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Désirs d'Avenir 76

Le PS en doute

16 Mai 2009 Publié dans #Dans la presse

http://medias.lemonde.fr/mmpub/img/lgo/lemonde_moy.gif   Editorial

L'Europe va-t-elle continuer à jouer des mauvais tours au Parti socialiste ? A moins de quatre semaines du scrutin européen du 7 juin, la campagne du PS français manque d'élan au point d'avoir obligé sa première secrétaire, Martine Aubry, à décréter, mardi 12 mai, la " mobilisation générale ". Dans les sondages, qui doivent être pris avec d'autant plus de précautions que tout indique que l'abstention pourrait battre un nouveau record, l'UMP creuse l'écart avec le PS. Et le spleen gagne la planète socialiste. A tort ?

Mme Aubry, dont ce sera le premier test électoral à la tête de son parti, part avec un handicap : la comparaison avec le précédent scrutin de 2004. Le PS avait alors obtenu 28,9 %, dans la foulée de ses victoires aux élections régionales et cantonales. Face à une UMP qui a réunifié la droite, la réédition d'un tel exploit relève de la mission impossible.

Pourtant, le PS se remet lentement en ordre de bataille. Il a été le premier parti de gouvernement à boucler ses listes européennes, bien avant l'UMP. Alors qu'il s'était déchiré en 2005, lors du référendum sur la Constitution européenne, il a refait son unité : Mme Aubry a réussi à faire adopter par les " ouiistes " et les " nonistes " d'hier, ce qui était loin d'être acquis, un texte qui plaide pour " une réorientation de la construction européenne ".

Ce document, sur lequel les socialistes français font campagne, ne relève pas du simple bricolage interne. Il s'appuie sur le Manifeste du Parti socialiste européen (PSE), adopté par tous les partis sociaux-démocrates de l'Europe des 27. Il paraît signer la réconciliation du PS avec une social-démocratie européenne qui s'était éloignée de lui en 2005. Il avance, autour de l'idée d'un " pacte européen du progrès social ", plusieurs propositions. Ainsi, si le PSE est majoritaire au Parlement européen - ce qui n'est pas l'hypothèse la plus probable -, il prévoit l'adoption d'un plan de 100 milliards d'euros pour relancer, sur les cent premiers jours, l'économie européenne.

Mais le PS joue sa partition face à un électorat qui, crise oblige, a la tête ailleurs. Après quatre grands meetings - Toulouse, Strasbourg, Clermont-Ferrand et Paris -, il semble hésiter sur sa stratégie, entre le double " vote sanction " contre Nicolas Sarkozy en France et José Manuel Barroso à Bruxelles, et son discours sur la " meilleure gouvernance " d'une Europe " qui protège ses citoyens ". Quitte à laisser l'UMP s'emparer du thème de " l'Europe protectrice ". Panne d'allumage ? Fatalité de l'échec ? Il reste moins de quatre semaines pour lever ces doutes.

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