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Désirs d'Avenir 76

Au hit-parade des cumulards

3 Septembre 2009 , Rédigé par Yvon GRAIC Publié dans #Institutions

http://l.liberation.fr/img/content/lg_libe.gif Enquête

Mandats . A droite comme à gauche, les politiques sont légion à exercer plusieurs fonctions électives.

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Par LILIAN ALEMAGNA

Ségolène Royal fanfaronne. Non cumularde car débarrassée de son mandat de députée des Deux-Sèvres depuis les législatives en 2007, la présidente du conseil régional de Poitou-Charentes a regretté hier le refus de Martine Aubry d’appliquer la règle du non-cumul au PS dès les régionales de 2010. «C’est embêtant ce grand écart entre les discours et les actes», a-t-elle lancé sur RTL. Le week-end dernier, à l’université d’été du parti à La Rochelle, la patronne du PS avait annoncé vouloir imposer la règle du non-cumul pour les élus socialistes. Mais après les régionales, car «il est trop tard», avait-elle justifié… Une chose est sûre, malgré les restrictions imposées par la loi du 5 avril 2000, le cumul reste plus qu’apprécié des responsables politiques. La plupart des ministres du gouvernement Fillon ont gardé des fonctions dans leurs fiefs respectifs, 74 % des sénateurs et plus de 85 % des députés disposent également d’un mandat à l’échelon local. Petit palmarès des champions du cumul en France.

Les mauvais élèves… du gouvernement

Il est bien fini le temps des jurisprudences Jospin et Chirac. Il n’existe plus d’obligation pour les ministres et secrétaires d’Etat de renoncer à exercer simultanément des fonctions dans un exécutif local. Au sein du gouvernement, ils sont quatorze à être premiers magistrats d’une commune. Si plusieurs sont maires de petites ou moyennes municipalités (Eric Besson à Donzère dans la Drôme, Luc Chatel à Chaumont en Haute-Marne, Eric Woerth à Chantilly dans l’Oise), d’autres sont bien accrochés à la tête d’une grande ville ou d’un département. Hubert Falco (Anciens combattants) est toujours maire de Toulon et président de la communauté d’agglomération. Son collègue en PACA, Christian Estrosi, occupe l’hôtel de ville à Nice. A Mulhouse, Jean-Marie Bockel est maire et préside aussi l’agglomération. Enfin, l’énigmatique ministre de la Relance, Patrick Devedjian, occupe la tête du conseil général des Hauts-de-Seine. En vue des régionales, le chef de l’UMP, Xavier Bertrand, a souhaité que les ministres élus présidents de région démissionnent de du gouvernement. Pour l’instant, ils sont six à briguer un tel poste.

…de l’Assemblée

Au Palais Bourbon, ils sont près de 500 sur 577 à disposer, en plus de leur mandat national, d’un mandat local (38 d’entre eux en ont même deux, avec un faible pour les présidences de communautés de communes ou d’agglomération). Cinq députés sont présidents de régions (dont trois socialistes : Jean-Jack Queyranne en Rhône-Alpes, Michel Vauzelle en PACA et Alain Rousset en Aquitaine). Dix-huit sont à la tête de départements tels François Hollande (PS-Corrèze), Henri Emmanuelli (PS-Landes), François Sauvadet (NC-Côte-d’Or), Eric Ciotti (UMP-Alpes-Maritimes) ou encore l’ancien pourfendeur du cumul chez les socialistes, Arnaud Montebourg, qui dirige le conseil général de Saône-et-Loire depuis 2008.

…du Sénat

Chez les sénateurs, ils sont environ 250 sur 343 à jouer sur les deux tableaux. On y retrouve quatre barons régionaux du PS : Daniel Percheron (Nord-Pas-de-Calais), Jean-Pierre Masseret (Lorraine), Alain Le Vern (Haute-Normandie) et François Patriat (Bourgogne). Trente sont présidents d’un conseil général. Toutefois, il semble, pour certains constitutionnalistes, moins gênant pour des sénateurs, censés représenter les territoires, de disposer d’un mandat local.

Les bons élèves

Seuls 13,5 % des députés ont un mandat unique. Les sénateurs sont à peine plus nombreux : 26 %. Pour les personnalités UMP, lorsqu’on ne cumule pas, c’est plutôt par défaut. Virée de son ministère, Christine Boutin n’est plus que conseillère générale des Yvelines. Défait en 2007 aux législatives et viré du gouvernement, Alain Juppé est resté maire de Bordeaux. Chez les socialistes, outre Ségolène Royal, Martine Aubry (Lille) et Bertrand Delanoë (Paris) jouent le jeu du mandat local unique. Après avoir perdu son siège d’eurodéputé (sa seule fonction élective), Benoît Hamon, porte-parole du PS, a atteint, selon son expression, «le stade ultime du non-cumul».

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