Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Désirs d'Avenir 76

Face à Hollande, PCF et parti de gauche empruntent deux chemins différents

13 Novembre 2012 , Rédigé par Yvon GRAIC Publié dans #Débat

      Mediapart

Face au pouvoir socialiste, le Front de gauche reste partagé sur l’attitude à adopter. Doit-il s’obstiner à espérer que le gouvernement penche à gauche, ou considérer qu’il ne représente plus vraiment la gauche ? Doit-il espérer le convaincre en allié, ou se préparer à le battre en concurrent ? Ces questions traversent le rassemblement de l’autre gauche, perpétuant un clivage vieux comme le Front de gauche, entre les communistes et les autres : que faire de l’alliance avec le PS ?

« On est d’accord sur le diagnostic, on discute du meilleur moyen d’être efficace. » Éric Coquerel, proche de Jean-Luc Mélenchon, résume bien la situation. D’un côté, un parti de gauche (PG) estimant que la trahison des socialistes au pouvoir est irréversible ; de l’autre un PCF qui n’a pas d’autre choix que de constater la rupture avec le PS, mais qui estime qu’elle n’est pas encore définitive.

A la manifestation du 30 septembre 2012, contre le TSCGA la manifestation du 30 septembre 2012, contre le TSCG© MM

« On est entré dans une logique à la Papandréou, où chaque plan d’austérité est présenté comme le dernier. Le même raisonnement est à l’œuvre en France, analyse François Delapierre, du parti de gauche. Hollande est entré dans le cercle vicieux de l’austérité, économique comme politique. Le gouvernement se coupe peu à peu de sa base sociale, et se retrouve de plus en plus sous domination du patronat. » Pour l’ancien directeur de campagne de Mélenchon, dans un « contexte de dégradation idéologique », les espoirs communistes sont vains. « La stratégie de l’aiguillon est illusoire, tranche-t-il. Peu à peu, le gouvernement tue tout espoir dans cette stratégie. Vu la ligne idéologique du PS, qui devient progressivement celle d’un parti démocrate, nous nous trouvons dans une logique de compétition. »

Jean-Luc Mélenchon l’a redit ce lundi, au siège de son parti : « Tout ça va se précipiter, maintenant que les élections américaines et le congrès chinois sont terminés, les mafias internationales de l’argent vont se remettre en mouvement. » Pour l’ancien candidat du Front de gauche à la présidentielle, Hollande ne fera que recopier les dessins de ses camarades sociaux-démocrates. « Ses amis Papandréou, Zapatero ou Socrates ont échoué lamentablement. Pourquoi s’entêter à faire la même politique qu’eux, alors qu’elle échoue partout ?! À quel moment Hollande va-t-il refuser de céder ? » se demande-t-il.

Les socialistes l’accusent de se glisser dans la posture du recours, misant sur l’échec de la gauche de gouvernement ? Il leur rétorque :« Je ne mise pas sur les événements, je sais qu’ils auront lieu. La chaîne de l’austérité va se rompre quelque part en Europe d’ici peu. On ne sait pas d’où le choc viendra, mais on sait qu’il arrive. »

Côté PCF, l’hostilité vis-à-vis du gouvernement est bien moins radicale dans les mots. « On ne dit pas que les intentions du PS et de la droite sont les mêmes, mais le résultat ne s’éloigne pas suffisamment des politiques de droite », a déclaré lundi matin le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, sur France Inter. Le porte-parole du PCF, Olivier Dartigolles, insiste : « Si nous faisons partie de la majorité politique qui a dégagé Sarkozy, là où on attendait une vraie politique de gauche, de relance et pour les salariés, il n’est question que de compétitivité… »

Pour Dartigolles, la cause n’est pas pour autant entendue : « Quand ça va dans le bon sens, on est là. Sur le bouclier fiscal, la loi sur le logement ou les emplois d’avenir, on a voté pour. Et si on s’abstient, on aura toujours fait des contre-propositions. Nous sommes disponibles pour aller dans la bonne direction, et pas pour rester sur le bord du chemin à distribuer les baffes et les mauvais points. » Mais il admet dans le même temps : « Cela fait six mois qu’on ne voit aucune grande loi perçant le ciel et réconciliant la gauche avec son histoire. On a face à nous dogmatisme social-libéral et brutalité de comportement. »

Pour le président communiste du groupe Front de gauche à la mairie de Paris, Ian Brossat, « le PS est en train de régler le problème de lui-même, par son mépris… Mais sa récurrente pédagogie du renoncement entretient l’idée que rien n’est possible face à la crise, ce qui ne crée pas franchement un bon climat pour la gauche ». De son côté, la responsable des relations avec le Front de gauche au sein du PCF, Marie-Pierre Vieu, s’est résolue au« virage social-libéral » du PS au pouvoir, mais n’est pas davantage optimiste. « La clarification vis-à-vis du PS est faite, l’attitude des socialistes a bien aidé à cela. Mais il faut encore donner du contenu à cette clarification. » la suite ici

Partager cet article

Commenter cet article