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Désirs d'Avenir 76

L'absent du Parlement Européen.....

22 Juin 2009 , Rédigé par Yvon GRAIC Publié dans #Actualité

Cher(e)s camarades,

Afficher l'image en taille réelleNous avons subi une défaite. Nous la pressentions. Elle vient de nous. Les Partis s’apprécient à ce qu’ils proposent, non pas à ce qu’ils s’opposent. Cela vaut pour les idées comme pour les personnes.

Ce résultat n’augure en rien ce que seront les résultats des prochaines élections régionales, mais nous devons regarder en face la désespérante perte de crédibilité de notre Parti et son incapacité à mobiliser ce qui était son électorat traditionnel.

C’est à ce discrédit, dont il est interdit de parler et dont il ne faut pas prononcer le nom, que nous devons remédier. Les français attendent beaucoup de nous : un espace politique existe mais nous sommes dans l’incapacité de l’occuper. D’autres s’en chargent.

La Direction a, comme d’habitude, décidé d’éluder et d’attendre des jours meilleurs . Cette stratégie est en oeuvre depuis 2002 avec les résultats que l’on connaît. On nous promet une modernisation avec les acteurs de son refus.

D’ici là les vieux réflexes de la bunkerisation, de l’affect, de l’entre-nous, de l’autocensure clanique nous sont fortement suggérés. Officiellement pour ne pas faire le jeu de Sarko et ne pas se tirer une balle dans le pied. En réalité pour gérer dans l’ordre politique la même irresponsabilité de nos dirigeants que pour les stock-options et les parachutes dorés dans l’ordre économique.

Au PS on ne change pas une équipe qui perd…on ne lâche rien, ni les postes, ni les fonctions. Pis, les responsables de cet état de fait monopolisent la parole, verrouillent les tribunes et nous délivrent leur science de consultants experts en défaites. Ils s’apprêtent même à asséner leurs leçons de politique aux « barons locaux », ces besogneux de rase campagne.

Aujourd’hui, les plus sincères de nos militants et de nos dirigeants -et ils sont nombreux- se demandent comment sortir de ce qu’ils ressentent comme un remake du déclin du PC : un rétrécissement discipliné sur l’entre-nous de nos vieilles certitudes.

Tenter d’y répondre, c’est accepter de se demander comment nous en sommes arrivés là.

Le diagnostic précède toujours le traitement. Encore faut il qu’il soit lucide et sans tabou.

Hasardons deux explications en guise de modeste contribution :

- Notre Parti reste victime du « syndrome de Rennes », c'est-à-dire de l’héritage dilapidé de Mitterrand. Depuis le Congrès de Rennes, les générations de dirigeants qui se succèdent à Solférin  postulent que l’alternance politique est devenue automatique dans notre pays. Le symptôme de cette illusion est tout entier contenu dans le procès en élection « imperdable » fait à Ségolène Royal à la Présidentielle de

2007. C’est ce même présupposé qui avait conduit Lionel Jospin à inverser le calendrier électoral en 2002, pour offrir finalement le premier régime hyperprésidentiel français à la Droite. Sur la base de ce postulat, le combat politique essentiel des socialistes privilégie les finasseries tactiques et les compétitions internes permanentes puisque la victoire est promise…. Les Français attendent autre chose des socialistes qu’un déballage d’égos et de carriérismes forcenés, attisés par le raccourcissement du calendrier politique. L’ambition n’exonère ni de la décence ni des idées, et les jeux d’appareils ne suffisent pas à faire les victoires politiques.

