vous trouverez ici la contribution que nous déposons au Parti socialiste le 2 juillet. Elle est le résultat d’un long travail
collectif, d’une large participation de militants, de chercheurs et de femmes et d’hommes politiques.
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Société - Les femmes au pouvoir par Jean-Marie Colombani
Challenges.fr | 09.03.2006
A l’avant-garde de la société moderne, les femmes briguent désormais les plus hauts postes à responsabilité politique : Mairie de Paris et Elysée. Mieux, ce sont les Français qui les y poussent. Moins par souci de parité que par envie de renouvellement politique.
Dans « un monde » qui est de plus en plus celui « des femmes », selon l’expression de l’un de nos plus grands sociologues, Alain Touraine, les femmes sont appelées à tenir, tiennent déjà, un rôle nouveau : celui de « l’avant-garde » de la société moderne, de même que la classe ouvrière figurait l’avant-garde de la société industrielle. Cette dernière cherchait à changer le monde. L’ avant-garde féminine cherche plutôt à changer notre condition, à permettre à chacun d’affirmer sa liberté dans le monde. Retard Comme souvent dans nos sociétés démocratiques, la vie publique tarde à refléter cette évolution profonde. Il en va dans ce domaine comme dans celui de la représentation des « minorités visibles ». La société politique donne toujours au temps plus de temps qu’il n’en faut. Or voici que ladite société politique est en émoi. Après la loi sur la parité, qui n’est d’ailleurs qu’imparfaitement appliquée, le temps est venu des candidatures féminines aux principaux postes à responsabilité. Deux femmes
viennent donc de se mettre sur les rangs pour briguer la succession de Bertrand Delanoë à la Mairie de Paris. L’une au nom de l’UMP : Françoise de Panafieu, qui a triomphé de ses trois rivaux masculins – Jean Tiberi, Pierre Lellouche et Claude Goasguen – ; l’autre sous la bannière de l’UDF : Marielle de Sarnez, députée européenne et bras droit de François Bayrou. La Mairie de Paris est incontestablement le plus beau poste dont un homme ou une femme politique puisse rêver, après bien sûr l’Elysée. Car c’est évidemment vers le palais présidentiel que convergent tous les regards. Tous, droite et gauche confondues, se posent la même question : Ségolène Royal ira-t-elle jusqu’au bout ? Parviendra-t-elle à se qualifier, malgré la présence de tant de poids lourds du PS dans la course à la candidature socialiste ? Son compagnon et premier secrétaire du PS, François Hollande, n’est-il pas passé lui-même d’une vision où il pensait que le soutien de Ségolène Royal serait un atout indispensable pour celui qui veut emporter les suffrages militants à une
analyse où il doit se demander jusqu’où il peut aller dans le soutien à la candidature en propre de Ségolène Royal ? Avance A ce stade, un élément semble avoir été négligé par les dirigeants socialistes – dont la première réaction fut de traiter la perspective d’une candidature Royal par l’ironie. Il est, et cela change tout, que l’opinion publique a imposé la présence de Ségolène Royal dans la compétition, plus que celle-ci ne s’est imposée. Deux autres femmes avaient envisagé ouvertement cette perspective pour elles-mêmes : Martine Aubry et Elisabeth Guigou. Mais il a suffi d’un voyage au Chili, pour l’élection de la socialiste Michelle Bachelet, succédant à la victoire d’Angela Merkel, pour que cette même opinion désigne Ségolène Royal. Cela ne qualifie pas, ipso facto, cette dernière. Cela signifie simplement qu’à ce stade les Français manifestent, en vue de l’élection présidentielle, un espoir de renouvellement de la vie politique, qui passe par des femmes aux avant-postes, avant qu’elles n’incarnent l’avant-garde.
Dans « un monde » qui est de plus en plus celui « des femmes », selon l’expression de l’un de nos plus grands sociologues, Alain Touraine, les femmes sont appelées à tenir, tiennent déjà, un rôle nouveau : celui de « l’avant-garde » de la société moderne, de même que la classe ouvrière figurait l’avant-garde de la société industrielle. Cette dernière cherchait à changer le monde. L’ avant-garde féminine cherche plutôt à changer notre condition, à permettre à chacun d’affirmer sa liberté dans le monde......suite en ligne