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Désirs d'Avenir 76

Hôpital, médecins, grippe A... Et l'humain dans tout ça ?

8 Septembre 2009 , Rédigé par Yvon GRAIC Publié dans #Actualité

http://tempsreel.nouvelobs.com/images/logo-notr.gif  forum :mardi 08 septembre 2009  

Avec Martin Winckler, médecin et écrivain

"La médecine est un métier relationnel" dit Martin Winckler dans un entretien au Nouvel Observateur à l'occasion de la sortie de "Le choeur des femmes" (P.O.L) son nouveau roman (n° du 3 septembre). A l'heure des technologies médicales de pointe, du lobby des labos et de la course aux résultats, comment pratiquer la médecine ? Et comment la transmettre ? Le médecin-écrivain revient aussi sur les millions de vaccins antigrippe A commandés. "Des mesures épidémiologiquement nulles, économiquement scandaleuses, et indécentes sur le plan moral" assène-t-il.

Question de : internaute

Bonjour ce matin (jeudi 3 septembre) dans le Parisien, vous dites que la décision d'acheter des vaccins en masse est idiote et favorise l'industrie du médicament. Quelle aurait été la bonne messure ?

RéponseLa bonne mesure aurait été d'attendre de voir si la grippe A H1N1 était aussi grave qu'on l'annonçait. Or, elle ne l'est pas. On pouvait prévoir de vacciner les personnes fragiles, et faire une réserve supplémentaire pour d'autres personnes à vacciner (les professionnels de santé). Mais pourquoi prévoir de vacciner 60 millions de Français alors que 1° ça n'est pas matériellement possible (la couverture vaccinale n'est jamais 100% même pour les vaccins obligatoires)
2° on ne connaissait rien du virus.
Or, à présent, on sait qu'il est bien moins agressif qu'on ne l'imaginait. La pandémie dramatique n'a pas eu lieu dans les pays du Sud où les populations sont plus fragiles que les nôtres. Pourquoi serait-elle plus grave dans les pays du Nord où l'état de santé des populations est bien meilleur ?

Question de : Elsa

Bonjour Martin Winckler. Votre combat est courageux, vous êtes aussi écrivain, c'est appréciable. Un de mes amis me faisait remarquer que l'on se polarisait sur la grippe A et que l'on oubliait que des milliers d'enfants dans les pays du Sud meurent de diarrhées et que l'on meurt aussi de la malaria dans ces pays. N'est-ce pas en cela que les commandes de vaccins anti-grippe A sont indécentes sur le plan moral ? D'autre part, j'ai vu sur Arte l'émission "le marché de la santé". En Allemagne, les médecins de famille sont parfois remplacés par des centre de soins gérés par des entreprises privées où les médecins doivent faire du chiffre au détriment du contact humain. D'autre part, les laboratoires poussent les hôpitaux et cliniques à utiliser les produits les plus chers. On se doute bien que pour le lobby des labos, la grippe du cochon sera une affaire auprès des cochons de payants. Là, n'y a-t-il pas immoralité et soumission de la santé au marché ?

RéponseExactement. Si la grippe A H1N1 était si grave, il fallait faire jouer le principe de solidarité et dire : achetons des vaccins d'abord pour les habitants du sud. C'est d'ailleurs une suggestion que les comités d'éthique du Canada ont faite...
Alors qu'on a attendu la fin de l'épidémie dans le sud pour faire des vaccins qu'on vendra aux pays du Nord... Indécent et malhonnête.

Question de : Redhouse

Bonjour,
Si le vaccin contre la grippe A est rendu obligatoire, la décision à prendre par la Ministre de la santé en ce qui concerne les malades se trouvant en fin de vie sera 1 vrai casse-tête (les soumettre quand même au traitement comme tout le monde ou les en dispenser, puisqu'ils n'en ont plus pour longtemps).
Quel est votre point de vue éthique et déontologique sur ce cas humain particulier ?
Merci

Réponse : Je pense qu'on ne peut pas le rendre obligatoire (il faut une loi spéciale pour ça), et que de toute manière, matériellement on ne PEUT pas vacciner 60 millions de personnes en trois semaines. Or, le virus se propage plus vite que la vaccination. La seule chose raisonnable est de prendre le temps de faire des vaccins fiables (et malheureusement, on s'est un peu trop dépêché, alors la fiabilité/sécurité est très douteuse) et de vacciner les personnes à risque COMME POUR TOUTES LES GRIPPES.

Question de : Tobias

Selon moi, il est parfaitement plausible qu'un laboratoire pharmaceutique s'attelle à créer une demande afin découler son offre. C'est un business, le but c'est l'argent, pas la santé.
Alors pourquoi n'envisageraient-ils pas de créer/favoriser une maladie, afin d'en vendre le vaccin/médicament ?
C'est une possibilité qui n'a rien d'un "fantasme-complotiste-illuminati (ou je ne sais quoi)" mondial. Je pense qu'il faut un contrôle très renforcé des laboratoires pharmaceutiques. Mais il y a le lobbying et le prétexte du secret pour se protéger de la concurrence.

Réponse : A ceci près qu'il n'est nullement nécessaire (et plutôt hasardeux) de fabriquer un virus. Il suffit de manipuler les médias via des "prescripteurs" choisis (les "experts" que les journalistes interrogent) pour laisser planer la menace et effrayer tout le monde, à commencer par les politiques.
Ainsi, répéter tout le temps "si le virus mute" (sous-entendu : entre l'hémisphère sud et l'hémisphère nord) c'est anti-scientifique. C'est comme dire "Et s'il y a un tremblement de terre à Paris ??? Construisons anti-séisme..." la suite ici

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