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Désirs d'Avenir 76

Le PS, malade, s'en remet à ses militants pour se rénover

1 Octobre 2009 , Rédigé par Yvon GRAIC Publié dans #Actualité

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Perte de repères idéologiques, déficit de crédibilité, concurrence grandissante exercée par de nouvelles forces de gauche et incapacité de trouver des angles d'attaque susceptibles de diviser la droite. Le profond malaise que traverse la social-démocratie européenne n'épargne pas les socialistes français, dont le dernier succès dans une élection nationale remonte à douze ans. A tous ces maux, le PS en ajoute un autre ; il souffre aussi d'une crise globale de son rapport à la politique. Le référendum interne, organisé jeudi 1er octobre, se propose d'y apporter une première réponse en marquant le coup d'envoi de la rénovation du PS que Martine Aubry souhaite "plus ouvert sur la société".

Deux votes. Les adhérents du PS sont appelés, jeudi, à désigner les têtes de liste pour les élections régionales de mars 2010 et à participer à un référendum.

Cinq thèmes. Cette "consultation militante" propose des "primaires ouvertes" à tous les électeurs et associant les autres partis de gauche pour désigner le candidat à l'horizon 2012, de limiter les mandats (un parlementaire ne pourra plus être simultanément maire ou présider un exécutif local), d'instaurer la parité dans toutes les instances, d'atténuer la règle de la proportionnelle intégrale des courants et de créer une autorité indépendante pour faire respecter "les règles d'éthique".

Douze questions. Onze questions seront posées et éventuellement une douzième d'expression libre. Résultats vendredi 2 octobre.

Vaste chantier. Pour le principal parti d'opposition, il s'agit tout à la fois de reconsidérer ses relations avec l'électorat, la nature de ses alliances mais aussi de limiter l'influence de ses grands élus.

Premier enjeu de la "consultation militante" de jeudi, l'organisation de "primaires ouvertes" pour désigner le candidat ou la candidate socialiste en 2012 consiste à demander aux sympathisants de gauche d'arbitrer des questions que le PS a, ces dernières années, été incapable de trancher. Le pari est double. Le vainqueur de la compétition, adoubé par le "peuple de gauche" et non pas par une majorité de militants, disposera d'un argument de poids pour imposer son autorité à la tête du parti. La campagne entre candidats à la candidature, arbitrée par les électeurs de gauche, ouvrira un large débat public qui permettra de définir une plate-forme programmatique qui sera aussi celle du PS. Un moyen d'éviter l'inconfortable situation que connut Ségolène Royal en 2007, contrainte de composer avec le programme du PS.

Le questionnaire, qui comporte douze questions réparties en cinq thèmes, propose aux adhérents de mandater le bureau national afin d'élargir ces futures primaires aux formations de gauche qui le souhaitent. Derrière cette proposition, qui permettrait de désigner un candidat commun, se profile la thématique de plus en plus présente du "dépassement" du PS. Face à une droite capable de rassembler toutes ses forces dès le premier tour derrière l'UMP, le Parti socialiste se trouve dans l'obligation de constituer un nouvel attelage avec ses alliés.

La formule devra être différente de la gauche plurielle de la décennie 1990 car, nolens volens, le PS doit admettre que sa suprématie historique sur la gauche est sérieusement battue en brèche. Faute d'avoir su négocier à temps le virage écologique, il lui faut se rapprocher des Verts qui, compte tenu de leur score aux élections européennes, ne veulent plus apparaître comme un simple supplément d'âme. De même, les socialistes doivent ménager un Parti communiste tenté de faire cavalier seul avec le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon, décidé à reproduire l'expérience de Die Linke, qui se développe sur le flanc gauche du Parti social-démocrate allemand.

Le "dépassement" du PS dans le cadre d'un alliage politique d'un nouveau genre suppose que se manifestent des convergences de fond - sur la politique énergétique, la réforme fiscale, l'éducation, l'emploi ou les flux migratoires -, mais aussi que soit explicitée la nature des rapports que la gauche doit entretenir avec le MoDem. Le parti de François Bayrou ne participera pas à des primaires au sein de la gauche, mais son évolution récente témoigne qu'il n'écarte pas l'éventualité de participer à une future majorité. Une perspective sur laquelle les avis, au PS mais aussi chez les écologistes, divergent.

Toutefois, la limitation du cumul des mandats apparaît comme le sujet le plus controversé de cette consultation interne. En réintroduisant ce débat récurrent, la direction du PS souhaite favoriser le renouvellement du personnel politique et, de façon à peine moins explicite, diluer l'influence des grands élus. Populaire chez les militants, la limitation des mandats l'est, par définition, nettement moins parmi les nombreux "cumulards" socialistes. "Si nous ne nous appliquons qu'à nous-mêmes ce dispositif, nous serons en position de faiblesse et la droite en bénéficiera", assurait, mercredi, Bernard Derosier, député et président du conseil général du Nord. "Le maire d'une grande ville qui n'est pas en même temps parlementaire et ne peut pas parler avec les ministres, c'est quelqu'un qui ne peut pas gérer sa ville", faisait écho Gérard Collomb, sénateur et maire de Lyon.

Outre la résistance passive à laquelle il risque de se heurter de la part de certains d'élus, ce référendum interne, qui n'a mobilisé que très tardivement la direction et les ténors du parti, risque de pâtir du climat maussade qui règne au sein du PS. Pour l'heure, seuls 64 000 des quelque 200 000 adhérents du Parti socialiste sont à jour de leurs cotisations, a annoncé la rue de Solferino. Certes, les retardataires pourront régulariser leur situation lorsqu'ils se présenteront pour voter, mais beaucoup, au PS, s'inquiètent. Une trop faible participation jetterait forcément une ombre sur un scrutin que Mme Aubry présente comme le préalable à l'émergence d'un "nouveau Parti socialiste".

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frederic crochet 02/10/2009 03:56


je n'ai plus confiance dans ce parti.
de plus je n'ai toujours pas reçu ma carte DA de 2008 et 2009 payées au premier meeting à Dejazet il y a plusieurs mois ... est-ce normal???