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Désirs d'Avenir 76

Nicolas Sarkozy et les droits de l'Homme

30 Janvier 2009 , Rédigé par Yvon GRAIC Publié dans #Droits de l'homme

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: bilan du premier tiers du quinquennat


Notes - Jean-Pierre Dubois - 22 janvier 2009

 

sarkozy

Jean-Pierre Dubois, Président de la Ligue des droits de l'Homme, dresse ici le bilan du premier tiers du mandat de Nicolas Sarkozy au regard de la défense des droits de l'Homme. Dans un contexte d'asphyxie démocratique, la stratégie de déconstruction sociale engagée depuis deux ans appelle une prise de conscience des progressistes. Il faut jeter les bases de solidarités viables et de nouvelles garanties de l'effectivité des droits.

Dans ce texte percutant et extrêmement nourri, Jean-Pierre Dubois analyse le bilan de Nicolas Sarkozy au regard de la défense des droits de l’Homme. Par delà les annonces et les affichages, le mode d’exercice du pouvoir et les orientations défendues avec vigueur depuis près de deux ans traduisent un recul généralisé.

 

Ce recul doit être compris dans son contexte, avant tout mondial. L’asphyxie démocratique actuelle est la conséquence d’un bouleversement de l’ordre du Politique, qui affecte profondément les bases sociales des sociétés démocratiques. Les organisations de masse sont fragilisées, alors que les compromis sociaux élaborés dans les pays du Nord sont remis en cause par la mondialisation des enjeux et par l’absence d’une alternative crédible à la marchandisation des rapports sociaux.

 

A cette asphyxie démocratique s’ajoute en France un activisme présidentiel appuyé sur une véritable stratégie de déconstruction sociale. Cette stratégie s’engouffre dans les brèches sociales, en stigmatisant les « assistés » et les « racailles ». Elle profite des appétits personnels et de la déconfiture idéologique pour pratiquer l’« ouverture », atomisant du même coup les partis et brouillant l’offre politique. Enfin, elle décrédibilise l’Etat en le désengageant du terrain politico-social au profit de régulations marchandes, et en utilisant le bloc police/justice pénale comme un outil exclusivement répressif. Le patchwork idéologique présidentiel, mêlant moralisme traditionnel et discours postmodernes, répond à l’individuation sociétale par un individualisme antipolitique.

 

Quatre axes résument le bilan de l’action présidentielle au regard des droits de l’homme :

 

-  Elle est d’abord définie par une obsession sécuritaire, qui porte atteinte aux principes républicains les plus fondamentaux. Gestion dangereuse de la police, menaces flagrantes sur l’indépendance de la justice, surpopulation honteuse des prisons, multiplication des systèmes de surveillance et de contrôle, les orientations politiques en matière de sécurité sont de plus en plus préoccupantes.

 

- Elle est également portée par une étatisation de l’identitaire, rendue évidente par la création du ministère de l’identité nationale. Symboles de cette vision du monde inacceptable, l’amendement « test ADN » et la chasse aux sans-papiers y compris devant des lieux comme les écoles primaires, démontrent une dérive xénophobe assumée.

 

- La politique sociale du Gouvernement, sous couvert de multiples concertations, prend la forme d’une déconstruction méthodique de l’effectivité des droits sociaux. En aggravant les inégalités face à l’impôt, en laissant perdurer la crise du logement, et en réduisant les effectifs et les moyens de l’Education nationale, cette politique participe de l’atomisation des relations sociales.

 

- Enfin, la politique extérieure de la France souffre d’une discordance criante entre les postures de communication médiatique et les actes réellement assumés. L’exemple chinois est emblématique de l’hypocrisie d’un Gouvernement qui assigne les Droits de l’Homme à un secrétariat d’Etat pour mieux les ignorer dans l’action des autres instances politiques.

 

Pour la gauche, ce bilan appelle une prise de conscience et un travail de réflexion pour porter une parole progressiste, à équidistance d’un irréalisme stérile et des « Realpolitiks » qui ont également échoué. Les progressistes doivent se montrer à même de jeter les bases de solidarités viables. L’invention de nouvelles garanties de l’effectivité des droits et de nouvelles formes d’interdépendance sociale doit permettre la conjugaison de l’individuation et de nouvelles solidarités organiques.......

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