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Désirs d'Avenir 76

Ces Roms qui font peur à l’Europe

24 Août 2010 , Rédigé par Yvon GRAIC Publié dans #Actualité

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par Jean-Baptiste Duez [23-10-2008]

Depuis les années 1990 et l’effondrement du bloc communiste, quelques milliers de Roms ont quitté l’Europe de l’Est. Leur arrivée à l’Ouest, notamment en France et en Italie, a suscité de vives réactions de rejet – et cela n’est pas simplement lié à leur pauvreté ou à leur mode de vie. Non sans rapport avec les conditions d’entrée et de séjour des étrangers, la « question rom » est aujourd’hui au cœur des politiques européennes et nationales.

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Différentes contraintes ont été instaurées à l’encontre des flux migratoires vers l’Europe et en Europe. Elles contribuent à modifier le statut des étrangers, ainsi que la notion même d’étranger qui a toujours fait l’objet d’un questionnement identitaire. Dans un tel contexte, la question rom occupe une place importante au sein des débats publics en Europe de l’Ouest comme en Europe de l’Est. En France, celle-ci n’est pourtant pas nouvelle. En 1912, une loi fut votée qui réglementait la circulation des nomades. La question a été soulevée à nouveau il y a quelques années, alors que des bidonvilles avaient réapparu dans le Sud parisien et que la loi pour la sécurité intérieure du 18 mars 2003 avait considéré comme indésirables les gens du voyage. Une partie de ces populations avait alors fait l’objet de mobilisations citoyennes et des Roms avaient été intégrés en Seine-et-Marne et dans le Val-de-Marne. Il n’en va plus de même aujourd’hui et les Roms restent au cœur des préoccupations européennes.

Au delà de la similitude des situations de rejet, il existe plus particulièrement en France (et en Belgique) une double question en ce qui concerne les Roms. Il y a, d’une part, les personnes assimilées depuis la loi du 12 décembre 1969 aux gens du voyage, détentrices d’un carnet de circulation, qui sont un peu moins de 200 000 et possèdent la nationalité française. À celles-ci s’ajoutent ceux qui ont un domicile fixe, et il y a donc en tout entre 300 000 et 400 000 Tziganes vivant en France [1]. Les deux tiers d’entre eux sont sédentaires mais n’en possèdent pas moins, selon l’expression de Jean-Pierre Dacheux, « une certaine culture du voyage » [2], c’est-à-dire l’habitude de se déplacer à l’intérieur du territoire national. Cette situation est une spécificité de l’Europe de l’Ouest, quand aujourd’hui les Roms en Europe sont considérés comme sédentaires à 97 %. Au nombre de dix à douze millions en Europe, ces Roms sont citoyens européens et, s’ils ne gagnent que de faibles revenus, ils possèdent dans une certaine mesure le droit à la liberté de circulation.

Depuis les années 1990 et la chute du bloc communiste, on assiste à l’arrivée de Roms dits orientaux, venus de l’Europe de l’Est [3]. Au nombre de quelques milliers en Île-de-France, ces Roms viennent s’ajouter aux autres Parizosqe Roma (les « Roms parisiens » en romani). Ce flux migratoire restreint soulève la question d’un lien entre Manouches et Sintis, les Roms de nationalité française et les Roms orientaux, puisque, si ces populations s’inscrivent dans une réalité sociale différente, il existe entre eux des liens historiques. La peur d’un « appel d’air » a été mobilisée à l’encontre des Roms orientaux, alors que ce ne sont que quelques milliers de personnes qui cherchent à s’installer en Europe occidentale. texte intégral pdf

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