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Désirs d'Avenir 76

La politique de relance du gouvernement est-elle efficace ?

1 Avril 2009 Publié dans #Débat

http://www.tnova.fr/templates/tnova/images/header/logo.png   Notes - Agathe et Julia Cagé, ENS - 24 mars 2009

 

Selon Agathe et Julia Cagé, de l'Ecole Normale Supérieure, les mesures du plan de relance présenté par le gouvernement en décembre 2008 et février 2009 ne suffiront pas à soutenir la croissance économique face à la crise. Pour être efficace, la relance doit privilégier le pouvoir d'achat des ménages, et être tourné vers l'avenir pour jeter les bases d'une croissance durable. 

Deux séries de mesures ont été présentées par le gouvernement en décembre 2008 et février 2009 pour répondre a la crise : un paquet présenté à Douai en décembre 2008 (dont le montant, contrairement aux annonces, a été estimé à 10 milliards d’euros par Terra Nova) et des mesures fiscales et sociales pour un montant total de 2,6 milliard d’euros, présentées le 18 février 2009.

On peut douter de l’efficacité de ce plan de relance pour quatre raisons :
-     Il s’agit de la relance la plus faible en volume de tous les pays de l’OCDE. A titre de comparaison, le plan américain prévoit d’investir 800 milliards de dollars sur les prochaines années,
-    La mise en œuvre des mesures d’investissement annoncées prendra du temps, et la prise immédiate sur l’activité sera nécessairement limitée,
-    Les mesures sociales annoncées, ne soutiennent pas suffisamment le pouvoir d’achat des français,
-    Le plan est exclusivement centré sur 2009, et ne permet pas une prise en compte plus large de la crise économique.

Un plan de relance efficace devrait privilégier le pouvoir d’achat des ménages pour stimuler la demande, s’appuyer sur une politique fiscale expansionniste (par exemple en réduisant la TVA), et prendre en compte le long terme pour jeter les bases d’une croissance durable.

L’efficacité de la politique de relance budgétaire française doit être appréciée à l’aune des deux séries de mesures présentées par le gouvernement respectivement en décembre 2008 et février 2009.

Le 4 décembre 2008 à Douai, le chef de l’Etat a officiellement annoncé que le gouvernement allait déployer 26 milliards d’euros (1,3 % du PIB) pour soutenir l’activité. En réalité, le paquet réel ne dépassera pas les 10 milliards d’euros (soit 0,5 % du PIB).

Après avoir, lors de son intervention télévisée du 5 février, avancé que 1,4 milliards d’euros – correspondant aux intérêts versés à l’Etat par les banques – seraient consacrés à un ensemble de mesures sociales, le Président de la République a finalement, lors du sommet du 18 février avec les partenaires sociaux, annoncé un ensemble de mesures fiscales et sociales représentant 2,6 milliards d’euros pour les finances publiques, notamment (i) une prime « exceptionnelle » de 150 euros pour les trois millions de familles bénéficiant de l’allocation de rentrée scolaire (coût total de 450 millions d'euros) ; (ii) des bons d'achats de 200 euros par foyer pour l'aide à domicile, la garde d'enfants, le soutien scolaire, le ménage, versés avant la fin du premier semestre 2009 à des ménages ciblés (pour un coût total de 300 millions) ; (iii)  une prime de 500 euros pour les chômeurs ayant seulement travaillé de 2 à 4 mois ; (iv) une réduction d’impôts en 2009 pour 6 millions de contribuables (coût de 1,1 milliards d’euros) ; (v) et la création d’un fonds d'investissement social, doté de 2,5 à 3 milliards d'euros et ciblé sur la formation des salariés en difficulté.

La question de l’efficacité de ce plan de relance budgétaire se pose à deux niveaux : d’une part, celui des moyens utilisés – montant du plan (est-il d’une ampleur suffisante ?) et instruments choisis (politique de relance de l’offre ou de la demande ?), et d’autre part, celui des objectifs qu’il cherche à atteindre – principalement le soutien de la croissance économique (et d’une croissance économique « durable ») et le recul du taux de chômage, auxquels on peut ajouter le maintien des personnes fragilisées au-dessus du seuil de pauvreté..... suite ici


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frederic+crochet 03/05/2009 01:43

réponse: tripler le budget de l'Elysée (30 millions d'euros en 2007 et 100 millions en 2008 avec 950 employés à l'Elysée) n'est pas très moral en cette période de crise!