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Désirs d'Avenir 76

Najat Vallaud-Belkacem : "lettre au Préfet de la Manche"

1 Février 2009 , Rédigé par Yvon GRAIC Publié dans #Espoir à Gauche

http://www.lepost.fr/medias/www/1.0.186/img/headerv2/logo_v2.png
 Par RichardTrois

Voici la lettre ouverte de Najat Vallaud-Belkacem au Préfet de la Manche à la suite de son limogeage par Nicolas Sarkozy.
Une lettre lue hier samedi lors de la première réunion de l'association l'Espoir à Gauche, le premier courant du PS qui réunit les soutiens socialistes de Ségolène Royal.

Une lettre adressée « à la victime expiatoire de ce qui reste en France de Liberté, la liberté de siffler !».

Voici quelques extraits :

« Votre devoir de réserve vous oblige depuis bien longtemps à ne pas commenter.
Ne pas commenter les abus de langages et les amalgames assimilant jeunes de banlieue et racailles, immigration et égorgement de mouton, promotion de l'égalité et prévention de la délinquance.
Ne pas commenter l'usage de statistiques éthniques à usage policier ou encore le très vichyste fichier Edvige.
Ne pas commenter enfin les propos nauséaubonds tenus à Michel Onfray sur les explications génétiques de la pédophilie ou du suicide des jeunes.

La France tu l'aimes ou tu la quittes. Voici qu'on vous oblige Monsieur le Préfet à quitter celle de Nicolas Sarkozy.
N'en soyez pas désolé, il est préférable parfois, sans mauvais jeu de mots, à ne pas être du côté du manche ! (...)

Non, Monsieur le Préfêt, ne regrettez décidemment rien.
Voyez le tour que prend notre Justice. Aux attaques directes et habituelles de Nicolas Sarkozy contre l'institution accusée de ne pas faire son travail ou de trahir son peuple, a succédé un travail de sape, la promotion d'une justice du faits-divers, de l'émotion, une jutice rendue au nom des victimes et non plus au nom du peuple français.
Bref une Justice qui venge, avec ses peines planchers, avec sa prévention de la récidive par l'arbitraire, avec la suppression du juge d'instruction dont l'indépendance chagrine tant notre Président, avec la remise en cause de l'irresponsabilité pénales des malades mentaux ou de la majorité pénale à 16 ans.
Mais aussi avec, pour les amis, la dépénalisation du droit des affaires. (...)

Vous Monsieur le Préfet qui avez inscrit vos pas dans ceux de Jean Moulin ou d'Erignac, ne regrettez rien.
Profitez en pour vous démarquer de cette conception de la laïcité positive, une laïcité qui prend parti pour ceux qui croient contre ceux qui ne croient pas, qui prend parti pour les curés contre les hussards noirs de la République en prétendant qu'il n'est d'autre espérance que spirituelle (...).

Et que dire de notre diplomatie ? Celle d'un vieux pays d'un vieux continent. Voyez comme la diplomatie de la cécité a pris le pas sur la diplomatie des Droits de l'Homme.
On visite nos vieux complices comme Omar Bongo au pouvoir depuis 1967. On accueille de nouveaux amis comme Kadhafi.
On baisse les yeux devant les puissants russes ou chinois. On s'aligne sur W. Bush au point de rejoindre le commandement militaire intégré de l'OTAN ou de renforcer notre engagement militaire en Afghanistan sans même consulter la représentation nationale.
Enfin on plaide pour un partenariat en Afrique et en même temps, on joue à Tintin au Congo en déclarant à Dakar:
"l'homme africain n'est pas entré dans l'Histoire, jamais il ne s'est lancé vers l'avenir, décidémment il n'y a pas de place pour le progrès."
Consternant.
(...)

Que dire pour finir de cette mise au pas des médias, du limogeage d'Alain Genestar à la nomination du Président de France Télévision.
Que dire de ce grand bon en arrière, du retour de Primprenelle et Nicolas Sarkozy tous les soirs à l'ORTF pour nous endormir.
Que dire de la remise cause du Comité National d'Ethique, du droit de grêve, du droit d'amendement du Parlement.
Et tout cela invariablement au nom du pragmatisme. Mais, Monsieur le Préfet, le pragmatisme érigé en idéologie, c'est rien d'autre que le renoncement à nos valeurs.

Soyez tranquille donc. Quelques sifflets à l'adresse d'un nouveau Bonaparte vous aurons coûté votre poste.
Goethe préférait une petite injustice à un grand désordre. Nicolas Sarkozy aura préféré une grande injustice à un petit désordre.
Mais au fond, je vous le dit, il n'y a que les petits hommes qui craignent les petits cris. »

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Un-e Sympathisant-e Communiste Altermondialiste 02/02/2009 08:29

Nous devons préparer la constitution d'un gouvernement transitoire. Ségolène et Laurent préparez-vous !