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Désirs d'Avenir 76

Le conseil national brièvement interrompu suite aux protestations des pro-Royal

6 Décembre 2008 Publié dans #Actualité

http://tempsreel.nouvelobs.com/images/logo-notr.gif NOUVELOBS.COM | 06.12.2008 | 13:12

Le conseil national du PS a suspendu ses travaux durant une dizaine de minutes suite aux protestations des partisans de Ségolène Royal réclamant un vote nominal sur les amendements qu'ils présentaient et le texte d'orientation de la direction.

Martine Aubry (Sipa)

Martine Aubry (Sipa)

Le conseil national du PS a suspendu ses travaux pendant une dizaine de minutes, samedi 6 décembre vers 12h30, suite aux nombreuses protestations des partisans de Ségolène Royal réclamant un vote nominal sur les amendements qu'ils présentaient et le texte d'orientation de la direction.
Julien Dray, proche de Ségolène Royal, qui avait présenté ces amendements à la tribune, a lancé "suspension de séance, c'est notre droit", suite a l'appel à un vote groupé à main levée, dans un grand tumulte. "Nous refusons un vote bloqué sur les amendements et demandons un vote nominal", a affirmé Vincent Peillon, autre proche de Ségolène Royal.
"C'est juste pour créer une ambiance", a ironisé de son côté François Lamy, bras droit de Martine Aubry.
La séance a repris vers 12h45 ses travaux avec le discours de la première secrétaire Martine Aubry, le vote devant avoir lieu ultérieurement.

Orientation politique

Le conseil national du PS avait entamé ce samedi matin ses travaux pour entériner l'équipe dirigeante présentée par la première secrétaire Martine Aubry, équipe qui ne devrait pas comprendre les partisans de Ségolène Royal ni Bertrand Delanoë.
A son arrivée, le maire de Paris a indiqué qu'il ne ferait pas partie du bureau national du PS : "cela fait 11 ans que je suis au Bureau national. Je vais épauler Martine Aubry et son équipe, je reste engagé à ses côtés".
La première secrétaire du PS, a indiqué qu'elle "respectait totalement" la décision de son ex-rivale Ségolène Royal de ne pas faire figurer ses proches dans l'équipe de direction du parti. Elle lui a réaffirmé que "la porte resterait toujours ouverte".
"J'ai fait à Ségolène Royal des propositions fortes pour qu'elle puisse, dans la logique de ce qu'elle a défendu", accepter "un texte pour la rénovation du parti et même faire figurer dans la direction certains de ses amis", a-t-elle dit à son arrivée au conseil national (Parlement du parti).
"Elle ne l'a pas souhaité, je respecte totalement sa décision mais je lui ai dit aussi la porte restera toujours ouverte", a ajouté Martine Aubry.
Martine Aubry soumet dans la matinée au conseil national un texte d'orientation politique et la nouvelle direction du parti.
Sauf coup de théâtre de dernière minute, les partisans de Ségolène Royal ne feront pas partie du nouveau "gouvernement" du PS, constitué des seuls amis de Martine Aubry, Bertrand Delanoë et Benoît Hamon.
La formation de cette direction "resserrée" aura été un casse-tête pour la nouvelle Première secrétaire, élue avec seulement 102 voix d'avance sur Ségolène Royal, selon les chiffres entérinés le 25 novembre par le conseil national.
Martine Aubry devait en effet composer avec ses alliés Bertrand Delanoë et Benoît Hamon, dont le soutien a été décisif pour son accession à la tête du PS, tout en tendant la main à sa rivale au nom de la volonté de "rassemblement" affichée depuis son élection.
Ségolène Royal est par ailleurs absente du conseil national du PS "Il n'y a pas à prolonger par des images un pseudo combat de femmes", a déclaré à la presse le sénateur David Assouline, proche de Ségolène Royal.

Négociations laborieuses

Le nouveau premier secrétaire, dont le courant ne pèse que 24,32% du parti, selon les résultats du vote du 6 novembre sur les motions, a fait le choix de s'allier avec Bertrand Delanoë et Benoît Hamon.
Les négociations ont été laborieuses. Principale difficulté: la question européenne. Leader de l'aile gauche du parti et ancien partisan du "non" à la Constitution européenne, Benoît Hamon -qui devrait être nommé porte-parole- refusait toute référence trop appuyée au manifeste des socialistes européens, adopté en début de semaine à Madrid. Une casus belli pour Bertrand Delanoë, tenant d'une ligne réformiste et pro-européenne.
Au terme de ces longues tractations, Martine Aubry a adressé vendredi en fin de matinée à Ségolène Royal la proposition de texte d'orientation, revêtue des signatures de ses partenaires, selon son entourage. Des proches de Bertrand Delanoë et Benoît Hamon ont confirmé l'accord à l'Associated Press.

"Forteresse de Solférino"

La méthode et le contenu ont fortement déplu aux royalistes. Lors d'un point presse dans les bureaux parisiens de Ségolène Royal, ses lieutenants Vincent Peillon et Manuel Valls ont dénoncé une élaboration "dans la forteresse de Solférino", déplorant un "tout sauf Ségolène Royal, un tout sauf la moitié des militants socialistes". Les royalistes estiment avoir été "exclus" des discussions depuis samedi dernier, date de la dernière rencontre entre leur championne et Martine Aubry.
Sur le fond, Vincent Peillon a reproché à la maire de Lille d'avoir remis dans ce texte sans "aucune innovation idéologique" le refus de toute alliance avec le MoDem.
Mais le rassemblement a surtout échoué sur des questions de personnes. Les "royalistes" revendiquaient une représentation au secrétariat national du parti à la hauteur des 29% recueillis par leur motion le 6 novembre et des près de 50% obtenus deux semaine plus tard par leur candidate lors de l'élection du Premier secrétaire.

Les requêtes de Royal refusées

Ségolène Royal a demandé pour elle-même la présidence de la Fédération nationale des élus socialistes et républicains (FNESER). Elle réclamait également le poste de numéro deux pour Vincent Peillon. Autant de revendications jugées inacceptables par Martine Aubry.
Résultat, les amis de Ségolène Royal ont fait savoir qu'ils s'abstiendraient lors du vote de samedi. Le texte d'orientation sera donc voté par les seuls amis de Martine Aubry, Bertrand Delanoë et Benoît Hamon. L'alliance des trois courants représente 70% des voix des 306 membres du "Parlement" du PS.
Malgré cette fin de non-recevoir, les "royalistes" ne sont pas encore dans l'opposition interne. Ils se sont de nouveau dits "disponibles" pour travailler avec la nouvelle Première secrétaire. "Nous ne ferons pas de difficultés", a affirmé Vincent Peillon, conscient de la demande des Français et des militants que les socialistes ne rejouent pas samedi leur désastreux congrès.
De leur côté, les aubrystes ont pris acte. "Cette abstention signifie qu'ils n'ont pas la volonté de se mettre dans une logique d'opposition", notait un proche de la Première secrétaire.
Reste que la réunion de samedi risque fort de ressembler à un nouvel épisode de la "guerre des dames" à laquelle le PS paraît condamné jusqu'à la désignation en 2011 de son candidat pour la prochaine présidentielle. (avec AP)

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Marina Santorelli 06/12/2008 17:09

Je suis consternée par les dérapages et les insultes aux valeurs du socialisme commis par les partisans du TSS, alors que c'est une coalitation hétéroclite de chacals qui rêvent tous de voler de leurs propres ailes à la veille des présidentielles. Je n'ose imaginer l'ambiance en 2011 !