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Désirs d'Avenir 76

Ségolène Royal justifie ses excuses à Zapatero

19 Avril 2009 Publié dans #Actualité

http://tempsreel.nouvelobs.com/images/logo-notr.gif   NOUVELOBS.COM | 19.04.2009

"Le mépris verbal, les déclarations fanfaronnes et désinvoltes qui se multiplient dans les propos du chef de l'Etat, ça suffit", estime Désirs d'avenir.

Jose Luis Zapatero était venu soutenir Ségolène Royal lors de la campagne présidentielle, le 19 avril 2007 à Toulouse (Sipa)

Jose Luis Zapatero était venu soutenir Ségolène Royal lors de la campagne présidentielle, le 19 avril 2007 à Toulouse (Sipa)

Dans un communiqué mis en ligne samedi soir 18 avril sur le site Désirs d'avenir, Ségolène Royal explique pourquoi elle a présenté des excuses à Jose Luis Zapatero, au sujet des propos prêtés à Nicolas Sarkozy sur l'intelligence du président du gouvernement espagnol.
"La République française doit respecter ses partenaires internationaux et leurs dirigeants, à commencer par ses partenaires européens et leurs dirigeants. C'est une évidence et une règle élémentaire", peut-on lire sur Désirs d'avenir.

"Il faut y mettre un coup d'arrêt"


"Le mépris verbal, les déclarations fanfaronnes et désinvoltes qui se multiplient dans les propos du chef de l'Etat, ça suffit : il faut y mettre un coup d'arrêt. La presse internationale les a relevés avec virulence depuis quelques jours, mais aussi une partie de la presse nationale. C'est l'image de la France et la qualité de ses relations diplomatiques qui sont en cause."
Ségolène Royal avait annoncé samedi avoir écrit à Jose Luis Zapatero, pour lui présenter des "excuses" pour ce qu'elle qualifie de "propos injurieux".
Selon des propos rapportés par Libération, mais démentis par l'Elysée, le président français aurait dit de Zapatero: "Il n'est peut-être pas très intelligent". Ces propos ont provoqué une vive émotion dans la presse espagnole.

"Un devoir de maîtrise de son langage"


Ségolène Royal a assuré à Jose Luis Zapatero "que ces propos n'engageaient ni la France, ni les Français", selon le communiqué. "Elle a également assuré Jose Luis Zapatero de toute sa considération, en partie pour les réformes courageuses conduites en Espagne et surtout pour son attachement à réaliser ses promesses de campagne électorale, avec un comportement éthique qui devrait servir de modèle".
Enfin, Ségolène Royal souligne "qu'exercer le mandat de Président de la République impose un devoir de maîtrise de son langage et de son comportement afin de ne pas porter aux intérêts de la France".

"Madame Royal invente la ridiculitude"


L'UMP a aussitôt fustigé Ségolène Royal pour ses excuses. "Après la bravitude, (…) Madame Royal invente la ridiculitude, désormais symbole de sa dimension politique", commente Yves Jégo, secrétaire d'Etat à l'Outre-mer.
Tandis que pour Xavier Bertrand, le secrétaire général de l'UMP, Ségolène Royal est "prête à tout pour faire parler d'elle". (> Toutes les réactions)
Déjà, le 6 avril à Dakar, Ségolène Royal avait demandé "pardon" pour le discours controversé prononcé en 2007 au Sénégal par Nicolas Sarkozy, assurant que "ces paroles humiliantes et qui n'auraient jamais dû être prononcées" et qu'elles n'engageaient "ni la France, ni les Français".

"Un shadow président"


Alors que la demande de "pardon" à l'Afrique avait été soutenue par le PS, notamment la première secrétaire Martine Aubry, l'opinion n'avait guère suivi : 56% des Français l'avaient désapprouvée. Mais l'ex-candidate avait plus de succès en interne: pour 70% des sympathisants PS, ces propos étaient "justifiés".
L'expert d'Ipsos Jean-François Doridot estime cependant qu'avec le discours de Dakar et la lettre à Zapatero, "Mme Royal est en train de mettre en place un shadow président, s'attaquant au domaine réservé", la politique étrangère.
Selon cet analyste, ces initiatives ne sont pas à même de la faire prospérer dans l'opinion. Mais elles la "font exister", et en interne au PS, montrent que "même si elle n'est pas première secrétaire" après son échec au congrès de Reims, "elle tient une place importante".

"Il n'est peut-être pas très intelligent"


Selon Libération, le président français aurait eu la critique facile contre plusieurs chefs d'Etat et de gouvernement, mercredi, lors d'un déjeuner à l'Elysée avec des députés et des sénateurs consacré au G20:
- Jose Luis Zapatero : "Il n'est peut-être pas très intelligent. Moi, j'en connais qui étaient très intelligents et qui n'ont pas été au second tour de la présidentielle." (allusion à Lionel Jospin)
- Jose Manuel Barroso : Il a été "totalement absent du G20"
- Barack Obama : "Il est élu depuis deux mois et n’a jamais géré un ministère de sa vie. Il y a un certain nombre de choses sur lesquelles il n’a pas de position".
- Angela Merkel: "Quand elle s’est rendu compte de l’état de ses banques et de son industrie automobile, elle n’a pas eu d’autre choix que de se rallier à ma position".
Nouvelobs.com a interrogé plusieurs parlementaires qui assistaient au déjeuner. La plupart ont affirmé que Nicolas Sarkozy n'avait pas prononcé les phrases rapportés par Libération, tandis que le député Vert François de Rugy, a déclaré que les propos visant Zapatero étaient vrais, mais qu'il s'agissait "d'ironie" et que la phrase a été "mal interprétée".

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