Mme Royal veut répondre
au malaise du monde rural
Il y a Ségolène Royal des villes et Ségolène Royal des champs. La candidate des "citoyens""puissants". Pour la dernière étape de son déplacement dans le centre de la France, Mme Royal, qui se trouvait dans la Creuse et le Puy-de-Dôme vendredi 30 mars, a dévoilé ses annonces, en faveur des jeunes et des services publics, uniquement en milieu rural, dans des petites salles municipales pleines à craquer. C'est à Guéret (Creuse) qu'elle lance l'idée d'un "contrat première chance" pour les jeunes en situation d'échec scolaire ; à Montaigut-en-Combrailles (Puy-de-Dôme) qu'elle fait le "serment" que plus "aucun service public ne fermera sans l'accord des élus". contre lesSamedi, trois autres candidats de gauche, Marie-George Buffet (PCF), José Bové, et Gérard Schivardi (soutenu par le Parti des travailleurs) devaient à leur tour faire le voyage jusqu'à à Firmi, dans l'Aveyron, pour la "Fête nationale des services publics" organisée par des collectifs de défense
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"IL FALLAIT Y PENSER"
A Guéret, Mme Royal, citant le chiffre de 500 000 offres d'emploi non pourvus dans les très petites entreprises, et celui de 190 000 jeunes qui sortent chaque année du système scolaire sans qualification, a proposé que l'Etat prenne en charge pendant un an le salaire et les charges d'un jeune embauché dans le secteur du commerce et de l'artisanat. "C'est un vaste chantier que je souhaite lancer, a-t-elle souligné. Si ce jeune fait ses preuves, s'il reprend goût à la vie, alors je demanderai aux artisans et aux commerçants de le recruter sur un contrat stable et durable".
Pour la candidate, le coût de ce programme avoisinerait 1 milliard d'euros, financé par redéploiement des aides publiques et des fonds de la formation professionnelle, et serait réservé à des jeunes en difficulté "repérés par les enseignants dès le collège". "Je vois ce que coûte le chômage et la désespérance", a-t-elle justifié. Mais fidèle à sa méthode, Mme Royal ne s'engage pas dans les détails, préférant confier à Dominique Meda, inspectrice générale des affaires sociales, le soin de lui remettre un rapport sur le sujet d'ici à deux semaines.
Cette mesure est complémentaire de sa proposition de créer 500 000 emplois tremplins, réservée cette fois aux jeunes qualifiés. Dans les deux cas, a insisté la candidate, "les régions seront en première ligne" pour piloter le dispositif. Ce sont ses "contacts de terrain", a-t-elle avancé en prenant l'exemple d'une discussion avec un "quincallier", qui l'ont conduite,
vendredi, "à accélérer".
En réalité, la candidate cherchait depuis des semaines une idée "frappante et lisible" sur le thème de l'emploi pour faire pièce à la proposition de François Bayrou d'exonérer de charges les deux premiers emplois. "Rapprocher les 500 000 emplois non pourvus et les 190 000 jeunes en situation d'échec, c'est simple mais il fallait y penser", se félicite Jean-Louis Bianco, co-directeur de campagne de Mme Royal. Ce faisant, la candidate socialiste ouvre à son tour le thème du coût du travail des jeunes. "Au bout d'un an, assure M. Bianco, il y aura des contrats avec un engagement d'embauche à la clé, sauf s'il y a des problèmes.
C'est le contraire du CNE et du CPE où il n'y avait pas motivation".
A Montaigut, la candidate a dénoncé la "litanie de la fermeture" des services publics en milieu rural et promis de les "reconquérir". "Je sais ce que c'est, a-t-elle déclaré. Il n'y a rien de comparable entre le coût économique et le coup psychologique qui s'abat sur ces petites communes lorsque les services publics ferment". Une position chaleureusement approuvée par les habitants réunis dans la salle des fêtes qui ont tout autant apprécié cette conclusion de Mme Royal : "La France puise son identité, son authenticité en milieu rural dans les territoires . C'est ça qui irrigue les villes."


