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Désirs d'Avenir 76

PS: tractations et petites manips entre amis

4 Décembre 2008 Publié dans #Actualité

http://l.liberation.fr/img/content/lg_libe.gifFRANÇOIS VIGNAL

Martine Aubry et Ségolène Royal

Martine Aubry et Ségolène Royal (Reuters et AFP)

Le congrès de Reims est terminé depuis bientôt trois semaines, mais les discussions entre socialistes ces dernières heures donnent comme une impression de déjà vu. L’enjeu: le texte d’orientation politique — la feuille de route du PS pour les trois années à venir — et la composition de la nouvelle direction, qui doit être actée samedi, lors d’un conseil national.

«C'est un enfumage des royalistes»

Pour le moment, les socialistes n’ont toujours pas réussi à retrouver «la convivialité» et la «confiance», que Martine Aubry appelle de ses voeux. Pour preuve, cette intox venant du camp Royal, et relayée sur les blogs désirs d’avenir ici . «Aubry va faire une sortie avec le président départemental du Modem dans le nord, Olivier Henno, maire de Saint-André. Un meetting à Croix, dans le cadre d’une municipale partielle…», glisse, en se marrant, un lieutenant de Royal, alors que la nouvelle première secrétaire, qui a fait accord pour les municipales avec le Modem, refuse toute alliance au niveau national avec les centristes. Démenti catégorique du côté de l'équipe de Martine Aubry: «C’est totalement faux. C’est un enfumage des royalistes». Niveau convivialité, on fait mieux.

Quant au fameux texte d’orientation, c’est un peu l’Arlésienne. Mardi, Martine Aubry assurait qu’il serait prêt dans la journée. Un de ses proches parlait plutôt de «mercredi ou jeudi». Pourtant, ce jeudi, en fin d’après-midi, le texte n’était toujours pas totalement bouclé. «Il devrait être prêt ce soir. Ou peut-être demain matin…», précise un proche de Benoît Hamon. Si hier, du côté du représentant de l’aile gauche du PS, on jugeait ce texte «un peu insipide», ce soir, on semble confiant: «On travaille encore, mais nous arrivons à un consensus cohérent et offensif». Comprendre: suffisamment ancré à gauche.
ou

«Que vont-ils faire d’un Vaillant ou d’un Kader Arif ?»

«Ce n’est pas une construction au forceps», ajoute ce proche d’Hamon. Anticipant les attaques sur le risque du retour de la synthèse instable pour cause de majorité hétéroclite, il défend déjà le texte: «Ça va aller. La synthèse du Mans est apparue comme mortifère parce qu’on ne l’a pas fait vivre. Cette fois, on s’engage ni pour un CDD, ni pour un CDI, mais bel et bien pour un contrat de confiance, qu’il faut mettre en mouvement».

Reste la douloureuse question de la composition de la direction. Avec un secrétariat national réduit à une vingtaine de membres (environ 20 postes thématiques et 7 ou 8 «régaliens») au lieu de 42 actuellement, il y aura des déçus. Tout comme au bureau national, autre instance de direction du parti. «Sur les 14 membres de la motion Delanoë, il reste 7 places pour les hommes, en fonction de la parité. Que vont-ils faire d’un Vaillant ou d’un Kader Arif ?», se demande ce partisan d’Hamon.

Un royaliste: «On ne peut pas accepter trois strapontins»

Et les royalistes ? Ils attendaient toujours le texte ce jeudi soir. «On ne sait rien. C’est particulièrement bizarre. Samedi, tout doit être acté dans un débat qui dure 3/4 d’heures pour définir l’orientation des trois prochaines années du parti, s’étrangle un royaliste. On nous dit qu’il faut une orientation. Mais c’est parce ce qu’on n’a pas réussi à le faire pendant le congrès».

Question orientation, la question du choix des alliances est un faux problème, selon cet autre royaliste, le sénateur David Assouline: «Ce n’est pas notre sujet. C’est le sujet qu’ils ont mis eux-même en scène pendant deux mois pour gagner un congrès, tranche le sénateur. Il y a eu un vote où 50% des militants ont dit: "Ouvrez les fenêtres, changez les relations avec la base, les méthodes". C’est le cœur de notre sujet».

Pour l’heure, si les royalistes n’ont pas reçu le texte, l’un deux assure «qu’on n’est pas encore rentré dans une discussion concrète sur la composition de la direction», à deux jours de sa divulgation... Et il avertit qu'ils ne voudront pas jouer les figurants : «On n’aime pas le symbolique, on aime le réel. On n’a pas dépensé autant d’énergie pour accepter une orientation qu’on ne peut pas cautionner et trois strapontins»

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