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Désirs d'Avenir 76

Aubry et Hollande parlent au PS, Royal et Montebourg visent le peuple de gauche

11 Juillet 2011 , Rédigé par Yvon GRAIC Publié dans #Actualité

http://www.marianne2.fr/photo/titre_1160408.jpg    Gérald Andrieu - Marianne | Lundi 11 Juillet 2011

En ce début de campagne de la primaire socialiste, deux manières de faire de la politique s’opposent. D’un côté, il y a l’ancien Premier secrétaire du PS et l’actuel, Hollande et Aubry, tournés vers l’appareil, engrangeant chacun à leur tour de nouveaux ralliements d’élus socialistes. De l’autre, il y a Royal et Montebourg, en solitaire ou presque, mais qui, à l’évidence, s'adressent à tous les Français.

(Dessin : Louison)

«On n’est pas dans un congrès du PS. Il ne s’agit pas de désigner notre Premier secrétaire, mais un candidat à la présidentielle. Ce n’est pas la peine de cliver notre propre camp ». C’était en mai dernier. Michel Sapin, un des lieutenants de François Hollande, jurait alors, presque la main sur le cœur, qu’il n’y aurait pas, comme venait de le faire des parlementaires pro-Aubry, d’appel de soutien à l’élu corrézien de parlementaires PS. Trois semaines plus tard, le même Michel Sapin se montrait même moqueur à l’égard de Martine Aubry. Le contexte avait changé : DSK s’était fait « poisser », la candidature de la Première secrétaire ne faisait plus aucun doute et certains dans l’entourage du maire de Lille espéraient même l’émergence d’un front TSF, un front Tous sauf Hollande. « Passer d'un système de pacte (en référence au pacte de Marrakech, ndlr) à un mécanisme d'alliances n'est pas à la hauteur d'un candidat à la présidence », raillait Sapin.

 

Ni appel à soutien, ni alliances tactiques donc, mais s’adresser directement aux Français, aller à leur rencontre et les convaincre, telle était la stratégie de François Hollande. « Etait », car depuis quelques jours, même si sa campagne de terrain se poursuit, on assiste à une vraie mise en scène médiatique des ralliements des hauts dignitaires PS à sa candidature. Pierre Moscovici, Jérôme Cahuzac, Jean-Marc Ayrault, les uns après les autres sortent du bois. Des soutiens censés probablement donner du poids, une crédibilité, à François Hollande dont le manque d’expérience gouvernementale est souvent pointé du doigt par ses adversaires. Du côté d’Aubry, on réplique à ses ralliements par… d’autres ralliements ! On fait par exemple savoir que la décision de Jean-Marc Ayrault, le patron des socialistes à l’Assemblée, ne vaut pas adhésion de l’ensemble des députés à la candidature de François Hollande, que ce dernier n’aurait derrière lui que 50 à 60 élus PS au Palais-Bourbon quand Aubry, elle, pourrait compter désormais sur 95 à 100 d’entre eux.

 

En plus de ces soutiens politiques, le maire de Lille peut aussi se prévaloir depuis peu du soutien de plusieurs intellectuels et chercheurs. « Avec Martine », c’est le titre d’une tribune parue ce vendredi dans Libération et signée notamment par son ami le sociologue Michel Wieviorka, l’ambassadrice du fameux « care » en France Fabienne Brugère ou bien encore la journaliste Laure Adler et l’économiste Daniel Cohen.


Premier secrétaire : un « job » qui marque

Bientôt, c’est certain, Hollande aura droit lui aussi à ses intellectuels supporters ! Car le député de Corrèze comme l’élue locale du Nord et leurs entourages respectifs agissent avec la même logique : un peu à l’ancienne, obnubilés par les manœuvres d’appareil et les questions de rapport de force. L’un comme l’autre dirige ou a dirigé le PS. Premier secrétaire, voilà un « job » qui vous forge une manière d’appréhender une campagne électorale. Et apparemment, on n’en ressort pas indemne... Lorsque les hollandistes expliquaient, il y a encore deux mois, ne pas vouloir d’appels à soutien à leur candidat, c’était pourtant assez finement joué : c’était là une judicieuse manière de gommer les onze années passées par François Hollande à la tête de Solférino. C’était même une manière de faire d’Aubry, par ricochet, la candidate de l’appareil par excellence ! Mais chasser le naturel, il revient au galop. Les hollandistes semblent aujourd’hui dans une logique de congrès, tout comme le sont depuis le début les aubristes.

 
Ségolène Royal et Arnaud Montebourg ne sont pas du tout dans cette logique-là. Parce que leurs soutiens sont bien trop maigres, affirmeront leurs adversaires. Certes, le nombre de députés les soutenant tient tout au plus sur les doigts de trois mains. Certes, comme le dit le proverbe, nécessité fait loi. Mais peut-être est-ce aussi parce que Royal et Montebourg ont mieux compris que les deux favoris des sondages les mécanismes d’une primaire ouverte. La première pour avoir déjà participé à se version fermée en 2006, mené campagne en 2007 et fait de la démocratie participative un des piliers de sa pensée politique. Le second pour avoir été un des plus fervents promoteurs des primaires en France, puis leur architecte lorsqu’il était secrétaire national du PS chargé de la Rénovation. La veille même du déclenchement de l’affaire du Sofitel,  Ségolène Royal assurait d’ailleurs qu’elle allait « gagner la primaire, c'est sûr » : « Dans une campagne, je gagne. » La présidente de Poitou-Charentes répliquait alors, avec tout autant de détermination, à ceux qui osaient lui signifier que ces soutiens sont aujourd’hui bien minces : « C'est un mythe de dire que je suis seule. Partout où je me déplace, j'ai devant moi 200 à 300 personnes. Qui est capable de faire ça dans le parti ? Ça suffit ! » 

 

Finalement, cela donne le sentiment qu’Aubry s’appuie sur Cambadélis et Hollande sur Ayrault, quand Royal et Montebourg, eux, comptent s’appuyer sur « 4 millions d’électeurs » comme le déclarait sans doute un peu trop optimiste le député de Saône-et-Loire  (un million de participants à la primaire sera un chiffre déjà très honorable…). En définitive, lorsque les premiers parlent à leurs pairs, les seconds semblent davantage vouloir parler aux Français. Les premiers sont tournés vers l’appareil, les seconds vers le fameux « peuple de gauche ». Mais il faut bien le reconnaître : (pour l’heure ?) c’est la première méthode qui paraît le mieux fonctionner, en tout cas dans les médias et les sondages. Montebourg jouit en effet d’un déficit cruel de popularité  et Royal a très largement décroché dans les enquêtes d'opinion, comme si une bonne partie de ce peuple de gauche ne voulait pas prendre le risque d'un « match retour ». Mais la campagne ne fait que commencer et, les deux outsiders, c’est certain, espèrent bien inverser la tendance. 

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Jean 11/07/2011 21:39



Je vous cite: "Royal a très largement décroché dans les enquêtes d'opinion", et moi je vous dis : "Et
alors?"


Se déplacer pour voter ce n'est pas comme répondre à un coup de fil ! Or, de tous les sympathisants des différents
candidats, ceux qui soutiennent Ségolène sont les plus motivés, les plus déterminés,sont prêts à en découdre, à débattre parce qu'ils sont les seuls à avoir des munitions (les propositions de
Ségolène) et sont, eux, sûrs d'aller voter ! Qu'il neige ou qu'il vente !