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Désirs d'Avenir 76

Mélenchon veut faire la révolution par les urnes

2 Février 2009 , Rédigé par Yvon GRAIC Publié dans #Actualité

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lundi 02 février 2009

Dessin : Chaunu

Le parti de gauche est né, hier. Son fondateur, Jean-Luc Mélenchon, sénateur ex-PS bouscule Martine Aubry et tente de construire un « front de gauche » autour de l'idée de rupture avec le capitalisme.

Dans le bus qui mène à Limeil-Brévannes où s'achève, en ce dimanche glacial, le congrès fondateur du Parti de Gauche (PG), deux militants, ex-socialistes, discutent en aparté : « D'après toi qu'est-ce qui distingue le PS du parti de Mélenchon ? » interroge l'un. « Au PS, on te demande ton avis, répond l'autre, mais on n'en tient pas compte. » On croirait déjà entendre le bouillant sénateur de l'Essonne brandir, tout à l'heure, au bout de sa fourche de « révolutionnaire par les urnes », les idées réformistes décapitées par la lame de ses arguments.

La terre tremble autour de Martine Aubry : sur sa droite, elle est secouée par le puissant courant des amis de Ségolène Royal ; sur sa gauche elle est bousculée par une union possible entre Mélenchon (4 000 militants en deux mois), les communistes (qui font alliance), Besancenot (très embarrassé) et plusieurs petites formations.

Un front de gauche crédité de 14,5 % aux européennes. « En quatre mois, s'enflamme le porte-drapeau du PG, qui rêve de doubler le PS, on peut gagner six ou sept points ! »

Main tendue à Besancenot


Même corrigé de l'enthousiasme qui salue toute naissance, le PG ne doit pas être négligé. Primo, il ratisse large : des jeunes et des vieux, des babas cool et des socialistes aisés, des prolos et des intellos. Tous républicains et sociaux. Qui font un rêve que le député du Nord Marc Dolez formule en empruntant aux révolutionnaires de 1793: « Le droit au bonheur est une idée neuve !» 

Secundo, son approche, en pleine crise, peut séduire : « On ne peut plus dire : aux uns les luttes sociales, aux autres le combat économique, aux troisièmes la gestion. Il faut faire la synthèse », résume la jeune Elodie Vaxelaire. Qui ajoute : « La croissance n'est pas acceptable tant qu'elle n'est pas neutre d'un point de vue écologique. » Mais gare aux contradictions : que fait-on, par exemple, de l'automobile ?

Tertio, il a un chef et une stratégie : « Nous ne vous proposons pas, lance Mélenchon à Besancenot, de fusionner, mais de faire un front. Camarades, nous vous tendons la main sans conditions, sans préalable, ne la rejetez pas ! »

Les 600 congressistes explosent : « Unité, unité ! » Pourquoi Olivier Besancenot multiplie-t-il les conditions ? Parce qu'il craint de se retrouver dans la situation de gérer les affaires. moins commode que la protestation. le PG, lui, s'affirme comme « un parti de gouvernement » qui va proposer, au Parlement, 29 propositions pour rompre avec le capitalisme. Et parce que le facteur de Neuilly se méfie des alliances, « il n'y aura pas de front avec le PS, lui jure Jean-Luc Mélenchon. Notre adversaire, c'est la droite. Mais nous ne ferons jamais perdre la gauche. Nous pratiquerons toujours la discipline républicaine. »

Michel URVOY.

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Colargolette 03/02/2009 02:59

"que fait-on, par exemple, de l'automobile ?"On achète des voitures poitou-charentaises ;-)

frederic crochet 02/02/2009 13:53

Mél avec l'extrême gauche c'est bon ça: dans deux ans on n'en parle plus!