- L’électorat a fondamentalement changé. Il a accédé à une sorte d’autonomisation et de libre arbitre, permis par le développement des nouveaux moyens d’information : il veut choisir librement, il est plus détaché des grandes idéologies « prêt à penser » du 20 ème siècle ; il milite à la carte, par intermittence ; il aspire à participer et se défie

des institutions comme du pouvoir politique ; il décrypte les vieux codes et les grosses ficelles du théâtre politique. Notre Parti est fondamentalement resté un parti d’injonction idéologique, qui assène une vérité - sa vérité, celle des années 80- dans un monde moins idéologique et plus complexe. Il n’a pas su se renouveler. Si l’on retranche de ses 180.000 militants ses 55.000 élus, leurs familles et leurs employés,

on mesure l’extrême étroitesse de sa base sociologique. Il ne représente plus la France dans sa diversité. Le repli sur lui-même le menace de consanguinité

L’Avenir ne sera pas sans partis parce que la démocratie ne procède pas d’un ordre naturel mais d’un ordre institutionnel. Mais il est probablement aux partis « éponges », ouverts, tolérants, modestes, sincères, prêts à accueillir sans enrôler, disposés à l’écoute plus qu’à l’injonction, plus réalistes qu’idéalistes ; aux partis qui n’appartiennent à personne mais à tout le monde et s’ouvrent à toutes les interrogations, grandes et petites, de nos sociétés complexes et atomisées.

La démocratie d’aujourd’hui doit être une démocratie du respect, de la sincérité et de l’écoute.

Un peu plus de désintéressement, un peu moins de carriérisme ; un peu plus de respect du peuple -à commencer par les militants- un peu moins de mépris et de féodalisation de l’appareil ; un peu plus de convictions, un peu moins de postures ; bref beaucoup plus de respect, d’humilité et d’authenticité ne feraient pas de mal au PS. C’est pourquoi il doit s’ouvrir, et s’ouvrir sans retenue. ...

Il doit aussi affronter les problèmes de notre époque sans esquive ni tabou : tous les problèmes, y compris ceux qui dérangent ses certitudes et bousculent sa vision du monde d’hier.

Il doit bannir le corporatisme électoraliste au profit d’une exigence d’intérêt général et n’abandonner aucun thème de société à ses adversaires . La social-démocratie est en difficulté parce qu’elle incarne désormais un conservatisme frileux incapable d’apporter des réponses nouvelles et audacieuses à un monde nouveau . Elle est en difficulté parce qu’elle est fondamentalement nationale dans un monde irrémédiablement ouvert. Résister et conserver ne font pas un programme crédible dans une Société informée.

Notre Parti est d’abord en proie à une crise morale ou, dit autrement, à une overdose de cynisme de la part de sa Nomenklatura. Il ne réfléchit plus, il manoeuvre.

S’il est capable de se ressaisir et d’inventer cette démocratie du respect et de la sincérité qui a déserté la France, alors il retrouvera la voie du succès, tout simplement parce que les Français l’attendent de nous et ont besoin de nous.

Daniel Cohn-Bendit est le seul grand vainqueur de cette élection européenne parce qu’ il a fait une campagne européenne et sincère, et qu’il en a pris tous les risques!

Une défaite peut annoncer une renaissance si l’on en prend collectivement la mesure.

Beaucoup d’entre vous sont découragés et se sentent impuissants à réformer le PS.

Certains sont tentés de prendre du recul, d’aller voir ailleurs ou de renoncer.

Pourtant, en politique, renoncer, c’est marquer un but contre son camp. Et l’on n’est mort que lorsqu’on le décide.

J’ai personnellement décidé de continuer à militer pour la modernisation du PS avec le recul et la liberté que me permet ma position désormais extérieure à toute instance dirigeante nationale et locale. Parce que je dois beaucoup à ce parti, parce que la France en a besoin, parce que je ne supporte plus de le voir dans cet état…..

J’espère vivement que la Gironde conservera la camaraderie et la distance nécessaire vis-àvis de l’appareil national pour que ce combat-là nous rassemble.

Votre solidarité m’a touché et m’oblige.

Gilles SAVARY

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Colargolette 23/06/2009 09:10

"comment sortir de ce qu’ils ressentent comme un remake du déclin du PC"Je ne suis pas d'accord avec cette "analyse" carricaturale. Je pense qu'il faut clarifier la situation des nonistes et ouiistes.