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Désirs d'Avenir 76

“Besancenot dans le texte”

25 Mars 2009 , Rédigé par Yvon GRAIC Publié dans #Libre expréssion

     

               http://l.liberation.fr/img/content/lg_libe.gif     Bernard Poignant invite à lire “Besancenot dans le texte”

POLITIQUE - Le maire PS de Quimper et député européen Bernard Poigant a lu attentivement le livre d’Olivier Besancenot  et de Daniel Bensaïd : "Prenons parti pour un socialisme du XXIème siècle", paru aux éditions Mille et Une Nuits en janvier 2009. Il livre ici son opinion sur la politique que ce texte préconise, porteuse selon lui de “sectarisme” et de “totalitarisme”.

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" Il faut lire le livre d’Olivier Besancenot et de Daniel Bensaïd : "Prenons parti pour un socialisme du XXIème siècle", paru aux éditions Mille et Une Nuits en janvier 2009. Quand un nouveau parti est créé, il faut aller chercher la société qu’il prévoit ou qu’il prépare. Dans le livre et ses 371 pages, on rencontre de la démagogie et de l’à-peu-près. Ce n’est pas cela le plus important : on peut trouver les mêmes défauts dans la littérature du Parti Socialiste. Par contre, il n’est pas indifférent de regarder si la politique annoncée est garante des libertés, respectueuse du droit, attachée à la démocratie et à son expression par le suffrage universel. Car le but est affiché page 125 : "Une société alternative au capitalisme nécessite une rupture avec la société d’aujourd’hui et son Etat". Très bien mais permettez qu’on jette un coup d’œil sur ce qui est prévu ! Les auteurs ajoutent : "Un changement de société ne peut se résumer à une alternance d’équipe gouvernementale". D’accord mais acceptez que l’on défende ce principe de l’alternance, y compris pour permettre à la droite de battre la gauche, si les électeurs en décident ! Pour clore ce point, Olivier Besancenot écrit : "Changer ou pas la société, en dernière analyse, revient à savoir : qui décide ici ? Le Gouvernement, le Parlement issu de la vieille société ? Ou bien le pouvoir populaire de la nouvelle société qui pousse au sein des conseils de quartiers et des assemblées d’entreprises ?" Excusez du peu : on a déjà donné avec les soviets !

Au fil de la lecture, des interrogations naissent : la crise du capitalisme financier et du capitalisme tout court est bien analysée. Mais c’est un papier-collé de Karl Marx qui a fait ce travail avec plus de finesse et de connaissances. Par contre, l’échec du communisme est passé sous silence. Sont évoquées les dérives bureaucratiques sans penser une seconde que c’est le système lui-même qui y conduit. Le despotisme russe et la dictature chinoise sont ignorés : pourtant l’un et l’autre s’accommodent du capitalisme. Sont admirés : Chavez au Vénézuela, Morales en Bolivie, Castro à Cuba, Ché Guevara bien sûr, un peu Lula au Brésil mais lui sent déjà le souffre libéral.

Dès les premières phrases (page 9), la confusion est établie : "Le capitalisme est malade… Il y a quelques mois les tenants du nouvel ordre mondial n’avaient pas de mots assez flatteurs pour vanter les mérites indépassables de l’économie de marché." Conclusion : il faut en finir avec l’économie de marché ! La Déclaration de principes du Parti Socialiste, adoptée en juin 2008, est alors vilipendée à longueur de pages. Comme elle se prononce pour une "économie sociale et écologiste de marché", elle est la preuve de la trahison de la social-démocratie !

A la place de l’économie de marché, il y a forcément le monopole. Il faut attendre la page 72 pour découvrir ce nouveau modèle économique à travers une proposition concernant les banques : il faudra "réunifier toutes les banques dans un seul service public bancaire, en expropriant les intérêts privés, sans rachat ni indemnités… Ce service public de crédit serait placé sous le contrôle des salariés et des usagers". On sait comment cela se termine : des apparatchiks nommés par le Parti - Etat finissent par prendre le pouvoir. On connaît la suite. Quant à la technique, l’expropriation, elle revient souvent. Exemple page 275 pour la santé : "expropriation des établissements privés à but lucratif". Chacun sait que l’expropriation n’est pas conforme à la loi. Le Parti Communiste lui-même ne l’a jamais défendu. C’est une proposition totalitaire, mensongère, impossible ! Page 74, l’industrie automobile subit le même sort : ils "proposent d’écarter la mainmise des actionnaires sur l’ensemble du secteur en plaçant toute l’activité automobile française, ainsi que la sous-traitance et les équipementiers, sous contrôle public, en expropriant les intérêts, sans rachat, ni indemnités". Fermez le ban ! Page 75, l’auteur ajoute : "L’industrie automobile internationale doit être contrainte à inventer et à généraliser des modes de propulsion non polluants". Très bien mais qui contraint, comment et avec quelles sanctions à la clé ? Mystère ou plutôt danger !

Si l’économie de marché disparaît, il faut bien mettre en place une autre façon de produire. Page 218, "la planification démocratique de la production déciderait collectivement des grandes options fondamentales, plutôt que de laisser le marché trancher". C’est le grand retour du Gossplan : décidément Besancenot est bien vieux pour son âge ! Il prend un exemple toujours à la même page : dans un rayon de supermarché, "que de formes de clous, de rivets qui diffèrent par leur longueur et leur tête". C’est une société : je ne veux voir qu’une seule tête !

La suite ici

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