"Quelque chose s'est levé qui ne s'arrêtera pas,
ce que nous avons commencé ensemble,
nous allons le continuer ensemble"
"Combattre et proposer"
vous trouverez ici la contribution que nous déposons au Parti socialiste le 2 juillet. Elle est le résultat d’un long travail collectif, d’une large participation de militants, de chercheurs et de femmes et d’hommes politiques.
Vous pouvez y apporter votre signature en cliquant sur le lien prévu à cet effet. Soyons nombreux à porter le changement avec nous. »
Ségolène Royal
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SALE TEMPS SOUS LE DRAPEAU
On sent qu’on est entré dans la phase aigue de la campagne. Le temps politique s’accélère. Sarkozy avait à peine fini de prophétiser la remontée de Le Pen et son retour sur le devant de la scène médiatique qu’aussitôt Les provocations dans l’usage des forces de police se sont accélérées. Le matraquage d’image a commencé. Celles de la gare du nord mettant en scène des "brutes basanées qui cassent tout" viennent fort opportunément compenser les images désastreuses du pouvoir qui emprisonne les directrices d’école et pourchasse les grands pères dans la rue à coup de lacrymos. A sa manière subliminale, à peine énoncée mais vite absorbée par le téléspectateur, on devine aussi le lien avec le débat poisseux de la semaine passée sur le ministère de l’immigration et de l’identité nationale proposé par Sarkosy. C’est pourquoi je voudrais prendre le temps de revenir sur un épisode récent à propos de la réplique de Ségolène Royal à Marseille, si stupidement brocardée.
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Il s’est dit beaucoup de choses de toutes sortes concernant le drapeau et la Marseillaise après ce discours. Je ne suis pas neutre sur le sujet. Je dois dire honnêtement que je n’ai de problèmes ni avec l’hymne ni avec le drapeau. Et pour me situer plus clairement encore, j’avoue que je ne compte plus le nombre de fois ou j’ai chanté dans les circonstances officielles où il est pourtant de bon ton de rester muet quand on joue l’hymne national. Par exemple, pendant l’hommage national pour Lucie Aubrac aux Invalides, représentant le Président du Sénat , je la chantais. Mais pas mon voisin sous la pluie, monsieur Sarkozy. N’est-ce pas étrange? On demande aux joueurs de foot de chanter la Marseillaise dans un stade avant un match mais cette exigence ne s’applique pas aux ministres au cours d'un hommage national devant le cercueil d’une résistante dans la cour des Invalides ?
IL FALLAIT REPONDRE!
Je veux dire plus. J’adhère totalement à ce qu’a dit Ségolène Royal à propos de la Marseillaise. A gauche nous avons trop longtemps assimilé aux seuls Versaillais l’hymne tandis qu’il est pour le reste du monde un chant de liberté et de rébellion indissolublement lié à l’histoire des révolutions populaires. Il ne s’agit pas ici de commentaire musicologique. Il s’agit de dire et définir à cette occasion en quoi consiste notre vision de la France. Cependant je comprends très bien la nature du trouble qui a été créé. Moi aussi, j’aurais été très mal à l’aise si ce qu’elle en avait dit avait été la course poursuite derrière Sarkozy que les esprits superficiels ont voulu voir. Mais elle a dit le contraire de lui ! Dès lors, j’affirme qu’il n’y a rien de plus normal, légitime et nécessaire venant de quelqu’un qui est candidate pour être présidente de la République que de répliquer à la définition de la Nation et de l’identité nationale donnée par Sarkozy à l’occasion de sa proposition d’un ministère de l’immigration et de l’identité nationale. Je juge positif et utile qu’elle y ait répondu. Son silence aurait posé problème. Elle a eu raison de s’exprimer ! Les citoyens vont aussi trancher ce débat : ou bien la vision ouverte et universaliste de l’identité républicaine des français que décrit Ségolène Royal après tous les socialistes français ou bien l’identité nationale ethniciste que postule Sarkozy dans la tradition maurassienne de la droite classique. Elle a bien fait de reprendre la balle au bond et d’assumer le débat. Par contre en réduisant la question posée et les réponses données à la misérable « question du drapeau », nombre de commentateurs se sont montrés particulièrement malveillants et nuisibles à l’exigence que suppose ce débat compte tenu de sa portée. Surtout ils sont parvenus à faire un amalgame entre deux positions pourtant antinomiques. Un beau rideau de fumé! Son seul résultat est de dédouaner l’affreuse proposition de monsieur Sarkozy. J’invite donc chacun à prendre le temps de la réflexion et de la lecture du discours de Ségolène Royal avant de se livrer à d’outrageantes simplifications. Et pour commencer, comme d’habitude, il faut d’abord définir clairement quel est le sujet réel de la discussion: le discours de Ségolène où sa simplification médiatique. Je note que l’industrie du spectacle et de l’information prenant comme d’habitude les gens pour des animaux a mis en scène la discussion sur le drapeau car tout le reste de ce que disait le discours de Ségolène Royal sur l’identité nationale était sans doute « beaucoup trop compliqué coco c’est pas de l’actu c’est de la philo, faut faire simple et concret » ! Suivant la règle bien connue du frelon médiatique, ce qui était un extrait devient l’essentiel qui bourdonne autour de vos oreilles et contre quoi vous ne pouvez rien sinon gesticuler sans qu’on comprenne pourquoi vu de loin. Selon cette façon de faire, Ségolène Royal aurait proposé le drapeau pour tout programme. Une fois cette idiotie lâchée, tout le monde embraye car il de l’intérêt de beaucoup de faire semblant que tel soit bien le sujet…..Et là-dessus la machine à commenter se met à tourner toute seule. Hypocritement, chacun commente non ce qu’elle a dit mais ce qui s’en dit. Arrive les grands esprits qui prennent des pauses raisonnables. Ainsi de monsieur Bayrou, champion du monde des leçons de morale. Lui accuse monsieur Sarkozy et madame Royal de « courir derrière Le Pen » et même de « faire son jeu ». Tel quel. Peut lui importe que le contenu de la définition de l’identité nationale que donne Ségolène Royal soit l’exact inverse de celle qu’en donne Le Pen. Cette rouerie est à l’image de ce qu’est en général le tour d'illusionniste de monsieur Bayrou sur pratiquement tous les sujets. Mais dans cette circonstance, je veux vous en donner un exemple particulièrement odieux. Pourquoi n'a t il pas été relevé ? La capacité d’indignation médiatique s’arrêterait elle au pied de monsieur Bayrou iconisé tout vif. Voici ce que monsieur Bayrou a pu dire sans que rien ne lui soit répliqué, juste après avoir fielleusement dénoncé ceux qui seraient des "obsédés de l’identité nationale" et qui feraient "le jeu de Le Pen".JLM
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