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Désirs d'Avenir 76

Inacceptable,

1 Décembre 2008 Publié dans #Droits de l'homme

   http://www.lemonde.fr/medias/www/1.2.33/img/lgo/lemonde_abonne.gif    Edito du Monde
Un seul mot pour qualifier les méthodes policières qui ont accompagné l'interpellation, le 28 novembre à l'aube, de l'ancien directeur de la publication de Libération Vittorio de Filippis : inacceptable.
Poursuivi pour diffamation suite à la publication d'un commentaire sur le site internet de Libération, Vittorio de Filippis, a été interpellé vendredi matin à 6h40 à son domicile.

Comme nous l'avons relaté dans Le Monde du week-end, cet ex-PDG de Libération devait répondre d'une plainte en diffamation déposée en 2007 par Xavier Niel, le fondateur du fournisseur d'accès à Internet Free, après le commentaire contesté d'un internaute.


Que cette procédure ait donné lieu à une série d'insultes et d'humiliations, y compris devant les enfants de M. de Filippis, et au passage des menottes - alors que cet usage n'est admis par le code de procédure pénale qu'à titre d'exception -, voilà qui passe toutes les bornes.

Les journalistes sont soumis au droit. Encore faut-il que ce droit soit appliqué et les personnes respectées dans leur intégrité. Sans intention de nuire ou d'abaisser, encore moins d'intimider par des actes constituant de véritables atteintes aux libertés. L'enquête déterminera, il le faut, quelles motivations ont conduit la juge d'instruction Muriel Josié à ordonner ce mandat d'amener et quels ressorts ont poussé des policiers à agir avec une telle brutalité.

Cet acte en dit long sur des pratiques qui touchent chaque année des dizaines de milliers de citoyens anonymes interpellés sans ménagement et ne disposant pas de relais pour se faire entendre.

Enfin, cette interpellation franchit à ce point les limites de la loi que le doute est permis : il faut avoir un haut sentiment d'impunité pour se livrer à des actes indignes d'un Etat de droit. Comme si les journalistes dans leur ensemble devaient entendre ce message : que la presse se tienne à sa place, sous peine de descentes à l'aube avec pertes et fracas. A force de perquisitions dans les journaux, de gardes à vue de journalistes, on finirait par croire que la presse n'est libre qu'à proportion de ses silences. Alors parlons.

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