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Désirs d'Avenir 76

"C’est cela que j’appelle le socialisme réformiste, démocratique et écologique,

17 Juin 2009 , Rédigé par Yvon GRAIC Publié dans #Actualité

François Rebsamen, Sénateur-Maire de Dijon

au Conseil National du Parti Socialiste (mardi 9 juin 2009)

Chers Camarades,

Pour la première fois depuis l’union de la gauche, le Parti Socialiste se fait talonner par un autre parti de gauche, par un de ses alliés.

S’agit-il d’un accident de parcours ? Ce résultat s’inscrit-il dans une logique politique ?

Il est vrai que l’Europe est un terrain chaotique pour le PS. Nous y avons connu de larges victoires, telle celle de 2004, et de grandes déceptions 1994 qui fut la raison de la démission de Michel Rocard, notre premier secrétaire, ou bien encore le référendum sur la constitution de 2005, avec les conséquences militantes que l’on sait.

Pour expliquer cette défaite j’entends que la France est le pays des eurosceptiques, que l’Europe n’incarne pas le bouclier social, économique et culturel dont les citoyens auraient tant besoin.

Certes, mais pourquoi alors notre large victoire en 2004 ?

Parce qu’il s’agissait d’un vote sanction contre le gouvernement Raffarin et que nous étions sur la vague des régionales, me dit-on.

Bien, mais en 2009 nous étions sur la vague des municipales de 2008, combien de villes avons-nous remporté, n’avons-nous pas raffermi durablement la présence des socialistes sur le territoire national ?
C’est peut-être, c’est sans doute une erreur d’appréciation sur la notoriété du gouvernement qui a fait que le choix stratégique de la direction du parti socialiste n’a pas fonctionné.

Le vote sanction ! La fameuse grande idée, qui devait emporter dans un seul et même élan l’ensemble des socialistes et la gauche toute entière. Ce vote sanction qui s’est étiolé pour devenir le vote efficace…

En termes d’efficacité reconnaissons à l’UMP d’avoir su mobiliser et renforcer son socle électoral et aux écologistes d’avoir su parler d’Europe à notre place et d’être entendus par les citoyens de notre pays.
Reconnaissons que la stratégie décidée n’était pas la bonne, que nous nous sommes trompés.
Pourquoi ?

D’abord, en raison d’avoir oublier les fondamentaux politiques.

Pour gagner les socialistes doivent être rassemblés. Les militants ont tranché au congrès de Reims, la motion E est arrivée en tête avec 30% des suffrages, sa candidate au premier secrétariat a fait jeu égal et remporté 50% des voix militantes. Le rassemblement qui s’imposait par l’énergie du choix militant ne s’est pas réalisé parce que l’on a voulu faire croire que ce congrès était un congrès d’alternance, qu’une politique était remplacée par une autre, comme on le ressentirait dans les changements de majorité parlementaire. Mais au titre de quoi cette pensée, cette inflexion ? L’actuelle direction a participé et a été mise en place par une partie très importante de la direction et de la majorité précédente. Toi-même Martine, après avoir été chargée du projet du Parti Socialiste, tu étais mandatée pour travailler et porter nos propositions en matière de politique sociale puisque tu étais la secrétaire nationale en charge de ce secteur.
Pourquoi dire et redire qu’il faut remettre le parti au travail, te serais-tu désolidarisée des responsabilités qui t’avaient été confiées depuis 2002 en particulier ? Nul ne peut se construire contre son histoire.

Il t’appartient aujourd’hui d’assurer le rassemblement des socialistes, non pas seulement par le choix de tel ou tel à la direction, mais en permettant à tous les socialistes de définir une
nouvelle ligne politique pour le Parti Socialiste.

En effet, pour gagner il faut associer tous les socialistes à la définition des choix qu’ils sont chargés de défendre ensuite sur le terrain. Là encore, nous devons considérer que l’attitude que le parti a eu auprès des militants, des sections et des fédérations a manquésinon de respect, à tout le moins de considération. Associer les militants, faire participer les adhérents et les élus, accepter les propositions ascendantes nous renforce. Faire vivre le parti ne nous a jamais affaiblis, notre histoire est là pour le rappeler. Il en va de notre crédibilité, et ce sont nos militants qui sont les premiers acteurs de sa construction.

