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Désirs d'Avenir 76

"Le choix de la dernière chance"

18 Novembre 2008 Publié dans #Dans la presse

http://tempsreel.nouvelobs.com/images/logo-notr.gif  Jean-Marcel Bouguereau
PEUT-ETRE vont-ils réussir jeudi ce qu’ils avaient échoués en 2006, en empêchant Ségolène Royal d’être plébiscitée par le PS ? Tout est désormais possible, même l’hypothèse d’un «premier secrétaire qui ne dispose pas de majorité", comme l’a souligné Benoit Hamon, en estimant que "la vieille logique du règlement de comptes prend le pas sur le renouvellement".
Car si les trois jours de Congrès ont été trois jours de perdus puisque rien n’a bougé à Reims, le grand perdant de cette précampagne, Bertrand Delanoë, a finalement décidé hier de peser sur le plateau de la balance anti-Ségolène. A ses yeux, ce vote est "décisif" pour "l'identité même du Parti socialiste", d’où son appel à voter "massivement" en faveur de Martine Aubry. Le PS va donc vivre en accéléré trois jours de bataille au couteau, avec des blessures qui ne seront pas faciles à cicatriser. Arithmétiquement la coalition Delanoë-Aubry pèse 49,56%.
Faut-il que leur détestation de Ségolène Royal et de ce qu’elle incarne soit forte pour ces deux là dont on connait la vieille inimitié, aient consentis à s’allier ? D’autant que cette manigance de la dernière chance n’est pas sans risque. Notamment pour « l’identité du Parti » à laquelle se réfère volontiers le maire de Paris. S’il n’y a aucune majorité vendredi, c’est l’implosion. Et pour le maire de Paris, c’est, dans tous les cas de figure, la fin d’une ambition. Car l’élément nouveau c’est que les disciplines de courant ont volé en éclat. On l’a vu dès hier avec des réactions variées à l’appel de Delanoë. "Mon choix sera fait en conscience et ma conscience n'appartient qu'à moi", lance l'ancien ministre Michel Sapin. Cet ex-lieutenant de Mme Royal souligne que le vote de jeudi laissera de toute façon "en suspens des questions intactes et brûlantes: quel parti? Avec quelle majorité? Avec quelles orientations?".
Beaucoup de partisans de DSK comme Pierre Moscovici se refusent à choisir entre Aubry et Royal. Un autre des partisans du maire de Paris, Armand Jung, s'apprête lui aussi à voter Royal "malgré sa personnalité complexe". "L'alternative est la suivante: d'un côté le mouvement et la rénovation du PS et de l'autre l'immobilisme et le maintien de pratiques dépassées qui ont mené la gauche à l'échec". Le véritable enjeu est là : entre un parti rajeuni, ouvert sur l’extérieur, participatif, réunissant à s’ouvrir à ces couches ouvrières qui l’ont depuis longtemps abandonné et, selon le vieil adage mitterrandien rassemble la gauche avant de s’ouvrir au centre. Un parti qui, cette fois, puisse disputer son hégémonie à Sarkozy.

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