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Désirs d'Avenir 76

Le traité de Lisbonne, caillou dans la chaussure socialiste

6 Décembre 2008 Publié dans #Actualité

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Le traité de Lisbonne, vous vous souvenez ? En novembre 2007 puis en janvier 2008, ce traité – toujours en panne après le « non » irlandais – avait semé une belle zizanie dans les rangs socialistes. A l’issue de débats tendus, le bureau national s’était prononcé en faveur de ce texte mais avait laissé la liberté de vote aux parlementaires. Ceux-ci s’étaient répartis entre l’approbation, l’abstention ou le refus de vote, et le non. Or, à la veille de la réunion, samedi, du conseil national qui sera chargé d’avaliser la composition de la nouvelle direction du parti, ce texte controversé revient jouer le rôle du caillou dans la chaussure socialiste.

  La « feuille de route », le document actuellement soumis à ses futurs alliés par Martine Aubry, affirme l’attachement du PS au Manifesto, le texte d’orientation du Parti socialiste européen (PSE) pour les élections européennes de juin. Un document approuvé en grande pompe dimanche dernier à Madrid en présence de la nouvelle première secrétaire qui effectuait sa première sortie officielle. Or, ce Manifesto fait ouvertement référence au traité de Lisbonne dont l’adoption « permettrait à l’Europe d’affronter les grands défis de manière plus démocratique, transparente et efficace ».
Cette référence appuyée au traité de Lisbonne ne devrait pas offusquer les amis de Laurent Fabius qui défendaient le « non » lors du referendum de 2005 mais qui, soucieux de ne pas mettre en danger leur alliance avec les strauss-kahniens et Aubrystes, jouent profil bas. « La question institutionnelle est derrière nous ; l’heure est au débat sur le contenu de la construction européenne » expliquait déjà au Monde Guillaume Bachelay, proche de Laurent Fabius, en janvier 2008.
En revanche, l’aile gauche du parti renâcle. Benoit hamon n’a pas oublié que le 6 novembre 2007, la querelle du traité de Lisbonne l’a amené à démissionner de ses fonctions de secrétaire national au projet européen faute d’avoir pu mener à bien la mission de compromis (négocier l’abstention) que lui avait confié François Hollande. Il est difficilement envisageable que Mme Aubry, qui peut pourtant difficilement se passer de l’appui de l’aile gauche pour constituer sa majorité, cède sur la référence au Manifesto ou prenne ses distances avec le traité de Lisbonne.

On semble néanmoins s’orienter vers une majorité Aubry-Delanoë-Hamon. ( D-A-C selon les textes des motions). Reste à savoir si Benoit Hamon obtiendra des compensations, sur le contenu du texte ou en terme de postes, dans le futur exécutif . Si tel est le cas, quelle sera la réactions des autres alliés delanoïstes et « Hollandais », par ailleurs très à cheval sur les principes dés qu’il s’agit de l’Europe ? Sans oublier les partisans de Ségolène Royal qui ont formulé des offres de service et pourraient mettre en exergue la « gauchisation » de la nouvelle direction pour expliquer leur éventuel refus d’intégrer la direction.

     Pour l’anecdote, on signalera que près d’une semaine après sa publication, le texte du Manifesto n’a toujours pas été traduit en français. Ni par le PSE, ni par le PS…

Jean-Michel Normand

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