LA CHRONIQUE DE FAVILLA
Dès l'apparition de Ségo
lène Royal au tableau des sondages, diverses réactions machistes ont fleuri au sein de son propre parti, dont la plupart d'un goût douteux. Passé la satisfaction exquise, et fugitive, de leur saillie, leurs auteurs se sont vite rendu compte qu'ils entraient ainsi dans son jeu. En ironisant sur sa féminité, ils légitimaient en effet sa propension à s'en prévaloir, implicite ou emportée, peinée ou combative, en tout cas répétitive. Déjà, au cours de nombreux face-à-face antérieurs, il lui était arrivé plus d'une fois de rompre soudain avec son interlocuteur sur des modes divers : affecter d'être choquée par la vigueur d'un propos (cela se fait-il, surtout avec une femme ?) ; se cabrer devant une prétendue condescendance (pour qui vous prenez-vous ?) ; désarmer une flatterie d'un air entendu et soupçonneux (je ne suis pas celle que vous croyez). Ou rétorquer carrément à un questionneur : « Me poseriez-vous cette question si j'étais un homme ? » On ne sache pas qu'une Simone Veil ait jamais utilisé de tels procédés, y compris aux moments douloureux où elle fut agressée sur les droits fondamentaux de la féminité elle-même, lors de la pénible querelle sur l'IVG. Ses futurs adversaires feront bien de prendre garde à cet art qu'elle pratique d'interrompre soudain un duel à l'épée ou au sabre par un imprévu coup de parapluie. la suite