Ensuite pour gagner toujours, offrir à nos partenaires de la gauche un débat de qualité et là aussi de vraies opportunités de rencontres et de travail. Comment voudrions-nous porter l’alternance en France et en Europe si nous n’offrons pas la perspective de penser et de rédiger un contrat de gouvernement avec nos partenaires. Sans cette étape essentielle, comment vouloir être audibles auprès des électeurs de gauche, comment vouloir associer dans la clarté tous les démocrates

qui s’opposent à ce gouvernement et à Sarkosy. Comment vouloir organiser les primaires pour choisir le candidat de la gauche et des forces de progrès, sans contrat de gouvernement. Plus qu’un engagement politique collectif, il nous faut ce socle pour porter l’espoir.

 


Les résultats des élections européennes nous donnent un signal fort en ce sens, mais ne croyons pas que cela sera une chose facile culturellement, car notre comportement politique à l’endroit des radicaux de gauche lors de ce dernier scrutin nous en apprend beaucoup sur ce que nous sommes capables de faire.

Aussi, j’appelle les membres du Conseil National à comprendre le sens de notre responsabilité politique aujourd’hui. Chacun d’entre nous ressent l’impérieuse nécessité d’agir. Les mots pour cela sont variés, refondation, modernisation, réforme ; tous renvoient à l’effort, au travail collectif, à l’émergence d’une pensée socialiste cohérente pour formuler des propositions crédibles.


Je vous propose de porter devant les militants, dans toutes nos sections, un débat participatif qui permettent de reconsidérer notre logiciel politique. Proposons aux militants et aux élus un engagement collectif, d’une direction rassemblée, un calendrier de travail clair et efficace pour élaborer notre projet, des réunions hebdomadaires du Bureau National, faire du Conseil national le véritable parlement de notre parti, une articulation transparente et cohérente avec les groupes parlementaires pour soutenir et renforcer l’action de tous les socialistes, la mise en œuvre de moyens de communication qui répondent aux exigences de notre actualité, et soumettons enfin au référendum militant la question des primaires pour en faire non pas un sujet de division entre nous, mais un outil puissant de rassemblement de toute la gauche pour offrir aux Français l’alternance qu’ils espèrent. Aussi je vous propose de nous réunir en conseil national exceptionnel, un samedi toute la journée afin de permettre à tous ses membres d’y participer, et de travailler sur ces thèmes sur la base d’un texte élaboré collectivement. Ce texte nous inviterait à débattre bien évidemment des choix stratégiques et des propositions que nous voulons pour le parti socialiste, pour la gauche et pour la France. Ce travail collectif serait ensuite renforcé des apports des militants lors de sa discussion dans nos sections.


Notre force aura toujours été l’exigence démocratique que nous mettons au cœur de nos débats et de notre action. Ne nous détournons pas de notre obligation politique, mettons la démocratie au cœur de nos choix. Apprenons à trancher nos débats dans la clarté et dans le respect du vote des militants. Car gagner dépend naturellement de notre capacité collective à faire des choix pour le plus grand nombre, il faut souligner en effet que le bon choix n’est pas le non-choix. La force de nos valeurs dépend de notre énergie et de la force du mouvement que nous saurons mettre en œuvre. Cela s’appelle l’ambition collective, je veux que mon parti retrouve cette ambition collective, non pas seulement pour lui-même mais pour tous les citoyens qui nous attendent et qui se lassent de nous attendre. L’ambition collective que j’appelle de mes vœux, c’est celle qui nous portera à choisir un projet de société où le progrès économique et social sera indissociable de la croissance verte et du développement durable. Oui je veux débattre, fort de cette ambition collective de la transformation de notre rapport au travail et à la sécurisation professionnelle. Reprenons le chemin de l’imagination pour une action et des pratiques politiques renouvelées.

"C’est cela que j’appelle le socialisme réformiste, démocratique et écologique, auquel je vous invite."

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