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Désirs d'Avenir 76

Mignard entre autonomie et fidélité à Royal

4 Septembre 2009 , Rédigé par Yvon GRAIC Publié dans #Désirs d'Avenir

http://www.mediapart.fr/sites/all/themes/mediapart/mediapart/images/mediapart_head.png04 Septembre 2009 Par  Stéphane Alliès

Jean-Pierre Mignard quitte la présidence de Désirs d'avenir désormais assumée par Ségolène Royal http://a21.idata.over-blog.com/0/28/43/94/DA-22/SegoJP-Mignard.gifelle-même, qui entend transformer l'association en «ONG européenne» proche d'une fondation type think tank, comme le précise un communiqué publié jeudi 3 septembre. Après Vincent Peillon et Manuel Valls, il est le troisième «poids lourd» de l'entourage de l'ancienne candidate socialiste à l'élection présidentielle 2007 à prendre ses distances. Dans un entretien à Mediapart, il explique sa position et tire un bilan mitigé de son expérience. Il dénonce également les affres du présidentialisme dans la vie politique de la Ve République avant d'appeler à la naissance d'un «grand parti démocrate de gauche» indispensable, selon lui, au «renouveau démocratique».

Votre départ de la présidence de Désirs d'avenir marque-t-elle un retrait de la vie politique ou alors acceptez-vous la présidence du conseil scientifique de la nouvelle ONG souhaitée par Ségolène Royal?

Ce n'est pas du tout un retrait de la vie politique. J'entends lui consacrer toutes mes forces disponibles, car mon métier est d'être avocat, je reste membre du conseil national du PS, du courant Espoir à gauche et de Désirs d'avenir. Pour ce qui concerne l'animation d'un conseil scientifique que propose Ségolène Royal, c'est le futur. Il faudra attendre un changement de statuts, y voir plus clair et on verra à ce moment là.

Quel bilan tirez-vous de votre expérience à la tête de cette association?

D'abord une expérience humaine remarquable. Les militants ont parfois été injustement critiqués pour être des idéalistes, voire des idolâtres. Non, ce sont à 90% des militants et des cadres du parti socialiste qui avaient perçu toutes les limites de l'organisation politique actuelle. Le bilan, s'il est positif sur certains aspects (comme les universités populaires participatives, qui devraient être transférées dans toutes les fédérations du PS), connaît une limite: nous n'avons pas réussi à dépasser les frontières du PS. C'est un mouvement indépendant du parti mais qui est resté dans sa sphère.

Est-ce un parti dans le parti ?

C'est un pseudopode militant du PS, qui s'est retrouvé autour d'un certain nombre de principes et autour de la candidature de Ségolène Royal et de sa démarche en faveur de la démocratie participative. C'est le principal enseignement que j'en retire: la volonté de rompre avec la vie très hiérarchisée et lointaine du parti, comme de l'opacité des délibérations. Enfin, je garderai comme enseignement l'importance de la démocratie participative, qui est tout sauf une addition de spasmes et devrait être, d'une manière ou d'une autre, inscrite dans la constitution.

La limite de Désirs d'avenir n'est-elle pas de s'être finalement réduit à une écurie présidentielle, de 2007 au congrès de Reims, en attendant 2012?

C'est toute la difficulté de créer un mouvement politique aujourd'hui en France. La Ve République commande physiquement que toute idée s'incarne en un homme ou une femme. Sans doute que Désirs d'avenir est partagé entre le soutien à la candidature de Ségolène Royal et la volonté de porter des idées de transformation, que par ailleurs elle porte. C'est à la fois un avantage et une limite car le mouvement existe à travers sa leader mais on peut être d'accord avec les idées sans être d'accord avec la candidature de Ségolène Royal. J'ai connu exactement la même chose avec Michel Rocard, qui portait d'indéniables idées de transformation, mais qui étaient reliées à sa candidature.

La motion collective du congrès de Reims s'est aujourd'hui disloquée en une addition de candidatures à la présidentielle. Valls, Peillon, Royal... La logique présidentielle n'abîme-t-elle pas l'opposition?

Le courant Espoir à gauche est une déception en terme d'organisation. Aujourd'hui, tout le monde devrait se retrouver ensemble, puisque tout le monde pensait la même chose et a signé les mêmes textes. Ségolène Royal a toujours été par définition hostile à la constitution d'un courant organisé, c'est sa vision de la vie interne du parti depuis toujours. Pour autant, je crois que le nécessaire n'a pas été fait par les uns et par les autres pour permettre le maintien de liens qui auraient pu montrer que, justement, c'étaient les idées qui primaient sur les logiques de compétition de personnes. Espoir à gauche n'a pas réussi cela. Mais l'affaire n'est pas terminée. Je souhaite créer un espace de convergences avec tous ceux et celles qui se sont éloignés, et d'autres encore, pour que le PS puisse bénéficier d'un lieu hospitalier et dynamique qui puisse profiter au camp de la transformation.(...) le texte intégral PDF ici

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