 et qui sont largement reprises dans le programme du PS de 2012.

 

Que va pouvoir trouver Sarkozy de réellement sérieux pour déstabiliser Royal? Rien, absolument rien dans aucun domaine. Ségolène Royal ne propose pas monts et merveilles (contrairement à Aubry), mais elle ne promet pas non plus de taper aveuglément sur tout le monde (à la différence de Hollande qui veut augmenter de manière générale les impôts). 

 

Face à Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy va se retrouver dans un véritable étau : celui du temps perdu pour appliquer des mesures de gestion saine, équitable.

 

Ségolène Royal, candidate a la primaire socialiste, participe à une réunion publique à Montreuil, le 10 septembre 2011(BISSON/JDD/SIPA)

Ségolène Royal participe à une réunion publique à Montreuil, le 10 septembre 2011(BISSON/JDD/SIPA)

 

Parmi les trois "gros" candidats, c'est Ségolène Royal qui est la seule à avoir fait reculer le gouvernement sur certains sujets (taxe carbone très inéquitable). C'est la seule à avoir émis des propositions qui sont reprises (banques, Europe, bouclier fiscal, pass-contraception, encadrement militaire...).  Malheureusement pour le pays, il lui reprend ses idées bien tardivement... pour sauver les meubles de sa fin de mandat ?

 

Lors d'une élection présidentielle, on ne vote plus pour un parti mais pour une personne volontaire, capable de réformer durablement et pas uniquement de colmater les brèches du moment.

 

Aujourd'hui, nous avons la chance de pouvoir juger les uns et les autres sur des bilans ... Quoique, en 2007, Nicolas Sarkozy affichait déjà un piètre bilan en tant que ministre... Mais la parole de Ségolène Royal a été étouffée par un PS dont les "vieux membres aigris" ont préféré perdre l'élection plutôt que de perdre leur triples, voire quadruples, rémunérations avec la fin du cumul des mandats prônées par leur représentante.

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Jean 13/09/2011 18:22



A l'inverse de l'intox des médias, à diffuser très largement !



ymage134 12/09/2011 20:13



Texte précis et court même si assez sévère à l’égard des autres candidats socialistes. Nous avons ici la réponse éclatante à la question pourquoi S.R. est toujours à la
traîne dans les « sondages » très favorables aux deux autres « grands »postulants. Manipulation du pouvoir et ses séides pour « protéger » le président sortant et
influencer l’opinion publique. Evidence sans appel et raison impérative de soutenir massivement Ségolène Royal, seule capable, non seulement de battre Nicolas Sarkozy mais mieux encore
rendre à la République le respect et la dignité par un vrai projet de société de justice et d’équité au service de TOUS les Français.