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Désirs d'Avenir 76

"rendez-vous raté entre Nicolas Sarkozy et l'écologie"

10 Septembre 2009 , Rédigé par Yvon GRAIC Publié dans #Ecologie

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L'idée était bonne. Le principe était juste. Mais le président Sarkozy est passé à côté de son sujet." Sans susciter une complète hostilité, les détails du dispositif de la taxe carbone présentés par Nicolas Sarkozy jeudi 10 septembre – notamment le prix de départ de la tonne de CO2 fixé à 17 euros – ne convainquent pas.


Contactée par Le Monde.fr, la secrétaire nationale des Verts, Cécile Duflot, dénonce "des belles paroles" qui ne sont "pas à la hauteur des enjeux". Mme Duflot regrette notamment que la taxe "ne couvre pas l'ensemble des secteurs, dont l'électricité".

Yannick Jadot, eurodéputé Europe Ecologie, déplore un "rendez-vous raté entre Nicolas Sarkozy et l'écologie" : "Beaucoup de grands mots, de prétention à l'Histoire, et quelques vrais mensonges ou approximations."

L'ancien premier ministre socialiste Michel Rocard, qui avait présidé la commission d'experts chargée de plancher sur le dispositif, se réjouit de la mise en œuvre prochaine de la taxe, en dépit d'"imperfections". "C'est une bonne nouvelle qu'elle existe. Bravo pour le fait de commencer", a déclaré M. Rocard, tout en regrettant que le niveau de départ soit "insuffisant". "On est dans un chantier", a-t-il ajouté, soulignant l'importance de la progressivité de cette taxe carbone dans le temps. "Chaque année, on aura le choix d'être sérieux ou de renoncer à l'efficacité."

Pour le Parti socialiste, Benoît Hamon, le porte-parole, a dénoncé un nouvel impôt "injuste socialement" qui "n'aura pas les effets écologiques escomptés". "Les plus vulnérables paieront plus que les riches", a déclaré M. Hamon, soulignant que le crédit accordé en compensation "sera versé de la même manière aux RMistes et aux contribuables profitant du bouclier fiscal".

Sur la même tonalité, le président du Mouvement démocrate (MoDem), François Bayrou, a estimé jeudi que les propositions du président étaient "très injustes socialement et écologiquement", dénonçant son choix de ne pas y inclure l'électricité. "Depuis des années, on a incité les familles à se convertir au chauffage au gaz et à renoncer chaque fois qu'elles le pouvaient au chauffage électrique", a-t-il fait valoir.

A droite, la satisfaction prime. Gérard Larcher, président UMP du Sénat, estime que "le système choisi est équitable, progressif, il prend en compte le mode de vie des urbains et des ruraux" et "se fixe un objectif européen". Le Nouveau Centre assure, quant à lui, qu'il "restera extrêmement vigilant et veillera à ce que les foyers modestes, les classes moyennes et les populations rurales qui ont besoin de leur voiture pour travailler soient correctement compensés".

Du côté des associations, Greenpeace regrette "un prix de départ trop faible, aucune indication de progressivité", et "l'exclusion de l'électricité". "Une taxe à 17 euros et sans progressivité annoncée ne changera strictement rien en terme de comportement et ne stimulera ni les économies d'énergie, ni les renouvelables. Autant ne rien faire du tout."

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