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Désirs d'Avenir 76

Le PS ose le débat

19 Novembre 2008 , Rédigé par Yvon GRAIC Publié dans #Actualité

Edito du http://medias.lemonde.fr/mmpub/img/lgo/lemondefr_pet.gif

Du congrès du Parti socialiste à Reims, l'opinion a retenu l'image assez calamiteuse d'un affrontement sans vainqueur, confus et incompréhensible pour les non-initiés. Dans la compétition inédite, jeudi 20 novembre et vendredi 21 en cas de deuxième tour, entre trois postulants à la succession de François Hollande, elle ne voit qu'un duel sans merci entre deux femmes, Martine Aubry et Ségolène Royal, éventuellement arbitré par Benoît Hamon.

Pourtant, au-delà d'un combat d'ego exacerbé, ce sont bien deux conceptions qui s'affrontent sur la vocation du PS, son organisation et ses alliances. Martine Aubry veut un "vrai parti qui refait de la politique", un PS social-démocrate bien ancré à gauche. Ségolène Royal juge ce modèle "périmé" : elle appelle de ses voeux un PS ouvert aux apports de la société civile. Elle recherche des idées tant à droite qu'à l'extrême gauche, quitte parfois à entonner des refrains populistes, comme à Reims, où elle dénonçait "ces sachants et ces satisfaits auxquels des pouvoirs serviles éloignés du peuple accordaient tous les permis de dévaster". Toutes deux privilégient la question sociale.

La maire de Lille et la présidente de la région Poitou-Charentes veulent, l'une et l'autre, "changer le PS". Mais la première veut "garder un parti de militants" et non de supporteurs "qui viennent au soutien de l'un ou l'autre d'entre nous". La seconde, au contraire, veut le présidentialiser davantage et le transformer en "grand parti populaire" avec une cotisation à prix modique. A l'opposé de sa rivale, attachée à un fonctionnement traditionnel, Mme Royal est prête à passer par-dessus les instances et prône la démocratie participative contre les rituels étouffants du PS.

Les alliances, enfin. Mme Aubry est fidèle à l'union de la gauche. Alliée localement au MoDem, elle récuse toute entente nationale avec le parti de François Bayrou. Mme Royal veut réunir la gauche, et parle même de "nouveau Front populaire", mais refuse l'interdit d'une alliance avec le MoDem. Quelle que soit l'élue, ces débats devront être tranchés. C'est le mérite du PS de les avoir au moins esquissés dans une controverse démocratique, comme lors des primaires de 2006. Sur la scène politique française, il est le seul à oser le débat.

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