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Désirs d'Avenir 76

Désirs d'elle

23 Avril 2009 Publié dans #Désirs d'Avenir

http://l.liberation.fr/img/content/lg_libe.gifgrand angle

Objet politique non identifié, l'association de Ségolène Royal s'accroche à sa raison sociale: la destinée présidentielle de l'ex-candidate. Et agit en club de supporteurs, prêts à croire aux lendemains qui chantent.

Ségolène Royal.

Ségolène Royal.

(Stephane Mahe / Reuters)

Leur cause, c’est elle. «J’ai pris ma carte pour Ségolène Royal. Elle est l’incarnation d’une alternative politique crédible», «Je voulais qu’elle soit candidate. C’était la première à me donner un espoir depuis vingt ans.» Quant à Rolland, 52 ans, il lui voit «une aura». «Ça ne s’explique pas. Regardez Lénine : chauve, petit barbichu, mais il a soulevé les foules…» Bienvenue dans les rangs des fidèles de Désirs d’avenir (DA), les gardiens du temple ségoléniste. dit Vincent, 33 ans, entré en politique avec les primaires au sein du PS en 2006. Comme Françoise, 53 ans :

«C’est vrai que Ségolène occupe une place assez importante dans mon quotidien, dit Vincent Biloa responsable de DA en Haute-Savoie. Je lis tout ce qu’elle dit, j’ai tous ses ouvrages. Je lui voue une véritable passion. Elle a éveillé en moi quelque chose qui n’existait pas. Il s’agit d’éléments physiques ou métaphysiques qu’on ne peut pas expliquer.» «Il se passe quelque chose quand elle est là, décrit Françoise Jestin, militante en région parisienne. On est heureux d’être là, avec elle, on a l’impression d’être ensemble, on a envie de chanter. Ça me donne presque envie de croire à nouveau aux lendemains qui chantent.» Rolland Rodari, responsable du mouvement dans l’Essonne, en convient : «C’est quelquefois un peu bizarre, pas très politique.» Il précise : «Je ne fais pas partie des ségolâtres qui ont l’icône de la madone au-dessus de leur lit.» Mais à ses yeux, il y aurait, au commencement, le verbe de Royal qui, s’il ne correspond pas aux canons de l’éloquence socialiste, ferait des miracles : «Quand elle parle des gens qui sont dans la nécessité, c’est quelque chose qu’on ressent. Ce qu’elle raconte, ça prend aux tripes, car elle le dit avec les mots de tous les jours.»

«Acter la présidentialisation»

De la rénovation politique au renouveau charismatique, le double jeu est assumé, et même théorisé par les amis de l’ex-candidate. «Il fut un temps où le PS ne trouvait pas choquant qu’on évoque Dieu pour parler de Mitterrand,Et je n’ai d’ailleurs connu un tel enthousiasme, un tel attachement et un tel engagement qu’autour de Michel Rocard et de François Mitterrand.» Organiser les transports autour de Ségolène Royal ne serait donc qu’un moyen, en toute rationalité politique, d’épouser la pratique des institutions. «C’est la Ve République, rappelle Benjamin Mathéaud, responsable de DA dans le Gard. A un moment, il faut quand même trouver un leader avec un minimum de charisme.» «Le PS vit encore sous la IIIe ou la IVe République, estime Vincent Biloa. Il refuse d’assumer la présidentialisation. Nous, nous l’avons actée.» rappelle l’avocat Jean-Pierre Mignard, proche conseiller de l’ancienne candidate.

Désirs d’avenir est une entreprise politique d’un genre nouveau. Un courant socialiste de plus qui tente de s’arroger des parts d’un marché ? Une nouvelle manière de vivre la politique ? Une fédération de groupies ? Un club de réflexion programmatique ? «C’est une structure difficile à comprendre, une nouvelle forme d’organisation dont les règles sont à inventer, tente Fabien-Pierre Nicolas, cadre du mouvement. Il s’agit d’écouter la société, d’avoir du plaisir à militer, de respirer là où les réunions du PS sont délétères, déconnectées des enjeux réels.» Avant d’en convenir : «C’est vrai que c’est un objet politique non identifié, y compris par Ségolène Royal elle-même.»

Seule certitude : il s’agit d’ouvrir les fenêtres du «vieux parti» par tous les moyens possibles. Un des hommes forts de la nouvelle direction du PS, version Martine Aubry, a flairé le danger : «Désirs d’avenir, c’est le fan club de Royal. En cette époque de désidéologisation, ses militants sont prêts à croire. Mais à croire en la personne, et non en la cause. Et elle entretient cette désidéologisation.» Une première secrétaire fédérale du PS, pro-Royal, résume : «Désirs d’avenir, c’est un club de supporteurs de Ségolène. Un peu hystériques, mais très respectables. On pleure sans arrêt parce qu’on n’a pas assez de militants et de sympathisants, donc il ne faut pas se plaindre qu’ils existent. Mais ce n’est pas dans ma culture. Je suis ségoléniste pour des raisons politiques, pas parce que c’est la nouvelle madone.»

L’«objet politique non identifié» n’a jamais existé que par, et surtout pour Ségolène Royal. C’est son premier cercle - Jean-Pierre Mignard, sa conseillère politique Sophie Bouchet-Petersen, son amie la publicitaire Nathalie Rastoin - qui avait pensé et lancé Désirs d’avenir pour les primaires socialistes de 2006 et la campagne présidentielle de 2007, autour de comités locaux et d’une ébauche de réseau social sur Internet. Deux ans plus tard, DA n’a plus le statut de parti politique, mais son objet social reste bien la destinée présidentielle de l’ex-candidate. «On est sorti du régime des partis pour des questions de transparence fiscale, explique le président de l’association, Jean-Pierre Mignard. Et parce qu’il n’y avait plus de raisons de le rester. Mais peut être que la raison reviendra…» si Ségolène redevient candidate. L’heure n’est pas encore au mouvement de masse. «Désirs d’avenir, ça ne pèse rien dans le parti», évacue un ancien allié de Royal : 8 000 adhérents en 2008 - 4 500 ont renouvelé cette année - pour 600 comités locaux revendiqués, plus ou moins actifs, et 380 000 euros de budget. Dans les petites économies du mouvement, nulle subvention de personnes morales. Mais des adhésions, de 5 à 50 euros, et de généreux apports de «quelques hommes riches», dont un homme d’affaires belge, sur lesquels l’association ne s’étendra guère. «Ils donnent parce qu’ils y croient vraiment», glisse un cadre de DA, qui, sur le plan budgétaire, a observé un phénomène quasi miraculeux : «A chaque passage télé de Ségolène, les courbes des cotisations remontent…»  suite ici

DAVID REVAULT D’ALLONNES

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la+fourmi+rouge 26/04/2009 21:20

Que RDA déçoit, lorsqu'il écrit ses articles dans le journal à support papier !On comprend qu'il se range à la ligne éditoriale imposée par LJ. Mais quand même !Son manque de liberté de ton, saute d'autant plus au premier coup d'oeil, que l'on connaît la légèreté, la causticité des billets de son blog sur le site, qui ciblent si juste, et ravissent le lecteur par un style travaillé. Là c'est un vrai journaliste !