Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Désirs d'Avenir 76

PS : le congrès de Reims laisse les militants désemparés

18 Novembre 2008 , Rédigé par Yvon GRAIC Publié dans #Actualité

http://medias.lemonde.fr/mmpub/img/lgo/lemonde_moy.gif  Editorial

Aubry, Hamon et Royal s'affrontent pour le poste de premier secrétaire

Ce sera donc aux militants du Parti socialiste de trancher, puisque les chefs ont été incapables de s'entendre. Le congrès de Reims s'est achevé dimanche 16 novembre sans que l'on puisse deviner qui succédera à François Hollande à la tête du PS. Une telle incertitude est rare dans l'histoire du parti. Elle le renvoie à quelques épisodes peu glorieux de son passé, le sombre congrès de Rennes de 1990, notamment, où les héritiers de François Mitterrand - Lionel Jospin et Laurent Fabius - s'étaient déchirés sous le regard incrédule des congressistes. A l'époque, les militants n'avaient pas eu leur mot à dire.

Cette fois, c'est eux qui vont devoir arbitrer la guerre des chefs, en espérant que leur vote ramènera le parti à la raison. Jeudi 20 novembre, il leur appartiendra de départager Ségolène Royal, Martine Aubry et Benoît Hamon, qui promettent tous les trois d'ancrer le parti à gauche. Un second tour n'est toutefois pas exclu le lendemain, tant le scrutin est incertain et l'ambiance délétère. En désaccord sur à peu près tout, Ségolène Royal et Bertrand Delanoë se sont rejoints pour convenir, au terme de trois jours de déchirements, que le PS était " sérieusement malade " et devait " se soigner ".

De quel mal souffrent donc les socialistes ? D'un évident trop-plein d'ambitions, alors que l'élection présidentielle, désormais programmée tous les cinq ans, impose son inexorable tempo. A cette aune, les femmes ne sont pas les moins déterminées. La bataille Royal-Aubry qui a pris corps durant le week-end s'est doublée d'une primaire Aubry-Delanoë, d'où le maire de Paris est sorti K.-O. Il est le grand vaincu du congrès.

La guerre des chefs est si prégnante qu'on en oublierait presque les désaccords de fond. Ils existent pourtant, même s'ils ne sont pas forcément là où on les croit. Les adversaires de Mme Royal ont artificiellement grossi la querelle de l'alliance avec le centre - que beaucoup pratiquent localement - pour l'accuser de dérive droitière.

L'ancienne candidate à la présidentielle de 2007 ne s'est sortie du piège qu'en promettant de faire trancher le débat par les militants, si elle est élue. En réalité, c'est sur la nature du parti que porte la querelle. Mme Royal veut aller jusqu'au bout de la logique présidentielle et transformer le PS en un grand parti de supporteurs.

Une révolution qui heurte le vieux parti et le pousse à serrer les rangs derrière Martine Aubry. Non sans habileté, la maire de Lille a retrouvé le lyrisme mitterrandien pour flatter les congressistes désarçonnés par la façon peu conventionnelle dont Mme Royal s'est adressée à eux, puisant dans un registre moral et, parfois, religieux qui leur est génétiquement étranger. S'il n'a rien tranché sur le fond, le congrès de Reims a mis en lumière une évidence : la révolution Royal heurte le parti dans son identité même.

Françoise Fressoz

Partager cet article

Commenter cet article